Balthazar L’Hiver croit que les sourires des jeunes valaient beaucoup plus cher que le salaire qu’il aurait reçu.

Un employé du Zoo sauvage de Saint-Félicien donne une semaine de salaire au suivant

Balthazar L’Hiver, un employé du Zoo sauvage de Saint-Félicien, a donné l’équivalent d’une semaine de salaire, une somme qui a permis d’accueillir 32 jeunes en éducation spécialisée et 14 accompagnateurs de la Polyvalente des Quatre-Vents à l’institution touristique pour une journée VIP.

En voyant, mercredi, les jeunes s’émerveiller en se collant sur le chameau ou encore en participant à la collation des animaux, Balthazar L’Hiver avait le sourire collé aux lèvres. « J’ai vu une personne qui a fait une visite grâce à un organisme de don et j’ai vu le plaisir que ça peut procurer, a-t-il témoigné. Je me suis dit que moi aussi, je voulais procurer du plaisir à des gens et leur permettre de passer une excellente journée. »

Embauché en juillet dernier par le Zoo sauvage de Saint-Félicien, le Français d’origine a donné une semaine complète de salaire, dans le but d’offrir la chance à des gens de la communauté de vivre l’expérience VIP, a expliqué Lorraine Gagnon, directrice de l’établissement. « C’est la première fois de notre histoire qu’un employé remet une semaine de salaire », a-t-elle souligné.

Les 32 jeunes en éducation spécialisée et les 14 accompagnateurs de la Polyvalente des Quatre-Vents ont donc passé une journée VIP au Zoo sauvage, ce qui inclut l’accompagnement d’un guide en tout temps, de même que la participation aux périodes de collation et à l’enrichissement des animaux. La présence de la mascotte et d’animaux comme le chameau Gobi fut particulièrement appréciée des jeunes comme Gabrielle Fortin, une élève qui s’est collée contre sa fourrure. « Je voulais remercier tout le monde parce qu’on adore ça venir ici », a-t-elle mentionné.

L’étudiante Ève Gagnon abondait dans le même sens. « J’adore le zoo et j’adore les animaux », a-t-elle ajouté.

Pour Laurie Girard, enseignante en adaptation scolaire, cette sortie est plus que bienvenue, car les classes deviennent redondantes pour les élèves qui restent à l’école jusqu’à 21 ans. « On essaie de faire le plus d’activités possible, mais comme les budgets sont restreints, on ne peut pas en faire autant qu’on voudrait, dit-elle. Pour eux, c’est Noël, avec le traitement VIP qu’on reçoit. »

Balthazar L’Hiver a remis un chèque symbolique au groupe d’étudiants.

Lorraine Gagnon espère que ce geste sèmera une graine pour voir d’autres initiatives du genre se multiplier afin de redonner à la communauté.

Balthazar L’Hiver ne fait pas ce geste pour inspirer, mais il se réjouit à l’idée que d’autres personnes pourraient en faire autant. Pour l’instant, il voulait profiter de la journée en soulignant qu’il compte répéter l’expérience l’an prochain.

Un travailleur acharné

Après avoir complété sa technique du milieu naturel, avec une spécialité en aménagement de la faune l’an dernier, Balthazar a décidé de demeurer dans la région pour travailler. Et il a su profiter pleinement de la pénurie de main-d’oeuvre pour cumuler les emplois multiples. Cet été, il a notamment travaillé pour la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies, chez l’épicier Métro, à la ferme Au gré des saisons, en plus de son poste de guide animalier.

Les étudiants, dont Gabrielle Fortin, ont beaucoup apprécié la présence de Gobi, le chameau.

En moyenne, il a donc travaillé 55 heures par semaine, avec un sommet de 86 heures en début d’été. « Je m’ennuie quand j’ai trop de temps pour moi », dit-il, préférant apprendre en travaillant. Avec la fin des contrats estivaux, dont celui au Zoo, il a obtenu un contrat de deux mois au parc national de la Pointe-Taillon pour rédiger un guide sur l’habitat du castor et il commencera un nouveau travail de journalier pour Produits forestiers Résolu.

Au-delà de redonner à la communauté qui l’a accueilli lorsqu’il est arrivé au Québec, il y a quatre ans, le jeune homme souhaite simplement donner au suivant et partager le bonheur. « On peut faire des dons un peu partout, mais on ne voit pas vraiment ce que ça donne, dit-il. Là, je sais à quoi sert mon don. Je vois le plaisir, les sourires et les gens qui en profitent . »