L'annonce par la première ministre Pauline Marois, au sommet de Davos, de l'implantation d'une usine de silicium métal par la société FerroAtlàntica, pourrait être le prélude à un bras de fer entre Saguenay et Bécancour pour recevoir cet investissement de 375 M$ et les 300 emplois qui l'accompagnent.

Un enjeu de 300 emplois

L'annonce par la première ministre Pauline Marois, au sommet de Davos, de l'implantation d'une usine de silicium métal par la société FerroAtlàntica, pourrait être le prélude à un bras de fer entre Saguenay et Bécancour pour recevoir cet investissement de 375 M$ et les 300 emplois qui l'accompagnent.
Ce projet, dont il avait été question en janvier 2013 dans les pages du Quotidien, à la suite d'un voyage en Espagne effectué par le maire Jean Tremblay, a fait l'objet d'une négociation entre le gouvernement du Québec et la filiale espagnole de Grupo Villar Mir. Hier, le cabinet de la première ministre a annoncé une réduction de 20 % du Tarif « L » d'Hydro-Québec (4,4 cents le kilowattheure), ainsi qu'une exemption d'impôts sur une période de dix ans liée à l'investissement. L'entreprise espagnole est la première société à profiter des mesures incitatives que comporte la politique économique « Priorité emploi », présentée l'automne dernier par la première ministre Pauline Marois et le ministre des Finances Nicolas Marceau.
Investissement Québec souhaite prendre une participation de cinq à dix pour cent dans le projet, ce qui représente un montant oscillant entre 20 et 30 millions $. Soulignons qu'Investissement Québec compte sur son conseil d'administration deux personnes provenant du Saguenay-Lac-Saint-Jean en la personne de Dominic Bouchard, ex-président de Rio Tinto Fer et Titane de 2010 à juin 2013, et de Éloïse Harvey, présidente de Mecfor et vice-présidente au développement du Groupe Ceger.
Implantée au Québec
Pour bien des observateurs, l'entreprise espagnole n'est pas une étrangère au Québec. Il y a deux ans, FerroAtlàntica et son partenaire QSI Partners, une filiale de Globe Specialty Metals, ont déboursé 34,6 M$ pour acquérir les actifs de silicium-métal de Silicium Bécancour, les 51 % de Silicium Québec ainsi que les actifs de silicium de qualité solaire de Timminco Solar, mis en faillite depuis. Ces installations sont situées sur le territoire de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, une société d'État gérée par le gouvernement du Québec.
Compte tenu des centaines de pertes d'emplois provoquées par la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly dans cette région, certains croient que Québec pourrait être tenté d'inciter FerroAtlàntica à investir à Bécancour.
En entrevue, Maurice Richard, président de la Société du parc industriel et ex-maire de Bécancour, a déclaré qu'à titre de haut fonctionnaire, il n'est pas de son rôle de déterminer où s'installera la nouvelle usine annoncée à Davos. « FerroAltlàntica a besoin d'installations portuaires. Ce pourrait être un facteur. Il faut regarder des éléments de base. Il y a déjà des propriétés espagnoles à Bécancour ». Par ailleurs, M. Richard note que d'autres sites d'implantation pourraient être dans la lutte.
À la lumière des informations diffusées à Davos, M. Richard note que les points touchant l'achat et le prix des blocs énergétiques sont réglés ainsi que ceux touchant à la fiscalité. « Le gouvernement semble avoir dit à FerroAtlàntica : "C'est à vous maintenant de faire votre choix". La bonne nouvelle est que cette usine vient s'installer au Québec. »
Par ailleurs, M. Richard déclare que la société d'État qu'il dirige est la seule à détenir un mandat de développement industriel sans pouvoir de démarchage auprès de clients potentiels. « Lorsqu'une entreprise arrive ici à Bécancour, c'est pour répondre à un besoin spécifique de clients comme de gros consommateurs de gaz, des utilisateurs d'installations portuaires, etc. » La nouvelle usine de silicium métal serait la plus grande au monde avec une capacité jusqu'à 100 000 tonnes de ce matériau.
Du côté de Promotion Saguenay, on nous a mentionné que le dossier fera l'objet d'une réunion spéciale.