La grève — qui durera 22 minutes en l'honneur des 22 victimes du 18 et 19 avril — s'amorcera lundi à midi, heure locale.
La grève — qui durera 22 minutes en l'honneur des 22 victimes du 18 et 19 avril — s'amorcera lundi à midi, heure locale.

Tuerie en Nouvelle-Écosse : des militantes lancent un appel à la grève pour réclamer une enquête publique

Les défenseurs des droits des femmes du Canada atlantique demandent aux gens de tout le pays de cesser lundi le travail pendant une courte période afin de réclamer une enquête publique sur la tuerie survenue en Nouvelle-Écosse en avril.

Les gouvernements fédéral et provincial ont annoncé cette semaine qu'un groupe d'experts, dirigé par l'ancien juge en chef de la Nouvelle-Écosse Michael MacDonald, examinerait le massacre qui a fait 22 morts.

Mais Martha Paynter, fondatrice du groupe Women's Wellness Within, dit que cette décision ne correspond pas au voeu de nombreuses personnes, dont les familles des victimes, qui auraient préféré une enquête publique transparente.

«Un changement systémique et structurel doit découler de ces événements», fait valoir Mme Paynter, une des organisatrices de cette brève grève nationale.

La grève — qui durera 22 minutes en l'honneur des 22 victimes du 18 et 19 avril ± s'amorcera lundi à midi, heure locale. Les partisans d'une enquête publique se rassembleront au parc Victoria, à Halifax. Cette manifestation sera retransmise en direct sur Facebook.

«Ce fut une horreur, un traumatisme énorme pour tout le pays. La réponse inadéquate du gouvernement devrait vraiment nous enrager tous», souligne Mme Paynter.

Les familles des victimes, des défenseurs des droits des femmes, des avocats et même des sénateurs fédéraux ont exhorté les gouvernements à lancer une enquête publique sur la tragédie afin de savoir ce qui s'est passé et en comprendre les raisons.

Le comité d'examen — composé de M. MacDonald, de l'ancienne ministre fédérale Anne McLellan et de l'ancienne cheffe de police de Fredericton, Leanne Fitch — a suscité de nombreuses critiques. On lui reproche de ne pas avoir assez de pouvoirs et de manquer de transparence.

Une pétition en ligne réclamant une enquête publique avait recueilli samedi après-midi plus de 10 000 signatures. Un groupe Facebook de Néo-Écossais partisan d'un tel forum comptait plus de 9000 membres.

Les gouvernements fédéral et provincial ont défendu leur décision, disant que c'était la meilleure façon pour lancer rapidement un examen de la tuerie.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a souligné que le comité pourrait demander de l'aide de son gouvernement s'il en avait besoin.

Selon Jenny Wright, une autre co-organisatrice de la grève de lundi, une enquête publique demeure le meilleur moyen pour aller au fond des choses et éviter de nouvelles tueries.

«Nous devons mener une enquête qui examine les liens explicites entre la misogynie, la violence contre les femmes et les tueries, ici comme ailleurs au Canada», demande-t-elle.