Un dernier coup de main de Trudeau pour Hébert

À quelques jours de l’élection partielle dans Lac-Saint-Jean, Justin Trudeau s’est déplacé pour donner la dernière impulsion pour faire élire Richard Hébert.

Toujours aussi charismatique, le premier ministre du Canada a multiplié les poignées de mains et les bises dans une résidence pour personnes âgées et deux restaurants de Roberval. 

Une visite qui n’est pas motivée par une crainte de perdre cette élection. « J’adore le terrain, j’adore faire campagne et rencontrer les gens. Il n’y a pas une partielle que j’ai manquée depuis que je suis chef pour faire du travail de terrain, mais on prend au sérieux toutes les partielles et je suis très content d’être ici aujourd’hui », a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

Justin Trudeau a commencé sa journée par une visite à la résidence pour personnes âgées L’Émeraude de Roberval. Pour ajouter au bonheur des résidants, il s’est présenté avez son fils Hadrien dans les bras, flanqué de sa femme Sophie Grégoire. « Je suis ici pour vous rappeler que Richard Hébert et moi sommes là pour défendre l’industrie forestière, la gestion de l’offre, défendre les intérêts de la classe moyenne, des jeunes et des aînés et aussi protéger nos jeunes de la drogue, car il est plus facile d’acheter de la marijuana que de la bière actuellement », a-t-il lancé aux gens qui l’ont chaudement applaudi avant de pouvoir discuter brièvement avec lui.

Plusieurs personnes âgées rencontrées par Le Quotidien assuraient qu’ils voteraient libéral. « Mon vote est déjà fait et je vote pour le Parti libéral, c’est le parti qui me rejoint le plus. Oui, monsieur Trudeau paraît bien, mais c’est plus les idées que j’aime », a témoigné Mme Thibeault.

Pour Jean-Eudes Laroche, le choix est sans équivoque. « Rouge ! Depuis que je vote, je vote rouge. Ça ne changera pas pour cette élection », s’est-il exclamé.

101 ans

Justin Trudeau a convaincu Marie-Paule Savard de voter pour lui. Il lui a remis une lettre officielle signée de sa main pour signaler qu’elle fêtera son 102e anniversaire le 29 mars prochain. Une délicatesse qui a réjoui la dame qui a promis de mettre son « X » à la bonne place.

En retrait

Évidemment, la popularité de Justin Trudeau a éclipsé la présence du candidat Richard Hébert qui réussissait avec humour à justifier son rôle de second. « Je suis le prix de consolation », a-t-il lancé à la blague.

Ce n’est pas l’opinion de Frédéric Gosselin. C’est justement pour la qualité du candidat, plus que pour le parti, qu’il votera libéral. « Je trouve que Richard Hébert va faire un bon député. Je suis contre la légalisation du pot, mais ça ne m’empêchera pas de voter libéral. J’ai déjà passé par là, j’en ai déjà vendu et je sais ce que ça peut causer comme problème », a-t-il témoigné alors qu’il mangeait avec sa conjointe et son jeune enfant au restaurant La bonne cuisine.

La popularité de Justin Trudeau ne se dément pas. Les gens attablés ont voulu prendre des « selfies » avec le premier ministre et sa femme et prendre aussi le temps de discuter un peu avec lui.

Réunion de l’UPA

Justin Trudeau a discuté pendant une vingtaine de minutes avec des dirigeants de l’UPA en après-midi à Saint-Félicien. Il a ensuite rencontré plusieurs agriculteurs qui participaient à l’assemblée générale annuelle. Il a pris le temps d’écouter et d’argumenter avec certains qui avaient des critiques à formuler (voir autre texte.


 Je suis ici pour vous rappeler que Richard Hébert et moi sommes là pour défendre l’industrie forestière, la gestion de l’offre, défendre les intérêts de la classe moyenne, des jeunes et des aînés et aussi protéger nos jeunes de la drogue, car il est plus facile d’acheter de la marijuana que de la bière actuellement
Justin Trudeau

« Vous avez un très bon candidat »

« Je peux vous dire que j’ai connu bien des candidats à travers le Canada, mais en Richard Hébert, vous en avez un très bon ! »

Justin Trudeau a vanté les qualités de son candidat lors d’une soirée partisane réunissant plus de 200 personnes venues entendre le premier ministre à Dolbeau-Mistassini. « Ça nous prend des voix fortes qui défendent leur région pour bien comprendre les besoins afin qu’on puisse les aider. Nous avons besoin d’un gars comme Richard Hébert qui va défendre vos valeurs et vos priorités au sein du parlement canadien. Et il est la meilleure personne pour le faire. J’ai besoin de Richard à Ottawa. Il faut maintenant parler à vos amis et à vos voisins pour que lundi tout le monde aille voter », a-t-il demandé à la foule enthousiaste.

Galvanisé par la visite du chef du parti, Richard Hébert a rappelé sa volonté de bien défendre la population de la circonscription. « Je suis un gars énergique et si vous me donnez la confiance que vous m’avez toujours donnée depuis le début, je ne vous décevrai jamais. On fait de la politique pour servir et je m’engage à le faire avec tout mon coeur. Mes racines sont profondes et je vais défendre fièrement ma région. Je suis dans le dernier droit, j’ai le couteau entre les dents et je n’abandonnerai pas », a-t-il promis. 

Justin Trudeau a captivé son auditoire en rappelant la raison pour laquelle il fait de la politique. « Je vous remercie pour votre implication. C’est par vos gestes, vos engagements envers nos voisins, notre communauté qu’on bâtit un monde meilleur et un avenir prospère. C’est comme ça qu’on va créer un univers à notre image, nos rêves et nos espoirs. Ce qui nous anime au Parti libéral, c’est l’écoute. Ce sont nos conversations que nous avons eu aujourd’hui Richard et moi avec les gens que nous avons rencontrés. Il faut parler des vraies affaires. Et ça ne se fait pas à Ottawa, mais ensemble à chaque coin de rue, dans chaque municipalité. Il faut travailler ensemble pour un monde meilleur et non se diviser », a-t-il affirmé.

Et cette écoute, il l’a apprise en voyageant avec son père quand il était politicien alors qu’il était tout jeune. Selon lui, c’est en écoutant que de meilleures décisions politiques se prennent selon lui.

Justin Trudeau a rappelé que son gouvernement avait baissé les impôts pour la classe moyenne et instauré une allocation pour les enfants. « Ça donne plus d’argent chaque mois aux familles. Je parle aux mamans et aux papas au pays et ils me disent que cet argent fait une grosse différence », a-t-il dit.

La vedette Hadrien

Évidemment, le garçon de Sophie Grégoire et Justin Trudeau, Hadrien, a volé la vedette en début de soirée. En enlevant le micro à sa mère, il a dit « bonjour, Lac-Saint-Jean. Moi j’ai vu des ours polaires », du haut de ses trois ans.

Trois premiers ministres à son restaurant

La même énergie s’est fait sentir au restaurant L’emporte-moi où les gens ont eu un peu plus de temps pour discuter avec le premier ministre. Justin Trudeau a d’ailleurs pris le temps d’y manger en famille. Une fierté pour le chef Alain Laroche.

« C’est toujours un privilège. Il voulait un spaghetti et bien on lui en a préparé un. C’est toujours un peu stressant, mais ce n’est pas le premier premier ministre que je sers. Quand je travaillais au Château Roberval, j’ai cuisiné pour Briand Mulroney et Jean Chrétien. »

Ce qu'il a dit...

  • Sur la gestion de l’offre

« Nous, on va toujours défendre la gestion de l’offre. On a pu négocier de grandes ententes commerciales sans mettre en péril la gestion de l’offre, que ce soit l’ALÉNA à l’origine ou avec l’Europe récemment. On va continuer de défendre la gestion de l’offre et je veux rassurer tout le monde, c’est le Parti libéral qui l’a créée et on va la défendre à l’unanimité. Les conservateurs ne peuvent pas dire ça, il y a des députés qui veulent l’abandonner. »

  • Sur le caribou forestier et la forêt boréale

« Les gens s’attendent à ce qu’on protège l’environnement et qu’on crée des emplois et de la croissance économique. Il faut en venir à un équilibre et ça se base sur la science et aussi avec des conversations avec des gens qui seront affectés. On prend ça très au sérieux et on travaille à atteindre un juste équilibre. »

  • Sur les inconduites sexuelles

    « Je suis impliqué dans le harcèlement sexuel et la violence contre les femmes depuis mes années universitaires. Ça m’a toujours préoccupé et je suis sans équivoque là-dessus. Le harcèlement, l’intimidation et les agressions sexuelles sont inacceptables au travail, à la maison, dans la rue et n’importe où. On va toujours être très ferme là-dessus. J’ai eu à prendre des décisions au gouvernement et ce n’est pas acceptable que quiconque ne se sente pas en sécurité dans son milieu de travail. Les gens doivent comprendre, en parler et dénoncer. 
  • Sur la marijuana

« On va rendre ça plus difficile d’accès à nos jeunes et enlever ça du marché noir. La réglementation va permettre justement de protéger les communautés et les familles et surtout nos enfants. Le système actuel ne fonctionne pas. Le crime organisé fait des milliards de profits de la vente de la marijuana, ce n’est pas correct. Les jeunes peuvent acheter plus facilement de la marijuana qu’une bouteille de bière ou une cigarette, ça n’a aucune logique. On va créer un cadre réglementaire pour protéger. Concernant la conduite avec les facultés affaiblies, on consulte des scientifiques et des États américains pour s’assurer de le faire de bonne façon. Aujourd’hui, il y a des gens qui conduisent sous l’effet de la drogue, nous on va réglementer afin que se soit plus sécuritaire. »