Avec plus d'une centaine de performeurs sur scène, le concert d'ouverture de l'OSSLSJ a prouvé que la salle rénovée répond aux attentes, tant du public que des musiciens.

Un concert audacieux et diversifié

C'est devant une salle presque comble que l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean a performé pour la première fois sur les planches de la salle du Théâtre Banque Nationale, hier. Le programme, visant de toute évidence à démontrer la polyvalence de la salle, était diversifié et audacieux. Les spectateurs, visiblement captivés du début à la fin, ont démontré leur enthousiasme à deux reprises plutôt qu'une, offrant aux musiciens deux ovations debout, une avant l'entracte et l'autre, à la fin.
La fébrilité était palpable lors de l'entrée en salle, le murmure s'élevant du public trahissant l'admiration de la beauté du lieu. Il est vrai que «ça sent le neuf». Le but de Diffusion Saguenay, avec les cinq spectacles d'inauguration en quatre jours, vise certainement à illustrer tout le potentiel de l'endroit. Le protocole de bienvenue se voulait bref, mais chacun des intervenants a pris le temps de s'exprimer. Jean Tremblay s'est dit heureux de recevoir les citoyens gratuitement pour les spectacles d'inauguration, «c'est quand même vous qui allez la payer, cette salle», a-t-il lancé en boutade. De son côté, Ginette Sirois, directrice du Cégep de Chicoutimi, a mentionné que c'est en 1984 que le projet de rénovation a été mis sur la table pour la première fois. «Vingt-neuf ans plus tard, nous avons enfin cette salle, votre salle», a-t-elle soufflé avec une fierté palpable. Le député Stéphane Bédard, quant à lui, a insisté sur l'importance d'investir dans la culture d'ici et de travailler toujours plus fort pour permettre à nos talents de vivre de leur art en région, tout en leur donnant la possibilité de rayonner à l'international.
Place au spectacle
C'est un orchestre à grand déploiement qui s'est installé sur scène, avec plus de 46 musiciens dès les premières notes.
Le programme a débuté de manière audacieuse, avec deux pièces de classique contemporain, soit le Scherzo pour orchestre de Maurice Dela, et Kaléidoscope de Pierre Mercure, un compositeur québécois ayant d'ailleurs légué son nom à une salle de spectacles montréalaise. La pièce, contemporaine à souhait, offrait entre autres une performance de violons frôlant la rythmique de la musique «métal». La Symphonie no.5 en do mineur de Beethoven, reconnue pour soulever les passions, a semblé un petit peu moins bien réussie en terme de précision et de rythme. Cependant, il faut noter que dans les moments doux autant que dans les moments forts, le son était bien balancé. La forme de la scène, allant quelque peu en entonnoir de l'avant vers l'arrière, ainsi que son étroitesse, font en sorte qu'on sent bien toutes les sections de l'orchestre, la sonorité de chacun des ensembles se détachant l'une de l'autre, créant une sorte de dialogue sonore savoureux. On entend bien chacun des instruments, on a donc l'impression de bien saisir l'essence musicale de chaque morceau, et de ne pas en perdre une miette.
Plus de détails dans la version papier du Quotidien//