Sur cette photo tirée de la vidéo d’un des CF-18, on voit l’avion canadien, à gauche, au moment où il a intercepté le Su-27 russe. Le flou est rendu nécessaire pour des raisons de sécurité.

Un chasseur russe intercepté par l’Escadron 425

L’Escadron 425 de la Base de Bagotville s’apprête à rentrer au bercail après une mission de police aérienne renforcée en Roumanie pendant laquelle les pilotes du Saguenay ont intercepté un Sukoi Su-27 Flanker russe qui avait pénétré dans la zone d’identification de l’espace aérien roumain.

L’incident s’est déroulé sans anicroche, rapporte le commandant adjoint de l’Escadron 425, le major Martin Dionne, lors d’une conversation téléphonique depuis la base Mihail-Kogalniceanu de Constanta. Les CF-18 canadiens ont intercepté le chasseur russe à la mi-octobre. Les deux protagonistes se sont pris en photo, question d’analyser l’armement dont chacun dispose, puis se sont salués amicalement avant que les Russes repartent vers leur frontière.

Un CF-18 de l’Escadron 425 s’apprête à décoller sur les pistes enneigées de l’aéroport militaire Mihail Kogălniceanu en Roumanie.

L’Escadron 425 s’est déployé en Roumanie au mois d’août pour prendre la relève de la Royal Air Force dans le cadre de l’opération Reassurance de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Celle-ci est née en 2014 lorsque la Russie a annexé la Crimée dans le sud de l’Ukraine. L’OTAN s’est déployée en Roumanie, qui borde la mer Noire à l’ouest de l’Ukraine, pour endiguer l’expansionnisme russe.

Les escadrons de chasse de Bagotville et de Cold Lake, en Alberta, se relaient pour leur tour de mission de quatre mois chaque année. L’automne prochain, ce serait donc au tour des pilotes de l’Ouest canadien de prendre la relève des Italiens qui seront là cet été.

Les troupes canadiennes ont défilé dans les rues de Bucarest lors de la fête nationale roumaine le 1er decembre dernier.

Officiellement, la mission canadienne va prendre fin le 31 décembre et les cinq chasseurs CF-18 de Bagotville vont retraverser l’Atlantique en janvier, pendant que les équipes de la 2e Escadre vont ramener toute l’infrastructure nécessaire au déploiement.

« La dernière fois, Cold Lake avait dépêché quatre chasseurs et le fait d’en ajouter un cinquième pour cette mission fut vraiment un bon coup, car ça nous a donné plus de flexibilité pour mener, de front avec les missions de l’OTAN, des exercices d’entraînement avec les armées américaine et roumaine », analyse le major Dionne.

Le commandant de l’Escadron 425, le lieutenant-colonel Tim Woods, lors d’un vol d’entraînement en Roumanie. Sur la photo du bas, le SU-27 russe lors de l’interception.

En effet, sur ordre de l’OTAN, le Canada devait placer des avions en mode d’alerte, comme cela se fait à Bagotville, dans le but d’être en mesure de décoller rapidement pour intercepter toute menace à l’espace aérien roumain, comme ce fut le cas à la mi-octobre, quand le Sukoi s’est trop approché des frontières.

Parallèlement, les pilotes canadiens en profitent pour s’entraîner avec leurs collègues roumains — et aussi avec les forces américaines en présence — pour apprendre à travailler de concert et développer de nouvelles façons de faire. « À force de travailler ensemble, je peux vous dire qu’on a une belle intégration de nos forces », poursuit le major Dionne. D’ici au 31, le Canada devrait cumuler 300 missions pour un total d’environ 350 heures de vol.

Les Canadiens ont été décorés pour leur mission en Roumanie par l’ambassadeur du Canada M. K Hamilton, deuxième sur la photo, après la remise de la médaille au major Dionne, que l’on voit à ses côtés. Ils sont accompagnés de l’adjudant C. Minville, et du lieutenant-colonel Tim Woods, commandant de l’Escadron 425 et de la Force opérationnelle aérienne en Roumanie.

Lors du dernier sommet de l’OTAN, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé le prolongement de l’opération Reassurance jusqu’en 2023.