Donald Aubin a préféré être transparent pour expliquer le retard dans les enquêtes épidémiologiques.
Donald Aubin a préféré être transparent pour expliquer le retard dans les enquêtes épidémiologiques.

Un bris d’équipement a causé des retards dans la gestion des cas de COVID-19

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La mise en fonction de nouveaux équipements dans les laboratoires en raison de bris survenus autour de la période du 27 octobre, et l’explosion des cas de COVID-19 durant cette période ont causé des retards dans le système de gestion des cas et d’enquête épidémiologique de la Santé publique.

En entrevue au Quotidien mercredi, le directeur régional de la Santé publique, le docteur Donald Aubin, a confirmé que l’organisation avait accumulé un certain retard. C’est ce qui explique que des citoyens ont été contactés par la Santé publique, au cours des derniers jours, et ont appris qu’ils avaient été en contact avec une personne atteinte de la COVID-19 il y a 8, 9 ou 10 jours plus tôt.

« Les gens ne doivent pas se surprendre puisqu’il est possible qu’ils reçoivent un appel de la Santé publique pendant quelques jours encore qui va les informer qu’elles ont été en contact avec un cas positif il y a plusieurs jours », a ajouté le médecin, qui assure agir en toute transparence pour que les gens comprennent bien la situation.

Ce dernier précise qu’il s’agit de petits retards accumulés à partir du test en laboratoire, de l’obtention du résultat et finalement de la transmission de l’information aux préposés de la Santé publique. La Santé publique n’est pas en mesure de déterminer si ces personnes qui n’ont pas été informées rapidement d’avoir été en présence d’un porteur ont également été infectées.

La région a vécu le même phénomène que d’autres régions du Québec lors du passage en zone rouge. Dès l’annonce, les citoyens ont été nombreux à se présenter dans les cliniques de dépistage. C’est ce qui a provoqué, selon Donald Aubin, l’accumulation dans un très cours laps de temps de beaucoup d’informations à traiter.

La Santé publique a toutefois pris des mesures pour s’ajuster à la nouvelle réalité de la pandémie dans la région dont la courbe de progression dépasse tout ce qui a été observé au Québec avec 198 nouveaux cas confirmés dans le bilan de mercredi.

La Santé publique procédait à la formation mercredi d’une nouvelle cohorte de 50 préposés qui se joindront à l’équipe de 160 personnes déjà déployées pour faire les enquêtes épidémiologiques et surtout reprendre le retard dans les appels pour les cas de contacts puisque c’est cette opération qui permet de restreindre la propagation de la maladie. Cette opération a d’ailleurs très bien fonctionné jusqu’au 26 ou 27 octobre.

La Santé publique a de plus mis à profit des équipes de Québec et de la Côte-Nord afin d’accélérer le travail pour réaliser les enquêtes.

Le Dr Aubin, qui ne voit pas d’amélioration à très court terme, croit même qu’il y aura encore des augmentations importantes pendant quelques jours. En tenant compte de la mise en place de la zone rouge, il pourrait y avoir des premiers signes de ralentissement de la propagation pendant la fin de semaine, mais le directeur de la Santé publique est prudent.

Au chapitre des décès, il faut s’attendre à ce que le bilan s’alourdisse d’ici à ce que la situation se stabilise. Le CIUSSS a enregistré 26 décès (21 au CHSLD de la Colline) pendant la première vague. En date de mercredi, le bilan faisait état de 42 morts depuis le début de la deuxième vague. Selon Donald Aubin, la propagation du virus dans la communauté se traduit par une augmentation des hospitalisations. Or, ultimement, ce sont les décès qui augmentent et la région se retrouve en ce moment au cœur de cette logique.

Le CIUSSS a en ce moment 35 lits d’hospitalisation répartis entre Chicoutimi et Alma. En ce moment, 31 personnes sont hospitalisées. Selon Donald Aubin, il est toujours possible d’ajouter de la capacité d’hospitalisation.

La situation est particulièrement critique au CHSLD Jacques-Cartier, où 100 cas ont été confirmés (57 résidents et 43 employés). Plus de 50 % des résidents y sont maintenant infectés, avec 11 décès. À l’hôpital de Chicoutimi, 117 employés, principalement concentrés dans le département D2, sont présentement contaminés, comme 86 autres à l’hôpital d’Alma.

Donald Aubin assure que la Santé publique et le CIUSSS sont toujours en contrôle de la situation dans la région. « On parle de perte de contrôle quand on manque de respirateurs et de lits d’hospitalisation et que nous ne sommes plus en mesure de faire le suivi des enquêtes. »

Dans le secteur privé, les résultats ont confirmé une augmentation d’une dizaine de cas à la Villa des Sables. Cette résidence privée compte maintenant 61 cas. Le CIUSSS supporte cette résidence qui a eu des problèmes de main-d’œuvre depuis le début de l’éclosion. Il y a également présence du coronavirus dans d’autres résidences privées pour personnes âgées.