Raynald Simard et Carl Dufour assurent que le comité exécutif de Saguenay travaillera désormais dans l’unité.

Un appel à l’unité au conseil exécutif de Saguenay

Le conseil exécutif de Saguenay a pris le temps de se dire les vraies choses, jeudi matin. La séance s’est prolongée pendant plusieurs heures, le temps que les membres remettent les pendules à l’heure. Les deux mots qui ressortent ? Unité et consensus.

Selon le conseiller Carl Dufour, plusieurs éléments positifs sont ressortis de la rencontre. Il assure que tout le monde est d’accord pour recommencer sur de nouvelles bases, quelques semaines après le rejet du budget 2020, le 18 décembre, jour où tout a semblé basculé au sein du conseil.

« S’il y a des dossiers, des projets qui ne font pas l’unanimité, démocratiquement, on peut le dire. Mais se diviser sur la place publique, c’est comme prendre les citoyens en otage », mentionne Carl Dufour, qui assure que la mairesse Josée Néron a été d’une grande écoute et d’une grande collaboration.

Raynald Simard, Jean-Marc Crevier, Marc Bouchard (par voie téléphonique) et Josée Néron assistaient aussi à la rencontre. Michel Potvin était présent comme observateur.

« On voyait qu’il y avait encore un peu de frustration. On a décidé de se parler des vraies choses. De mon côté, ça fait 10 ans que je suis conseiller. C’est mon troisième mandat. Dans le temps de Fêtes, je me suis posé la question. Je ne peux pas dire que j’ai eu du plaisir dans les deux premières années de ce mandat-là. J’ai toujours été de bonne humeur, j’ai bien développé mon secteur. Pourquoi j’ai perdu ces éléments-là ? Dans le temps des Fêtes, j’ai pesé sur reset pour me repositionner », a dit Carl Dufour au Quotidien.

Ce dernier ne se cache pas : il fait partie d’un seizième de la problématique et il assume sa part de responsabilités.

Le conseiller Raynald Simard assure que tout le monde prend son rôle au sérieux. Les membres ont profité de la rencontre pour rétablir les priorités de chacun.

« Nous devons être des leaders pour les arrondissements. Les gens devraient voir une différence », assure le conseiller de La Baie.

M. Simard assure que la sortie de Mme Laforest n’a pas incité les conseillers à réagir ainsi.

« On y serait arrivés quand même, parce que cette discussion-là devait être faite. On s’est mis à vider notre sac et on a viré ça en positif et en constructif. On va sortir forts de là. »

Carl Dufour ne veut surtout pas que les citoyens soient pénalisés, parce qu’« au bout de la course, ce sont les citoyens qui nous ont placés, ce sont eux qui décident. Ce serait plate, dans deux ans, qu’ils voient que nous n’avons rien fait. Il nous reste deux ans ; on ne peut pas laisser aller les choses. Il faut se retrousser les manches et avancer ».

Raynald Simard assure que tout le conseil de Saguenay a tiré des leçons

« Tout le monde a tiré des leçons le 18 décembre. Si c’était à refaire, je ne suis pas sûr que je le referais de la même façon. Pour ma part, je regrette ce qui s’est passé. »

Le conseiller municipal de La Baie, Raynald Simard, est d’avis que les conseillers doivent maintenant travailler ensemble pour arriver à des résultats communs. Certains devront laisser leur orgueil de côté et leurs priorités aussi, mais l’idée, selon lui, est d’en arriver à un résultat final intéressant avec des projets sur la table à dessin en 2020-2021.

« Je ne suis pas sorti gagnant, pas pantoute. Comme La Baie en général d’ailleurs. Je me suis dit : “J’ai été élu par les gens de La Baie et c’est assuré que je vais défendre leurs intérêts au maximum, et là, le but, c’est d’avoir une bibliothèque à la hauteur.” »

Dans sa population, le conseiller a entendu les mots « gâchis politique », « dérapage » et « confusion ». 

« Il faut se ressaisir et prendre nos décisions. Il faut arrêter de se déchirer d’un bord et de l’autre et prendre des décisions pour Saguenay. La dette, c’est ben beau, mais ce n’est pas un projet de société. C’est une responsabilité du conseil de ville et c’est à nous comme conseillers d’essayer de trouver des idées et de nouveaux revenus pour essayer de mettre de l’argent dessus. »

Quant à la sortie de la ministre Andrée Laforest, Raynald Simard y voit là une occasion à saisir. 

« Elle vient nous dire que les coffres sont pleins. “Venez-vous servir, je vous donne des opportunités extraordinaires.”On doit se presser pendant son mandat pour aller chercher des possibilités. On a une ministre qui travaille pour nous. Il faut s’en servir », croit M. Simard, qui met la bibliothèque en haut de sa liste de priorités.

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CENTRE MULTISPORT: À JONQUIÈRE ET PAS AILLEURS, PLAIDE GAUDREAULT

 Pour le député Sylvain Gaudreault, il est hors de question que le centre multisport soit érigé ailleurs qu’à Jonquière. Il réagit ainsi à la proposition de la ministre Andrée Laforest de jumeler le projet avec celui de l’amphithéâtre de Chicoutimi.

« Je constate de la part de Mme Laforest qu’il y a un glissement vers une proposition pour avoir une espèce d’amphithéâtre fusionné avec le soccerdôme et pour faire ça à Chicoutimi. Il est hors de question que le soccerdôme aille à l’extérieur de Jonquière ! », a martelé le député péquiste de Jonquière. Il rappelle qu’une démarche complète a été faite du côté de la Ville, dont l’achat d’un terrain à Jonquière, la réalisation d’études et le montage financier. 

« Je ne vois pas pourquoi on remettrait la pâte à dents dans le tube pour essayer de faire quelque chose de mieux ou de pire pour quelque chose qui n’est pas sûr d’avoir du financement. Je ne vois pas pourquoi on risquerait de perdre le financement pour un projet qui n’existe pas encore », a déclaré Sylvain Gaudreault quant à l’idée de jumeler les deux projets.

Selon lui, le consensus entourant le choix de l’emplacement n’appartient pas juste aux gens de Jonquière, mais à la population de Saguenay et même de la région, notamment pour l’aspect central.

« Tout ça découlait d’une espèce de compromis avec l’amphithéâtre à Chicoutimi, la bibliothèque dans l’église Saint-Édouard à La Baie et le projet de soccerdôme à Jonquière », a tenu à rappeler M. Gaudreault, qui n’a pas voulu commenter la gestion du conseil municipal à Saguenay.