Nicole Martel, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des technologies, a présenté le Baromètre de compétitivité 2018 de l’association dans les bureaux de Devicom jeudi.

Un défi de main-d’oeuvre en TI

Le monde des technologies de l’information est en pleine effervescence, mais les défis à relever demeurent. Au cours des prochains mois, c’est la main-d’oeuvre qui préoccupera les différents acteurs du milieu.

L’Association québécoise des technologies (AQT) a dévoilé jeudi dans les bureaux de Devicom à Chicoutimi son Baromètre de compétitivité 2018. Ce rapport dresse un portrait des entreprises technologiques québécoises et de leurs enjeux depuis huit ans.

Si l’accès au financement pour la commercialisation demeure un enjeu de taille pour 40 % des dirigeants d’entreprise sondés, le principal défi qu’ils ont identifié concerne l’accès au talent.

« Chaque année, on identifie des enjeux. Cette année, le nerf de la guerre, c’est le talent. Le talent peut venir de deux sources, soit des finissants ou des nouveaux arrivants. On forme 1000 finissants en TI chaque année au Québec. On a une pénurie d’environ 5000 emplois par année et ce sera le cas jusqu’en 2025 », affirme Nicole Martel, présidente-directrice générale de l’AQT. « Le message qui est ressorti très très fortement, c’est que les entreprises n’arrivent pas à combler les postes, parfois même pendant plusieurs mois. »

Le député de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, s’est dit heureux de recevoir l’Association québécoise des technologies (AQT) à Chicoutimi.

« Il y a une pénurie partout, confirme France Lavoie, vice-présidente et directrice générale de Devicom. Il faut se rendre attractifs. »

Selon Mme Martel, la pénurie peut s’expliquer de différentes façons. Une chose est certaine, elle est convaincue qu’il serait possible de faire mieux pour développer de nouveaux programmes de formation.

« On a un peu l’impression que les programmes scolaires traditionnels sont moins adaptés qu’ils ne l’étaient à la réalité d’aujourd’hui. Je pense que les programmes devraient être revisités. On ne parle pas juste de programmes universitaires, mais aussi de programmes intensifs d’un an sur la gestion de l’intelligence artificielle par exemple. Les entreprises doivent former leurs gens. Il n’est pas rare de voir dans une entreprise des comptables agréés, des avocats, des spécialistes en santé. Les TI sont un moyen pour livrer le service, mais ça peut être des gens qui ont toutes sortes de bagages qui peuvent avoir des notions de TI pour pouvoir offrir des services aux clients. »

Portrait
Le Québec compte 151 000 professionnels en TI. Du nombre, 52 % oeuvrent dans des entreprises non technos en raison du virage numérique qui s’opère.

France Lavoie, vice-présidente et directrice générale de Devicom, affirme que les entreprises de TI doivent être attractives afin d’avoir les meilleurs employés possible.

Les PME technos composent 96 % du secteur des TI au Québec. Leur masse salariale moyenne est de 2,49 M $. Leur nombre d’employés moyen est de 35 et 53 % des effectifs sont affectés aux tâches de production et de recherche et développement. Une forte majorité d’entreprise, 76 %, effectue des ventes hors Québec. « L’AQT estime qu’il y a là un potentiel de croissance important à capturer afin d’augmenter les parts de marchés provenant de l’extérieur », affirme Nicole Martel.

Les entreprises font en moyenne 11 % de leurs ventes en ligne, un pourcentage qui passe à 35 % chez les entreprises fondées après 2003.

Au cours des prochaines années, 80 % des entreprises prévoient que leurs revenus augmenteront et 74 % que leur nombre d’employés sera en hausse.

Sondage électoral
Devicom sondera les candidats des différents partis politiques sur le développement du numérique et des TI dans leur circonscription. L’objectif consiste à connaître le point de vue de chacun afin de dresser un portrait régional du secteur.

Le sondage sera transmis aux candidats par Internet le 4 septembre. Les données compilées seront dévoilées par communiqué ainsi que via la page Facebook de Devicom le 17 septembre. « Toutes les entreprises vivent avec un sérieux problème de main-d’oeuvre et nous espérons que ce sondage lèvera le voile sur des pistes de solution pour l’ensemble de notre industrie », affirme France Lavoie, vice-présidente et directrice générale de Devicom.

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WASTE ROBOTICS NÉGOCIE AVEC LE CÉGEP DE JONQUIÈRE

Waste Robotics, cette entreprise qui a développé un système de récupération robotisée des matières organiques mises en sac, est actuellement en démarchage avec le Cégep de Jonquière et son Centre de production automatisé.

Puisqu’il est un Centre collégial de transfert de technologie, Waste Robotics s’intéresse fortement à développer un lien dans le but d’améliorer son produit. Le système robotisé a récemment été implanté dans la ville de Delano, au Minnesota. Il s’agit de la seule ville en Amérique du Nord à avoir choisi cette option.

«Notre robot est fonctionnel et performant, mais il y a toujours des choses à parfaire, a expliqué le vice-président au développement des affaires pour Waste Robotics, Michel Laforest. On parle de composantes à améliorer et de procédés à optimiser. Ça fonctionne, mais on pourrait être une coche au-dessus.»

Alors que Saguenay se dirige vers l’acquisition de bacs bruns pour récupérer ses matières organiques, Waste Robotics ne veut pas se servir des approches faites auprès du Cégep de Jonquière comme argument. Michel Laforest veut avant tout faire avant avancer son innovation, tout en espérant poursuivre les démarches envers Saguenay. Certains fonctionnaires ont été rencontrés, mais pas les élus municipaux.

«On aimerait rencontrer les gens de Saguenay et on serait contents de leur démontrer qu’on offre un système avantageux, mais on vise aussi l’Amérique du Nord, et même le monde», a annoncé M. Laforest.

Entre-temps, la MRC de Charlevoix-Est fait un pas en avant vers ce type de collecte en lançant une étude de préfaisabilité afin d’acheter un robot. La nouvelle technologie serait située au lieu d’enfouissement technique de Clermont. Cette nouvelle réjouit Waste Robotics, qui va maintenant regarder la situation de près. Jonathan Hudon