Le président de la Ligue des propriétaires de Vauvert, Daniel Murray, interpelle le premier ministre dans le dossier de la pointe Langevin puisqu’il soutient qu’aucun riverain n’a les moyens financiers pour obtenir gain de cause auprès de Rio Tinto.

Un appel à Philippe Couillard

Les riverains habitant à proximité de la pointe Langevin, dans le secteur Vauvert-sur-le-Lac, à Dolbeau-Mistassini, réclament l’intervention du gouvernement pour forcer Rio Tinto à trouver une solution au problème d’érosion.

Le porte-parole des 330 résidants, Daniel Murray, a fait parvenir une lettre au premier ministre et député de Roberval, Philippe Couillard, à ce sujet, mercredi matin.

Dans un document de quatre pages, le président de la Ligue des propriétaires de Vauvert déplore le désengagement social de Rio Tinto. Il qualifie leur programme de stabilisation des berges de « programme à rabais ».

« Depuis 2007 seulement, Rio Tinto est intervenue à trois reprises dans la baie de la Petite rivière Péribonka afin de solutionner des problèmes d’érosion partiellement ou entièrement fluviatile (NDLR : propre à la rivière), peut-on lire dans ladite lettre. Il semble que la seule différence cette fois-ci soit l’ampleur de la facture anticipée pour corriger la situation. »

Une dizaine de résidences sont présentement menacées par l’érosion des berges du lac Saint-Jean et se retrouvent dans un périmètre de sécurité considéré comme à risque par Dolbeau-Mistassini. Récemment, Rio Tinto aurait soumis un rapport à la Ville pour déplacer la barrière de sécurité de 20 mètres en février 2019, signifiant une perte additionnelle de terrains.

Une cause naturelle, dit Rio Tinto
De son côté, Rio Tinto se défend de faire preuve de mauvaise foi dans cette histoire et rappelle avoir investi plus de 725 000 $ en chargeant la firme WSP de comprendre pourquoi les travaux standards ne fonctionnaient pas dans ce secteur.

« Nous comprenons la préoccupation des gens et nous sommes en mode collaboration avec les intervenants. Il s’agit d’un dossier complexe, en raison de la cause de l’érosion. Nous ne pouvons prendre en charge cette partie de secteur dans le programme, puisque l’érosion n’est pas causée par le rehaussement du niveau du lac, mais plutôt par le débit de la Petite rivière Péribonka, qui est une rivière naturelle non gérée par Rio Tinto. On parle d’érosion fluviatile », affirme la porte-parole de la multinationale Xuân-Lan Vu.

Outre le premier ministre, Daniel Murray interpelle les préfets, ainsi que les maires de Dolbeau-Mistassini, Péribonka et Saint-Félicien pour régler rapidement cette problématique qu’il qualifie de « dangereuse » et « lourde de conséquences ».