Deux cas de COVID-19 ont été déclarés au CHSLD Georges-Hébert de Jonquière.
Deux cas de COVID-19 ont été déclarés au CHSLD Georges-Hébert de Jonquière.

Un CHSLD de Jonquière touché par la COVID-19

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Les dirigeants du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean font face à une nouvelle éclosion au CHSLD Georges-Hébert de Jonquière. Au moins un membre du personnel et une autre personne y ont obtenu des résultats positifs à la COVID-19 sur deux étages dans cet établissement qui compte 57 résidents.

Selon l’enquête épidémiologique réalisée par la Santé publique pour documenter le cas, l’employé en question a été en contact avec un employé du CHSLD de la Colline. Il n’a toutefois pas travaillé dans ce CHSLD. Quant au deuxième cas suspecté, la source d’infection serait différente, mais le directeur de la Santé publique n’était pas en mesure de confirmer les informations.

« Nous avons retiré cinq employés. Des mesures sont prises et le personnel de l’étage ainsi que les résidents ont été testés. On est en attente en ce moment. Nous allons vérifier si nous devons apporter des modifications à l’intérieur », a repris le Dr Donald Aubin, qui affirme que le CIUSSS a beaucoup appris avec l’expérience du CHSLD de la Colline, où 66 employés et 51 résidents ont été infectés, et où l’on enregistre jusqu’à maintenant 21 décès.

Au moment du point de presse, le directeur de la Santé publique du SLSJ ne pouvait confirmer une éclosion officielle. Les syndicats ont été informés peu avant 17 h par la direction du CIUSSS que la résidence Georges-Hébert était désormais considérée comme un foyer d’éclosion.

Malgré une multitude de mesures prises depuis le début de l’éclosion, il y a six semaines, le CHSLD de la Colline est toujours un site où le virus circule de façon constante. Le nombre d’employés infectés a encore augmenté pendant la fin de semaine. La situation est plus stable chez les résidents.

L’éclosion chez les Antoniennes-de-Marie, qui a débuté sensiblement au même moment qu’au CHSLD de la Colline, est quant à elle contrôlée depuis près de deux semaines. Un total de 40 résidentes et membres du personnel y ont été contaminés. Le directeur de la Santé publique estime qu’il serait intéressant d’identifier les éléments qui font que l’éclosion a été contrôlée dans un centre alors qu’elle se poursuit dans l’autre.

« Pour le moment, ce que l’on peut observer, c’est que ça semble se propager beaucoup plus quand il y a plus de personnes qui circulent. C’est ce que l’on constate quand on compare la région à un grand centre », a expliqué le médecin.

Le problème d’une éclosion dans un CHSLD du territoire de Jonquière réside dans le petit bassin de main-d’œuvre disponible pour remplacer le personnel qui sera retiré du travail si l’éclosion se confirme et touche plusieurs personnes. Dans le cas du CHSLD de la Colline, le CIUSSS a été dans l’incapacité de combler pas moins de 422 quarts de travail en cinq semaines d’éclosion, et ce, malgré le fait que l’établissement est situé dans le plus important bassin de main-d’œuvre de la région avec l’hôpital de Chicoutimi et celui de La Baie.

Le Dr Donald Aubin a indiqué que le CIUSSS disposait des outils pour supporter le CHSLD Georges-Hébert. Il s’agit de l’arrêt ministériel qui donne le pouvoir au CIUSSS d’obliger les travailleurs à changer de zone. En temps normal, les conventions collectives stipulent que Chicoutimi et Jonquière sont deux zones différentes et les personnes peuvent refuser de se rendre dans l’autre zone.

La Santé publique suit de près la situation à Georges-Hébert, mais doit tout de même évaluer quotidiennement le comportement du virus, alors que le déconfinement a connu une nouvelle étape au cours de la dernière semaine. Le Dr Aubin a confirmé que dans ce contexte, une nouvelle stratégie de test sera déployée dans les prochains jours pour vérifier toute la problématique des personnes infectées asymptomatiques qui ont eu un rôle de premier plan dans les différentes éclosions.

Il a donc été décidé de procéder à des tests sur une cinquantaine de personnes qui vont fréquenter les urgences pour d’autres raisons que des symptômes grippaux.

Il est aussi prévu de réaliser des tests dans d’autres groupes si la situation l’exige. Le directeur de la Santé publique a profité de ce point de presse hebdomadaire pour rappeler l’importance de suivre les consignes de distanciation sociale qui constituent pour le moment le seul moyen d’éviter que la circulation affecte la capacité du système de santé. Comme il n’y aura pas de vaccin dans l’immédiat, Donald Aubin souhaite que les gens saisissent bien les enjeux derrière leur comportement.

« Une étude a démontré qu’une différence de seulement 10 à 15 % des personnes qui ne suivent pas adéquatement les consignes peut transformer une situation stable en véritable catastrophe », plaide le médecin.

Il a beaucoup été question des déplacements entre les régions, lesquels sont possibles depuis lundi. La Santé publique espère que ces déplacements seront faits uniquement pour des raisons importantes. Donald Aubin a même avancé que les citoyens de la région doivent aussi adopter ce comportement et uniquement se déplacer à l’intérieur de la région quand il s’agit d’une nécessité. Il n’est pas non plus temps de faire du tourisme intrarégional.

D’autre part, le CIUSSS avait procédé à la fermeture d’un peu plus de 300 lits d’hospitalisation en raison avec une diminution des activités dans les blocs opératoires. Les activités reprennent dans ces départements et le CIUSSS procède à la réintégration du personnel dans les différents services, ce qui limitera encore plus la disponibilité de main-d’œuvre pour supporter les foyers d’éclosion dans les prochaines semaines.