Un commerçant en colère

La sortie du maire Jean Tremblay concernant l'état du déneigement de certains secteurs de la ville a fait déferler une certaine forme de frustration de la part de citoyens qui n'ont pas hésité à faire connaître leur expérience hivernale.
Parmi eux, Denis Gilbert, propriétaire d'un commerce d'alimentation dans le secteur de la rue Sainte-Famille au centre-ville de Chicoutimi, n'était pas étonné d'apercevoir dans Le Quotidien la photographie d'un camion semi-remorque pris en souricière entre deux rangées de véhicules stationnés. Selon M. Gilbert, le conducteur qui se rendait livrer de la marchandise à son commerce a mis une heure pour sortir son véhicule de sa fâcheuse position.
M. Gilbert prétend que le déneigement au centre-ville de Chicoutimi et les rues derrière la cathédrale constitue un véritable casse-tête depuis plusieurs années parce que les rues du secteur sont devenues le prolongement du stationnement de l'hôpital et du Cégep de Chicoutimi depuis qu'un péage a été instauré. En plus, les employés du CLSC y stationnent leur auto depuis qu'ils disposent de moins d'espaces avec la fermeture du stationnement à étages de la rue Hôtel-Dieu.
Outre cette situation, M. Gilbert affirme éprouver des difficultés depuis cinq ans avec un voisin qui envoie sa neige devant son commerce, en dépit de la réglementation qui interdit de la déposer sur le chemin public. Malgré des plaintes à la police concernant ce voisin, et à son conseiller municipal pour l'ensemble de la situation, M. Gilbert avoue ne pas comprendre pourquoi lui et les commerçants du secteur sont négligés de la sorte. «Ils ont passé le souffleur du côté de la cathédrale, mais pas de notre côté. Je demeure à La Baie. J'ai un commerce à Chicoutimi depuis 2002 et je suis en mesure de constater que le déneigement à La Baie est bien mieux fait.»
L'homme d'affaires prétend que le mauvais déneigement dans le centre-ville a un impact négatif sur le chiffre d'affaires des commerçants du secteur puisque les clients tournent simplement les talons en constatant le manque de stationnements et le mauvais état des rues. «J'ai un chiffre d'affaires de 945 000$ et une dizaine d'employés. On peut dire qu'on contribue à l'économie de la ville.»
En dénonçant la situation, M. Gilbert sait qu'il se fait le porte-parole de plusieurs autres gens d'affaires qui préfèrent endurer leur mal. «Je ne comprends pas la logique de la ville puisque Promotion Saguenay consacre des dizaines de milliers de dollars chaque année pour publier sa revue CVS dont l'objectif est d'attirer des clients dans les centres-villes», conclut M. Gilbert.