Les propriétaires d’un élevage de chiens Berger de Shetland sur le boulevard de l’Anse à Roberval, Nathalie Lalancette Connolly et Marc Lévesque.

Un couple d’éleveurs furieux

Un couple d’éleveurs de Berger Shetland de Roberval a sursauté mardi en apprenant que le conseil municipal avait accepté de lui donner une permission spéciale d’un an pour l’opération de son chenil avec une limite établie à cinq chiens.

« J’étais découragé quand j’ai appris ça. Je trouve qu’il y a un manque d’organisation totale. Les dossiers sont montés tout croche », déplore Marc Lévesque.

Sa conjointe, Nathalie Lalancette Connolly, et lui ont entamé les démarches pour obtenir un permis d’opération il y a environ deux ans. Ceux qui possèdent actuellement 12 chiens ne pensaient jamais qu’une limite d’animaux leur serait imposée.

Leurs installations sont situées sur une propriété zonée agricole du boulevard de l’Anse à l’entrée de Roberval. Le chenil a été construit sur la propriété de la grand-mère de Mme Lalancette Connolly et n’a qu’un seul voisin immédiat qui, selon la Ville, se sent importuné par le bruit.

« Ils nous disaient tout le temps que ça jappait ici, mais ils n’ont jamais reçu de plainte, c’est juste du blabla. J’ai acheté une cabane anti-son et des colliers électriques. Moi, je ne lâcherai pas, je le veux mon chenil », insiste Marc Lévesque.

L’un des deux enclos construits cet été par les propriétaires et où les chiens d’élevage vivent.

Des conditions qui s’améliorent
Au départ, les animaux vivaient dans des installations jugées inadéquates, selon la municipalité. L’été dernier, le jeune couple a donc investi 10 000 $ dans la construction d’un nouveau bâtiment à l’arrière de la maison familiale. C’est à cet endroit que vivent six chiens de race Berger Shetland répartis dans deux enclos séparés.

La construction est équipée de planchers en époxy. Elle est isolée avec de la laine minérale et des lampes sont suspendues au-dessus des enclos afin de réchauffer les animaux.


On est mandatés par la Ville, on fait notre possible. On passe pour les méchants, mais si on n’était pas intervenus, ça n’aurait pas été assez salubre pour accueillir des chiens.
Annie Côté, directrice générale du Refuge animal de Roberval

« On nous permet d’avoir cinq chiens. Nous en avons six dans la maison et six autres dans le chenil. C’est certain que nous allons garder tous nos chiens et nous allons relancer la Ville. On va retourner voir le refuge pour lui dire que le dossier est mal monté », s’indigne M. Lévesque.

Le Refuge s’explique
« On est mandatés par la Ville, on fait notre possible. On passe pour les méchants, mais si on n’était pas intervenus, ça n’aurait pas été assez salubre pour accueillir des chiens, avance la directrice générale du Refuge animal de Roberval, Annie Côté. Quand on est allés visiter, ce n’était pas beau. C’était comme une cabane à poules. Les animaux étaient tous ensemble et ça sentait l’ammoniac. »

Mme Côté précise toutefois qu’elle avait décelé la passion pour les animaux chez les deux éleveurs,. Il suffisait seulement de mieux les encadrer afin que leur entreprise ne devienne pas une usine à chiots.

Se plaindre, pas toujours évident
Annie Côté confirme que les voisins de ce chenil ne se sont jamais plaints de façon officielle.

« Il faut prendre le temps d’aller parler avec les voisins. Ils sont dans la peur parce qu’ils vivent juste à côté. Ils le savent que ce sont souvent des procédures difficiles donc ils évitent finalement de porter plainte », estime-t-elle.

Cette dernière précise que la MRC Domaine-du-Roy a formé un comité qui a pour mission d’améliorer la gestion de la réglementation entourant l’élevage de chiens et de chats sur son territoire.

« Les chenils, c’est comme une bête noire. Personne ne veut toucher à ça, mais les choses changent et on ne veut pas d’usines à chiots. La réglementation est à retravailler, ce n’est pas clair », précise Mme Côté.