Hydro-Jonquière possède des exigences moins sévères qu’Hydro-Québec dans l’attribution de ses contrats d’élagage.

Un entrepreneur critique Hydro-Jonquière

Le propriétaire de l’entreprise Arbres & cie, Charles Marchand, trouve déplorable qu’Hydro-Jonquière soit moins sévère qu’Hydro-Québec dans l’attribution de ses contrats d’élagage d’arbres près des lignes électriques. Il en va de la sécurité des travailleurs, selon lui.

Hydro-Jonquière fait affaire avec des élagueurs qui ne sont pas certifiés « réseaux », ce qui signifie qu’ils n’ont pas le droit de s’approcher des fils électriques, selon les normes d’Hydro-Québec. Cette dernière ne veut cependant pas commenter les façons de faire d’Hydro-Jonquière, puisqu’il s’agit d’un réseau électrique municipal.

L’organisme indique, par courriel, qu’un arboriculteur « ne peut travailler à moins de trois mètres du réseau de distribution sans être autorisé par Hydro-Québec » et qu’il « doit répondre à plusieurs exigences en santé-sécurité » pour obtenir un contrat.

En entrevue, Charles Marchand a rappelé que le métier d’élagueur est un des plus dangereux au monde. Il est essentiel d’être formé, selon lui, pour effectuer les tâches d’élagage près des fils électriques sans danger.

Il adresse plusieurs questions à la Ville. « À un moment donné, il faut être logique. La compagnie a-t-elle des façons de faire sécuritaires ? Les hommes sont-ils en sécurité ? Est-ce que c’est correct de dire que ce n’est pas dangereux parce qu’il n’y a jamais eu d’accident ? », énumère-t-il.

En faisant une sortie publique, il désire faire changer la loi. Il espère aussi qu’Hydro-Québec prenne ses responsabilités. « Ils ne peuvent pas se laver les mains et dire : “On n’a rien fait.” »

Il demande à la société d’État d’en faire davantage pour former les élagueurs, en région surtout. « Il y a deux personnes dans mon équipe qui voudraient être élagueurs réseaux, mais il faut qu’il monte à Montréal pour se faire former pendant une longue période de temps », lance M. Marchand, ajoutant que le nombre d’élagueurs certifiés est insuffisant.

Accréditation

À la Ville, le directeur du service des communications, Jeannot Allard, confirme qu’Hydro-Jonquière ne demande pas d’accréditation particulière de type « réseau », mais fait tout de même respecter certaines exigences. « On a des demandes aux entreprises et on signe des contrats volumineux. Par exemple, il faut qu’elles aient des assurances et qu’elles aient des certifications pour travailler près des lignes électriques, mais on ne demande pas de qualification particulière comme peuvent faire certaines entreprises », précise M. Allard.

Contrat

À Saguenay, les contrats d’élagage d’Hydro-Jonquière pour l’année 2019, qui oscillent autour de quelques dizaines de milliers de dollars, ne sont pas encore attribués.

« Nous allons en soumission sur invitation auprès de deux entrepreneurs, qui travaillent avec nous depuis plusieurs années. On a parlé à quelques autres qui n’étaient pas habilités à le faire. Ça devrait se faire dans les prochains jours », précise Jeannot Allard.