Alexandre Côté-Jennis a pris le temps d’écrire une lettre pour s’excuser auprès des victimes qu’il a faites sur son passage et souhaite qu’elles puissent reprendre leur vie normalement.

Un cambrioleur avoue ses crimes

Alexandre Côté-Jennis a plaidé coupable à neuf accusations de vols qualifiés armé d’un couteau et à plusieurs chefs d’accusation de port d’une cagoule dans un dessein criminel. Il écope d’une peine de 30 mois de pénitencier, à laquelle le tribunal a retranché les 17 mois de détention préventive.

Le jeune homme de 26 ans devait poursuivre son procès le 4 juillet, mais il a plutôt demandé à devancer les procédures afin de régler son dernier vol commis en novembre 2018 à Saint-Honoré, car il avait plaidé coupable aux autres dossiers précédemment.

Côté-Jennis aura été un cambrioleur fort actif entre le mois de mars 2017 et le mois de novembre 2018, et ce, malgré sa présence dans une thérapie fermée de six mois.

L’accusé, qui présente un visage d’enfant, a dérobé un premier tiroir-caisse le 23 mars 2018 en s’emparant de 600 $ dans une station-service. La même journée, il a sévi à nouveau dans une boulangerie.

Le client de Me Olivier Théorêt, de l’Aide juridique, a poursuivi son manège le 4 avril à la Société des alcools du Québec (SAQ) et en mai dans une épicerie, d’où il est reparti avec 650 $.

Après une accalmie de quelques mois, Côté-Jennis a repris ses activités de voleur en commettant d’autres vols qualifiés. Il en a aussi raté quelques-uns.

En novembre 2018, il a plaidé coupable à une série de huit vols qualifiés, mais a omis de dire au tribunal qu’il en avait commis un neuvième dans un dépanneur de Saint-Honoré, quelques jours après être sorti de thérapie. Il l’avait fait pour régler ses dettes de drogue.

Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Théorêt ont donc soumis une suggestion commune au juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec. La sentence de 30 mois est accompagnée d’une probation de 36 mois et d’un suivi de 24 mois.

« Mon client a commis ses vols en raison de sa grande consommation de cocaïne. Il faut savoir qu’il a eu une enfance difficile lorsque sa mère l’a abandonné. Il a essayé de renouer contact, mais sa mère a refusé. C’est même elle qui l’a dénoncé après un vol raté », a expliqué Me Théorêt.

« M. Côté-Jennis a un bon potentiel. Il est intelligent. Il va à l’école durant la détention, voit un travailleur de rue et rencontre l’aumônier chaque semaine », a poursuivi l’avocat en défense.


«  Je te souhaite de reprendre ta vie, comme normale, en te souvenant à peine du misérable drogué qui t’a volé.  »
Alexandre Côté-Jennis, dans une lettre aux victimes

Du côté de la Couronne, Me Ouellet peut comprendre que la vie n’a pas toujours été facile pour l’accusé, mais elle précise que l’on doit aussi tenir compte des victimes de ces vols qualifiés.

« Ces accusations sont passibles de la perpétuité. Il n’y a pas de minimum prévu étant donné qu’il n’a pas utilisé d’armes à feu. Il a utilisé un couteau, et les vols étaient prémédités, a commenté Me Ouellet. Le pénitencier s’imposait, mais je crois qu’une peine de 30 mois est une peine assez clémente, mais elle n’est pas non plus déraisonnable. »

excuses

Durant sa détention à la prison de Roberval, Côté-Jennis a pris le temps d’écrire une lettre d’excuses aux victimes de ses vols.

« Je ne te connais pas et je ne t’ai jamais vu avant. Mais depuis quelque temps, j’ai ton visage gravé dans ma tête, le tien et celui des autres. Par une journée banale, je suis entré dans ta vie et celle des autres de façon brutale et violente. J’ai commis un crime, j’ai fait de toi une victime et peut-être que mon action t’a fait beaucoup de mal. Je souhaiterais revenir en arrière et reprendre mon geste, mais je ne peux pas et toi, tu dois vivre avec les conséquences, et j’en suis désolé. J’ai des regrets et des remords et toi, tu ne mérites pas ce que j’ai fait. C’était inexplicable et impardonnable », écrit Côté-Jennis à l’intention des victimes.

« Ce qui me reste à te dire, c’est que si tu souhaites te décharger de ce fardeau, témoignes en cour, écris une lettre ou quoi que ce soit d’autre pour dire ce que tu peux ressentir. Je te souhaite de reprendre ta vie, comme normale, en te souvenant à peine du misérable drogué qui t’a volé », ajoute-t-il.

Avant de compléter le dossier, le magistrat a dit souhaiter que l’accusé utilise tout son potentiel à faire le bien et à se reprendre en main.

« Une peine de cinq ou six ans de détention aurait été envisageable, mais vous avez un potentiel de réussite. C’est à vous d’y voir », a conclu le juge Daoust.