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Un camion de collecte des matières organiques au Lac-Saint-Jean.
Un camion de collecte des matières organiques au Lac-Saint-Jean.

Un bon départ pour la collecte des bacs bruns dans la région

Ariane Gobeil
Ariane Gobeil
Le Quotidien
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La collecte des matières organiques a débuté à l’automne 2020 au Lac-Saint-Jean et dans la MRC du Fjord-du-Saguenay. Depuis, une quantité de matière organique équivalant à 150 camions de collecte a été détournée des lieux d’enfouissement. Avec environ 45% des citoyens qui utilisent le bac brun sur son territoire, la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean (RMR) est satisfaite de la participation de la population.

Afin de se conformer aux exigences du gouvernement du Québec quant à la gestion des matières résiduelles, toutes les municipalités de la région, à l’exception de Saguenay, assurent depuis octobre dernier le ramassage des bacs bruns. Jusqu’à maintenant, la quantité de matière reçue au centre de compostage de Dolbeau-Mistassini a atteint les 1071 tonnes métriques. André Paradis, président du conseil d’administration de la RMR du Lac-Saint-Jean, s’est montré heureux de ce début de collecte et de la participation des citoyens. « Le conseil d’administration est extrêmement satisfait de la situation. On est vraiment fiers de l’équipe qui travaille à mettre tout ça en place. »

La RMR indique qu’environ 45% des gens utilisent le bac brun, un chiffre qui satisfait l’équipe de gestion des matières résiduelles. « Ça participe extrêmement bien. On a une belle surprise de collaboration des citoyens. On a de la belle qualité. Les gens ont bien compris comment ça fonctionne », estime André Paradis, également maire de Saint-Henri-de-Taillon et préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est.

L’équipe de la RMR se montre optimiste quant à la réalisation des objectifs de son plan de gestion des matières résiduelles. « On doit valoriser 60% des matières organiques totales résidentielles sur le territoire. Ce qui nous amène dans cinq ans à devoir valoriser à peu près 10 000 tonnes métriques par année. Si on continue au rythme actuel, on atteindra à peu près 50% de cet objectif », explique Mélanie Simard, directrice des communications, programmes et services de la RMR.

La RMR compte poursuivre ses campagnes d’information afin de faciliter l’adoption du bac brun auprès des citoyens. « On va certainement atteindre les objectifs. On continue d’informer les citoyens pour avoir une meilleure qualité dans nos bacs », affirme André Paradis. Il espère d’ailleurs que le bac vert des citoyens perdra un peu de poids cette année pour permettre d’avoir un peu plus de matière organique dans le bac brun!


« Les gens ont bien compris qu’il fallait mettre les matières organiques dans leur bac brun, mais il manque parfois une petite étape. Par exemple, jeter un concombre resté au fond du frigo dans le bac brun en oubliant d’enlever la pellicule de plastique. »
Mélanie Simard, RMR

Miser sur la qualité de la matière

Si André Paradis souhaite que la population participe encore davantage, son objectif premier est d’obtenir une bonne qualité de compost. « Ça ne sert à rien d’avoir 80% de participation, si on a juste du matériel qui vient contaminer la matière organique. »

Plusieurs contaminants comme les sacs plastiques se retrouvent souvent dans le bac brun, ce qui compromet la qualité du compost.

À l’intérieur de ce bac, plusieurs matières sont acceptées comme les résidus alimentaires, les résidus de jardin, ainsi que les papiers et cartons souillés. Cependant, plusieurs contaminants comme des sacs de plastique, des clous, des agrafes ou encore du verre, se retrouvent au centre de compostage, ce qui nuit à la qualité du compost. Mélanie Simard invite donc les gens à continuer de faire un bon tri pour obtenir un compost de première qualité. « Les gens ont bien compris qu’il fallait mettre les matières organiques dans leur bac brun, mais il manque parfois une petite étape. Par exemple, jeter un concombre resté au fond du frigo dans le bac brun en oubliant d’enlever la pellicule de plastique. »

Le plastique est d’ailleurs une source de contamination importante de la matière organique. La directrice des communications de la RMR rappelle que les sacs en plastique, y compris les sacs biodégradables et compostables, ne sont pas acceptés dans le bac brun, entre autres parce que leur rythme de décomposition est plus long que celui du procédé de valorisation.

Des outils pour faire le tri

Avec le bac brun qui s’ajoute à la collecte des déchets et au recyclage, plusieurs outils sont à la disposition des citoyens pour s’y retrouver et bien classer leurs matières. Par exemple, l’application « Ça va où? » de Recyc-Québec facilite le tri des déchets en indiquant comment se départir de différents produits.

Selon Recyc-Québec, l’application connaît un véritable succès depuis son lancement avec plus de 150 000 téléchargements. Néanmoins, Mélanie Simard mentionne que, même s’il s’agit d’un bel outil, il faudra attendre encore un certain temps avant que la liste des matières acceptées et refusées sur le territoire du Lac-Saint-Jean et de la MRC du Fjord-du-Saguenay soit mise à jour. Pour le moment, elle conseille aux gens de visiter la page Facebook ou le site Web « Mon bac brun » ou encore de contacter directement la RMR.

Le premier compost local devrait être remis gratuitement aux citoyens au printemps 2022, qui pourront alors l’utiliser pour le jardinage. En plus de la plateforme de Dolbeau-Mistassini, un deuxième centre de compostage des déchets organiques devrait voir le jour à Hébertville-Station au printemps 2021.

Opérations au centre de compostage de Dolbeau-Mistassini.

LES BACS BRUNS À SAGUENAY À L’AUTOMNE 2022

Saguenay, la seule ville à ne pas encore avoir mis en place la collecte des matières putrescibles, maintient son échéancier et se prépare à l’implantation des bacs bruns en 2022. « On est en appel d’offres et tout suit son cours. Ça va arriver à l’automne 2022 comme prévu », explique Simon-Olivier Côté, conseiller et président de la Commission du développement durable et de l’environnement de Saguenay.

Pour le déploiement de la collecte, la ville compte se baser sur ce que fait le Lac-Saint-Jean et la MRC du Fjord-du-Saguenay. Le ramassage des bacs sera ainsi plus fréquent en été et plus espacé en hiver.

Le fait que Saguenay se conforme tardivement à instaurer la collecte des matières organiques n’engendrera pas de coûts supplémentaires pour les contribuables, selon le conseiller Simon-Olivier-Côté. « L’idéal, c’est de le faire le plus vite possible, mais les citoyens ne seront pas pénalisés. »