Un couple de Roberval dans la série Ma petite vie

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
C’est le désir d’amoindrir les préjugés et l’occasion d’être un modèle pour les plus jeunes qui ont poussé le couple de personnes de petite taille formé d’Émilie Couture et de Marcel Rouleau à participer à la série documentaire Ma petite vie. Le tandem de Roberval a accueilli, au cours des derniers mois, une équipe de tournage afin de leur présenter leur quotidien adapté qui sera présenté à Canal Vie.

La série documentaire permettra de découvrir la vie de personnes de petite taille, dont celle du couple de Jeannois, de deux femmes, dont une enceinte, et de jumeaux en pleine adolescence.

« On voulait montrer c’était quoi notre vie. On voulait que les gens comprennent, entre autres, pour qu’on ne soit plus dévisagés à l’épicerie. C’était aussi l’occasion d’être des modèles adultes pour les jeunes de petite taille. Ce n’est pas évident quand on est jeune de voir qu’on peut avoir une belle vie, de se projeter », explique Émilie Couture, qui promet un projet télévisuel lumineux.

Mme Couture est ravie du ton de la série documentaire qui s’est déroulée dans le plus grand des respects et qui n’a rien à voir avec des émissions américaines.

« Ça démontre que l’on peut réussir. Nous avons des carrières et des maisons. On réussit à avoir une vie entière même avec notre handicap », fait valoir celle qui est également vice-présidente de l’Association québécoise des personnes de petite taille.

Une partie de la vie du couple a été filmée pendant quatre jours. Le résultat sera présenté à travers les huit épisodes de la série.

« C’était impressionnant. En plus, c’est rare que ça se passe en région. On était contents d’en faire partie. C’était quatre journées intensives », raconte Émilie Couture.

La femme de 32 ans précise que l’équipe a tourné des moments avec les amis et la famille du couple. Les tournages se sont même déplacés au supermarché, au gym et au théâtre, où Mme Couture assure la mise en scène d’une création.

« Ça démontre que l’environnement n’est pas fait pour nous. Aller à l’épicerie, c’est quasiment un sport. S’entraîner au gym ne se fait pas sans adaptation. Tout demande un effort supplémentaire. On doit s’adapter quotidiennement », illustre-t-elle.

L’expérience de celle qui est conseillère en réadaptation à la CNESST ne s’est pas limitée à sa présence devant la caméra. Après les tournages, Émilie Couture a été contactée pour assurer la narration de la série documentaire. Celle qui s’implique, entre autres, au sein du Théâtre Mic-Mac, fut ravie de son expérience.

« C’était super intéressant. Le monde des médias est un monde fascinant. Je n’ai pas d’étude dans le domaine, mais j’ai une certaine facilité à m’exprimer. Ils m’ont choisie pour mes compétences, pas pour faire du sensationnalisme », souligne-t-elle.

Même si elle a assuré la totalité de la narration, Émilie Couture a tout de même revu, avec grand intérêt, les émissions. Elle a également hâte de voir l’impact de la série ainsi que l’accueil qui lui sera réservé.

La série documentaire Ma petite vie sera présentée à Canal Vie dès le 13 avril à 20h30. Les premiers épisodes sont également disponibles via la plateforme Crave.

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PAS JUSTE UNE QUESTION DE TAILLE

Il serait simpliste de croire que le nanisme n’est qu’une affaire de petite taille. Émilie Couture rappelle que ce sérieux handicap est aussi associé à plusieurs complications médicales.

« Ce n’est pas juste la grandeur, il y a un diagnostic médical qui vient avec. Une personne de 4 pieds 4 pouces est petite, mais elle n’est pas pour autant une personne de petite taille », explique Mme Couture, soulignant qu’il y a plus de 500 formes de nanisme répertoriées.

Dans son cas, le handicap est à l’origine de compressions de la moelle épinière. Pour d’autres personnes de petite taille, les complications associées à la condition peuvent être multiples, dont l’usure prématurée des os.

La vice-présidente de l’Association québécoise des personnes de petite taille ajoute que la grande majorité des gens qui vivent avec cette condition ont des parents de taille moyenne. À l’inverse, même si les chances sont élevées, les couples formés de personnes présentant l’une des formes de nanisme ne seront pas nécessairement les parents d’enfants présentant cette même condition.