Un Canadien condamné à mort pour une affaire de drogue en Chine

OTTAWA - La ministre canadienne des Affaires étrangères s’est dite très préoccupée par la condamnation à mort d’un autre citoyen canadien en Chine.

Un tribunal du sud de la Chine a annoncé mardi les sentences d’au moins six étrangers impliqués dans une opération internationale de production de méthamphétamine. Parmi eux, un Canadien identifié comme étant «Fan Wei» a été condamné à mort.

À son arrivée à la rencontre hebdomadaire du conseil des ministres, mardi matin, Chrystia Freeland a rappelé que le Canada s’oppose en toutes circonstances à la peine de mort, «une punition cruelle et inhumaine».

«Nous sommes évidemment particulièrement préoccupés lorsque pareille sentence est appliquée à des Canadiens», a déclaré la ministre Freeland.

Elle a cependant refusé de dire si ce dernier geste est une nouvelle escalade de la querelle entre Ottawa et Pékin.

La ministre de l’Agricultre s’est montrée un peu plus candide que sa collègue Freeland.

«C’est difficile de faire des relations directes, mais les circonstances font que c’est considéré dans toutes nos analyses», a admis Marie-Claude Bibeau.

Les relations sino-canadiennes se sont détériorées depuis l’arrestation par le Canada de la dirigeante de Huawei, à la demande des États-Unis, en décembre dernier. Depuis lors, la Chine multiplie les gestes de représailles.

Pendant que Meng Wanzhou, directrice financière de la société de télécommunications chinoise Huawei, attend à Vancouver que se décide son extradition vers les États-Unis, deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, ont été arrêtés en Chine sous de vagues allégations de sécurité nationale et Fan Wei devient le second Canadien, après Robert Lloyd Schellenberg, à être condamné à mort par les autorités chinoises.

Pékin a également suspendu certaines exportations canadiennes, dont le canola, en représailles apparentes.

La ministre de l’Agricultre se bute au refus des Chinois de recevoir une délégation canadienne pour discuter canola.

«Pour le moment, on poursuit les dicussions sous forme de vidéoconférence. Nous sommes prêts à aller en Chine, à avoir cette discussion-là en personne, de scientifique à scientifique», a plaidé Mme Bibeau.

Les autorités chinoises allèguent que le canola canadien serait infesté par un «quelconque insecte».

Le cas de Fan Wei

Le tribunal populaire intermédiaire de Jiangmen, dans la province méridionale du Guangdong, a condamné 11 personnes qui ont produit plus de 63 kilogrammes de méthamphétamine, une drogue illégale.

Parmi eux se trouvaient un Américain et quatre Mexicains, qui ont tous été condamnés à une peine d’emprisonnement à perpétuité ou à une peine de mort avec sursis d’une durée de deux ans. La déclaration du tribunal n’indiquait pas clairement quelle personne avait été condamnée à quelle peine et ne donnait pas leur nom complet.

Le Canadien condamné à mort a été identifié comme étant «Fan Wei», mais il n’était pas clair s’il s’agissait de son nom légal. Une personne identifiée comme étant Wu Ziping, dont la nationalité n’a pas été précisée, a également été condamnée à mort.

Selon le tribunal, Fan Wei et Wu Ziping ont comploté pour fabriquer et vendre les drogues en 2012 et ont invité les autres - décrits comme des «techniciens en fabrication de drogues» - à bord. Selon la cour, le groupe a créé un «repaire» dans la ville de Taishan, dans le Guangdong, où il a produit et vendu plus de 63 kilogrammes de méthamphétamine et 365,9 grammes de méthylamphétamine.