Un été de fourmis

« Un microclimat est en train de se fabriquer avec la chaleur et l’humidité. C’est le réveil de la nature. Faites l’exercice chez vous, vous allez voir toute une activité parasitaire. »

Réjean Blackburn, de Bio-Pro extermination de Chicoutimi, mentionne que la prochaine saison estivale sera celle des fourmis. Brunes, noires, des sables, des champs ou charpentières, elles devraient être nombreuses cet été. Jusqu’à maintenant, les appels sont de 30 à 40 % plus nombreux qu’à l’habitude, toutes raisons confondues. Et parmi ces appels, jusqu’à sept sur 10 concernent les fourmis. Oui, il y en a plus qu’à l’habitude, mais les gens passent aussi plus de temps sur leur terrain que les années passées.

« Les gens sont nombreux à la maison. Ils jouent sur leur terrain, dans leurs plates-bandes. Ils appellent pour des demandes d’interventions, d’informations ou pour des trucs. Et ce que je remarque jusqu’à maintenant, c’est une recrudescence de la présence de fourmis », indique M. Blackburn.

La hausse du nombre d’appels n’est pas nécessairement à une plus grande quantité d’insectes de tous genres, croit l’exterminateur, mais surtout en raison de l’activité humaine sur les terrains résidentiels. Si les insectes sont dans le périmètre immédiat des humains, dans leur milieu de vie, ça peut causer des problèmes et beaucoup de désagréments.

« L’année passée, le mois de mai n’a pas battu de record, mais là, l’humidité est élevée. La température joue beaucoup pour nous cette année.

« Si on n’est pas là, on ne les voit pas. Mais là, les gens installent des plants, des microjardins, des boîtiers pour les herbes. Les dernières années, ils n’ont pas vu les fourmilières, et là, ils les constatent et elles sont plus grosses », constate M. Blackburn.

Cette situation n’est pas exclusive au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L’exterminateur discute régulièrement avec des collègues et des fournisseurs de Montréal, Québec ou Trois-Rivières et la situation semble être la même.

« Pour les fourmis, c’est identique », assure-t-il.

L’équipe de Bio Pro extermination, dont Éric Blackburn, connaît un gros début de saison.­

Un insecte « tannant »

Si l’on exclut les fourmis charpentières – qui causent des dommages aux structures en bois –, M. Blackburn mentionne que la fourmi est plus « tannante » que problématique.

« Dans un milieu de vie, c’est emmerdant. Elles vont dans le garde-manger, sur les comptoirs, elles en profitent pour se promener. Elles sont attirées par le jus des fruits et les restes alimentaires. Tandis que les fourmis charpentières, elles sont insidieuses. Elles causent des dommages aux structures en se cachant dans les parois. »

Bientôt, les perce-oreilles

Ceux qui craignent – ou pas – les perce-oreilles devront attendre jusqu’à la deuxième ou troisième semaine de juin avant d’en apercevoir. Nous ne sommes pas encore dans la période, assure Réjean Blackburn, de Bio-Pro extermination, mais ça ne saurait tarder.

Mais pourquoi les détester autant ?

« À l’état adulte, on ne peut pas passer à côté et les ignorer. C’est tannant par rapport à leur dimension. Si deux ou trois perce-oreilles s’agglutinent, c’est encore plus tannant. Ce qu’on entend souvent, c’est ‘‘c’est pas beau, ça m’écoeure’’ », explique M. Blackburn.

Il ne faut surtout pas oublier que malgré leur aspect, ils sont inoffensifs pour les humains. Ils peuvent même être bénéfiques, car ils se nourrissent de larves d’insectes, d’oeufs de limaces, de pucerons et d’autres insectes ravageurs des jardins.

Et même s’il y a beaucoup de traitement, il y aura encore des perce-oreilles, prévient l’exterminateur...

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BEAUCOUP DE PUNAISES DE LIT

L’exterminateur reçoit présentement beaucoup d’appels pour des punaises de lit. Selon lui, cette présence s’explique sans doute par le retour des étudiants au Saguenay-Lac-Saint-Jean après leur session à l’extérieur. 

«Les hôtels ne sont pas utilisés et il n’y a pas de voyageurs de l’extérieur. Par contre, les enfants reviennent à la maison avec leurs meubles et objets personnels, et parfois avec des punaises», avance Réjean Blackburn.

Ce dernier admet que cette situation peut être très pénible, notamment pour les milieux plus défavorisés.