Les opérations de La Marjolaine se poursuivront si aucun investissement majeur n’est requis à la suite de l’inspection qui sera réalisée par Transport Canada, en mai prochain.

Un avenir incertain pour La Marjolaine

Malgré le fait qu’elle navigue sur le Saguenay pour le plaisir des touristes depuis le début des années 1970, La Marjolaine a fait l’objet d’une remise en question, l’automne dernier, par Promotion Saguenay. L’organisme a décidé de poursuivre les opérations du bateau si aucun investissement majeur n’est requis à la suite de l’inspection qui sera réalisée par Transport Canada, en mai prochain.

Lors d’une entrevue réalisée avec Nathalie Gaudreault, directrice du tourisme à Promotion Saguenay, Patrick Bérubé, directeur général, et Gaétan Bergeron, directeur des opérations des Navettes maritimes du Fjord, il a été possible d’apprendre que le conseil d’administration a remis en question l’avenir de La Marjolaine et des deux bateaux-mouches Cap Liberté et Fjord Saguenay 2. « Avec tout ce qui s’est passé, on a revu l’ensemble des activités et tous les postes budgétaires ont été révisés. On a réfléchi au sein du conseil d’administration et on continuera de les opérer », affirme M. Bérubé.

Toutefois, La Marjolaine est un vieux bateau qui cumule 115 ans d’existence et, en mai prochain, Transport Canada dressera son bulletin de santé à la suite d’une inspection quinquennale de routine d’une durée d’environ deux semaines. La Marjolaine séjourne actuellement au bassin Louise à Québec. La masse de 280 tonnes sera transportée à L’Ilse-aux-Coudres pour inspection.

Parmi les éléments d’intérêt, explique M. Bergeron, figure la présence des ballasts, dans la proue du bateau, composée de blocs de béton de 23 tonnes installés en 2010 afin d’assurer sa stabilité. L’équipe des Navettes maritimes a bon espoir que La Marjolaine passe l’inspection avec succès afin de poursuivre les opérations.

Selon M. Bérubé, advenant le cas où des radoubs majeurs s’avèrent nécessaires, mais aussi en raison du temps, il faudra songer à moyen terme à remplacer le navire. « L’inspection va déterminer l’argent qu’on mettra pour continuer à l’opérer. On veut qu’il y ait le moins d’investissements possible », affirme M. Bérubé.

Ressources humaines

Outre l’état général du bateau qui constitue un enjeu, les ressources humaines sont aussi à considérer. La Marjolaine nécessite l’embauche de 38 personnes en saison touristique et deux employés à temps complet. Dénicher des équipages et un capitaine sur une base saisonnière constitue un défi de taille. « C’est l’aspect le plus difficile puisqu’on est déjà dans un contexte de pénurie. On n’a pas une grande tradition maritime au Saguenay pour dénicher du personnel navigant. C’est un bateau qui demande beaucoup de main-d’œuvre pour sa taille, soit six à sept membres d’équipage », explique M. Bergeron.

Autofinancement

Malgré son âge et ses défauts, La Marjolaine et les bateaux-mouches jouent un rôle important au plan touristique, selon Mme Gaudreault. Pendant l’été 2018, un total de 28 300 personnes ont mis le pied sur les bateaux, en croissance de 6 %. Il s’agit de la meilleure saison enregistrée depuis 2009. Du total, environ 35 % des passagers figurent parmi les touristes internationaux, 50 % proviennent du Québec hors de la région et 15 % sont des passagers originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Beaucoup de touristes partent de Tadoussac pour remonter jusqu’à La Baie via Sainte-Rose-du-Nord, L’Anse-Saint-Jean ou Rivière-Éternité », explique-t-elle.

Les niveaux de fréquentation atteints permettent d’autofinancer les activités des Navettes maritimes du Fjord et de boucler le budget annuel de 1,5 million $.