Les différentes sections du territoire québécois ne sont pas toutes touchées en même temps par les incendies de forêt, puisque les conditions printanières arrivent plus tôt dans la partie sud du Québec.
Les différentes sections du territoire québécois ne sont pas toutes touchées en même temps par les incendies de forêt, puisque les conditions printanières arrivent plus tôt dans la partie sud du Québec.

Un été chaud pour la SOPFEU

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Indice d’inflammabilité extrême, interdiction de faire des feux à ciel ouvert... Avec l’été chaud qui s’annonce, on risque d’entendre et de lire ces expressions fréquemment puisqu’on prévoit une saison estivale très active. Jeudi, notamment, plusieurs incendies ont fait rage simultanément dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, menaçant même plusieurs résidences. Le temps sec et l’absence de précipitations entraînent un danger d’incendie extrême sur presque tout le Québec. Voici donc un portrait de la Société de protection des forêts contre le feu, mieux connu sous le nom de SOPFEU.

Mandatée par le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, la SOPFEU est un organisme sans but lucratif qui, comme son nom l’indique, veille à la protection des forêts contre le feu, et ce, au bénéfice de tous les usagers. Jusqu’à présent, les chiffres sont déjà au-dessus de la moyenne.

Vendredi matin, il y avait 262 incendies depuis le début de l’année sur le territoire (dont 16 en activités) – plus de 50 % d’entre eux ayant été allumés par des feux à ciel ouvert –, comparativement à une moyenne de 142 à la même date au cours des dix dernières années. Cependant, le nombre d’hectares affectés est inférieur, soit 341,8 contre 2953,8. Le feu de forêt qui s’est déclenché mercredi matin dans le secteur du lac Daigle, au nord de Sept-Îles, comptait à lui seul 92,1 hectares.

La SOPFEU compte 325 employés saisonniers, ce qui inclut 240 pompiers forestiers, et 178 employés réguliers. Il y a quatre bases principales – Roberval, Baie-Comeau, Maniwaki et Val-d’Or – et plusieurs bases secondaires.

« C’est assez impressionnant pour un feu de broussailles ! », affirme Josée Poitras, agente à la prévention et aux communications pour la base de Roberval.

La SOPFEU compte 325 employés saisonniers, ce qui inclut 240 pompiers forestiers, et 178 employés réguliers. Il y a quatre bases principales – Roberval, Baie-Comeau, Maniwaki et Val-d’Or – et plusieurs bases secondaires. Le siège social est situé à l’aéroport de Québec, où se trouvent notamment des météorologues pour analyser les dangers d’incendie et les comportements du feu.

« La SOPFEU est une entreprise qui, lors de l’embauche, avise les pompiers forestiers que la mobilité est possible. Même si un employé est attaché à une base, il peut avoir à se déplacer selon les besoins », explique Mme Poitras, ajoutant que le recrutement est à l’image du Québec actuel, soit qu’il peut être difficile de trouver de la main-d’oeuvre.

L’actuelle pandémie n’a cependant pas eu d’impact, assure-t-elle, car les embauches avaient pratiquement toutes été faites en janvier et en février.

Pompiers forestiers

Les pompiers forestiers sont formés par la SOPFEU, mais idéalement, ils doivent avoir des connaissances en forêt. Mme Poitras ajoute que l’équipe compte également des pompiers municipaux et ceux-ci reçoivent une formation de combattant qualifié, le comportement du feu étant différent en forêt versus dans un bâtiment, et le profil des étudiants ou des finissants en techniques policières peut aussi correspondre en raison de leurs techniques d’intervention.

« Dans un horizon de cinq ans, il est possible d’avancer et d’accéder à des postes permanents, comme celui de combattant. Il y a différents grades. C’est un vrai travail d’équipe », assure Mme Poitras.

Même s’il s’agit d’un travail saisonnier, les employés reviennent habituellement d’une année à l’autre. Il y en a même qui ont 30 et 40 ans de service. Évidemment, l’hiver, les feux de forêt sont assez rares, voire inexistants, mais cette année, deux cohortes, dont le chef de base de Roberval et l’agente à la prévention et aux communications de Maniwaki, sont allées prêter main-forte en Australie.

Les pompiers forestiers sont rattachés à une base, mais ils peuvent se déplacer si les besoins sont là. Lorsqu’ils sont en déploiement, ils peuvent être partis un maximum de 24 jours et ils profitent ensuite de deux jours de repos. Si la saison des feux de forêt est active, ils peuvent donc être loin de la maison pendant une bonne partie de l’été, ou même aller prêter main-forte dans d’autres provinces canadiennes ou États américains.

En plus des pompiers forestiers sur le terrain et de groupes d’intervention héliportés, la SOPFEU utilise également ses avions-citernes pour contenir rapidement les feux.

Profil du Québec

Les différentes sections du territoire québécois ne sont pas toutes touchées en même temps par les incendies de forêt puisque les conditions printanières arrivent plus tôt dans la partie sud du Québec. Ainsi, c’est surtout le territoire de Maniwaki et le sud de la base de Roberval qui sont affectés en premier, le secteur de Roberval représentant 40 % du territoire québécois.

D’ailleurs, selon les chiffres fournis par Josée Poitras en date de jeudi matin, sur 232 feux répertoriés depuis le début de la saison, 114 étaient sur le territoire de la base de Maniwaki, 97 à Roberval, 18 à Baie-Comeau et trois à Val-d’Or.

EN BREF

Les camps adaptés

La pandémie n’épargne personne, même les pompiers forestiers de la SOPFEU. Un plan de continuité a dû être mis en place et les camps – qui accueillent également les travailleurs forestiers – ont été adaptés pour accueillir les travailleurs. Afin de respecter la distanciation sociale, l’aspect théorique de la formation a été donné à distance et les employés de bureau ont été appelés à se tourner vers le télétravail, mentionne Josée Poitras. Cette dernière mentionne que des ententes pourront être conclues avec différents partenaires, dont des hôteliers, pour loger sécuritairement les travailleurs si besoin il y a.

Feux à ciel ouvert

Lors d’une interdiction de feux à ciel ouvert émise par la SOPFEU, les foyers avec pare-étincelles sont permis. Les ouvertures doivent être d’au maximum un centimètre par un centimètre. Il doit être placé sur un pavé ou un sol dégagé en terre battue ou en gravier, peut-on lire sur le site Internet de l’organisation. Les feux de camp, les feux d’artifice, les instruments produisant des flammèches et les lanternes volantes sont cependant proscrits, tandis que les foyers extérieurs au propane ou à l’éthanol ne sont pas ciblés, car ils ne produisent pas d’étincelles.

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LA SOPFEU EN CHIFFRES

460 incendies en moyenne, chaque année, dans les forêts du Québec

52 millions d’hectares et plus à couvrir

193 stations météo pour les observations et les prévisions météorologiques qui sont au coeur du travail de la SOPFEU

70% des incendies de forêt sont imputables à l’activité humaine

Source : sopfeu.qc.ca