Jusqu'à quatre pelles mécaniques ont réalisé des travaux au km 196 dans la Réserve faunique des Laurentides.

Un déversement très coûteux sur la route 175

Un accident survenu le 28 mars impliquant un camion de la compagnie Transport Casco, dans la Réserve faunique des Laurentides, continue d'avoir des effets importants alors que des travaux sont toujours en cours pour récupérer les 8000 litres de diesel marin qui se sont échappés au kilomètre 196.
Un camion de l'entreprise était alors entré en contact avec celui d'une autre compagnie immobilisé le long de la route.
Le déversement a touché la chaussée et les abords de la route sur une distance d'environ un kilomètre, a révélé par courriel Sophie Gauthier, conseillère en communications au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). La majeure partie des contaminants demeure confinée à l'emprise de la route.
En date du 12 avril, les travaux avaient permis de retirer pas moins de 5700 tonnes de sols contaminés (l'équivalent de 350 camions), 1300 tonnes de neige et 145 000 litres d'eau. Le tout a été transporté vers des sites autorisés. Les travaux ont nécessité jusqu'à quatre pelles mécaniques au même moment. La circulation est d'ailleurs toujours perturbée dans le secteur.
Un intervenant d'Urgence-Environnement assure un suivi sur place depuis l'accident. Il veille à ce que toutes les matières contaminées par le produit déversé soient récupérées dans les meilleurs délais.
Plusieurs mesures
Le MDDELCC mentionne que l'important couvert de neige (plus de 2,5 mètres à certains endroits) sur le site du déversement a fait en sorte qu'il a été plus difficile de délimiter la zone touchée et de suivre la trajectoire exacte du diesel déversé.
« Immédiatement après avoir constaté la migration des hydrocarbures, des mesures de mitigation ont été mises en place pour restreindre la propagation des contaminants et protéger l'environnement. On parle de boudins absorbants pour les hydrocarbures, tandis que des bassins de rétention ont été aménagés dans le fossé. L'eau qui s'y accumule est pompée quotidiennement. Également, une douzaine de digues ont été érigées dans les fossés et les cours d'eau à proximité du point de déversement. Ces mesures de mitigation permettent de s'assurer que les hydrocarbures demeurent confinés dans la zone sinistrée et qu'elles resteront en place tant et aussi longtemps qu'il y aura présence d'hydrocarbures et que l'opération de nettoyage ne sera pas terminée », a poursuivi la porte-parole.
L'assureur de Transport Casco, responsable du déversement, a embauché une firme spécialisée pour effectuer le nettoyage des lieux. Cette firme de récupération est en lien avec le ministère des Transports.
La facture à l'assureur de l'entreprise
« J'ai été deux jours à avoir le petit hamster qui virait ! »
Le propriétaire de Transport Casco de Berthierville, Claude Moreau, a reconnu avoir vécu des moments intenses de stress jusqu'au moment où sa compagnie d'assurances lui a indiqué qu'il était bel et bien couvert. « J'étais bien content, car des fois on est assuré pour tout, à part pour ce qui nous arrive... », a-t-il mentionné lorsque joint par téléphone lundi après-midi.
Le 28 mars, un des camions de son entreprise transportait du diesel destiné aux bateaux qui accostent aux installations portuaires de Rio Tinto à Port-Alfred. « Mon conducteur est tombé sur la glace d'un coup sec. Il y avait un camion arrêté sur le bord. Il a commencé à glisser et l'a frappé à peine, juste pour dire, et la citerne a percé. 
« C'est un accident mineur qui a causé des dégâts majeurs. »
Claude Moreau, Transport Casco
C'est une pure malchance. Depuis 1982 que j'ai des camions et c'est la première fois que j'ai un déversement. C'est vraiment une situation bête. C'est un accident mineur qui a causé des dégâts majeurs », a-t-il raconté encore. Selon lui, un seul des six compartiments de diesel s'est vidé.
Des coûts inconnus
Claude Moreau n'était pas en mesure de préciser l'ampleur de la facture. « Mon assureur est encore en évaluation », a-t-il poursuivi. Selon le ministère de l'Environnement, la totalité des frais sera assumée par l'entreprise.
« Il appartient à l'entreprise responsable du déversement d'assumer les coûts relatifs aux travaux de nettoyage et de décontamination requis. Le rôle du ministère consiste à s'assurer que toutes les mesures soient mises en oeuvre pour assurer une récupération totale des contaminants, et ce, dans les meilleurs délais », a indiqué par courriel Sophie Gauthier, la porte-parole du ministère de l'Environnement. Elle a d'ailleurs tenu à souligner la bonne collaboration de l'entreprise.
Le propriétaire de Transport Casco ne connaît pas l'identité de la compagnie du second camion. Selon lui, des analyses doivent être encore réalisées pour déterminer la part de responsabilité de chacun.
La date prévue de la fin des travaux n'est pas encore connue. « Ça va aller à après la fonte de la neige, le temps que toute l'eau fonde. Les assureurs et la firme engagée s'occupent de gérer conjointement avec le ministère de l'Environnement », a-t-il enchaîné.