Le nouveau directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil, rentre au bercail avec une foule d’idées en tête pour son alma mater. Il prône une approche inclusive et collaborative et veut garder les portes de son bureau grandes ouvertes.

Un directeur pas comme les autres

Depuis deux semaines, le Cégep de Chicoutimi a un nouveau directeur général. Après avoir dirigé le service de formation continue du Cégep de Rivière-du-Loup pendant quelques années, André Gobeil a été choisi pour succéder à Denyse Blanchette. Il prend les cordeaux de l’établissement d’enseignement la tête remplie d’idées et de projets.

André Gobeil tranche avec le profil type du DG. Barbu, un brin excentrique, le Chicoutimien d’origine, qui effectue un retour aux sources après 30 ans d’exil, dégage une aura singulière, mais très chaleureuse. Celui qui se définit comme un gestionnaire inclusif et animé d’une approche collaborative appose tranquillement son empreinte et sa couleur à l’intérieur des murs du collège. Depuis son arrivée le 14 février, il garde grandes ouvertes les portes de son bureau. De cet espace émane de la musique, tantôt planante, parfois grinçante, un élément devenu essentiel à la routine de travail d’André Gobeil. Il explique que bientôt, un éclairage plus subtil viendra remplacer celui, blafard, des néons du plafond.

Fils du quartier Murdock, André Gobeil revient dans son patelin et son alma mater, où il a étudié en sciences humaines, avec une vision d’avenir pour le cégep. Il se dit d’ailleurs très heureux d’avoir constaté que peu avant son arrivée, l’équipe de direction a planché sur l’élaboration d’un plan stratégique visant à définir les grandes orientations du collège. 

« Quand j’ai su que j’avais obtenu le poste, j’ai été très heureux et soufflé. C’est un projet de vie, mais c’est aussi un projet collectif à la fois ambitieux et emballant. Après, je me suis dit : ‘‘on prend un grand souffle et on démarre’’. Il y a des enjeux qui sont prioritaires et l’un d’entre eux est le développement du cégep au sens large », explique André Gobeil.

Qualifiant l’organisation qu’il dirige de « vecteur de développement social, culturel et économique » et de « poumon de développement », le nouveau directeur a l’intention de rendre le Cégep de Chicoutimi encore plus attractif, particulièrement à l’international. 

« Nous avons un rôle à jouer pour répondre aux besoins de main-d’oeuvre qui sont criants dans certains domaines. Il faut recruter les gens en amont et ce recrutement se fait au Québec, mais aussi à l’étranger. Nous offrons un milieu attractif et stimulant, mais il faut se demander comment on singularise notre collège. Il faut qu’on convainque les gens de venir ici non seulement pour la qualité de nos programmes, mais aussi pour venir vivre une expérience », pense-t-il. 

André Gobeil est aussi convaincu de la nécessité d’innover, en mettant à profit les compétences du 21e siècle. 

« On a besoin de ces nouvelles compétences qui s’appuient sur le sens critique, la créativité et la collaboration. Aujourd’hui, le monde est international et avec le numérique, on n’est plus une région éloignée », met-il en relief. 

Au sujet du numérique, il se trouve que le nouveau DG est très familier avec le domaine, lui qui a oeuvré dans l’univers des jeux vidéo. Il sent une effervescence et l’arrivée d’Ubisoft à Saguenay représente une opportunité intéressante pour le collège, qui veut s’ouvrir aux intervenants du milieu, tous azimuts. Déjà, des rencontres ont eu lieu avec des représentants des domaines social, économique, éducatif et politique dans le dessein de créer des alliances. 

Au sujet des autres collèges, André Gobeil veut travailler main dans la main. 

« On a mis en place un vocable et on parle maintenant de ‘‘coopétition’’ entre les cégeps de la région. Nous sommes quatre institutions qui desservent une région et qui jouent un rôle clé dans leurs milieux. Nous avons des lignes de communication très saines et nous avons la volonté de les garder ainsi », fait valoir le directeur, qui a rencontré son homologue de Jonquière, Raynald Thibeault, au cours des derniers jours. 

André Gobeil veut s’inspirer des plus grands et « dicter son pas en fonction de ce qui est inspirant ». Ses anciennes fonctions l’ont emmené jusqu’en Finlande, où il a pu s’inspirer de projets innovants. 

« Il faut définir notre pas. J’ai une vision et une approche de bas en haut et non le contraire », mentionne le DG, faisant référence à son désir de consulter son monde et de laisser une grande place aux idées et aux contributions des membres du personnel du Cégep de Chicoutimi. 

« Je veux que le cégep soit à l’écoute de son milieu et j’ai une approche portes ouvertes. Si des gens pensent que le collège peut être un acteur de développement et un partenaire, je veux qu’ils viennent me voir », lance-t-il. 

Celui qui fut le tout premier Jos Maquillon de La Fabuleuse histoire d’un Royaume, un rôle qu’il a accepté « par amour pour Ghislain Bouchard », se définit comme un homme curieux. Cette ouverture l’a dirigé vers des études dans des domaines variés. Il a obtenu son baccalauréat en sciences économiques à l’Université d’Ottawa et a complété une maîtrise dans le même domaine à Laval. Il a ensuite étudié en droit, une profession qu’il a pratiquée après avoir réussi son barreau. 

« Je suis quelqu’un d’assez éclectique. Je suis accessible et j’aime les gens », poursuit le directeur. Parmi les autres enjeux prioritaires d’André Gobeil figurent la formation de la relève entrepreneuriale et la consolidation de la mission artistique et culturelle de l’établissement d’enseignement. 

Médias régionaux

En entrevue au Progrès, André Gobeil a longuement parlé de l’importance qu’il accorde aux médias régionaux et a mis en exergue son désir de travailler en partenariat avec les médias. Celui qui lisait religieusement La Presse + tous les matins a fait une promesse solennelle à son collègue directeur des communications, Éric Émond, dès son entrée en fonction.

« Éric m’a dit que quoi que je fasse, il fallait que je lise mon Quotidien tous les matins. J’ai pris cet engagement et depuis que je suis arrivé, c’est ce que je fais et c’est ce que je vais continuer de faire. Je considère que l’information régionale est extrêmement importante. J’ai toujours été un grand régionaliste et je le serai toujours », dit celui qui, malgré trois décennies passées à l’extérieur du Royaume, est toujours demeuré très proche de ses racines et de la diaspora saguenéenne.