La députée de Jonquière aux Communes, Karine Trudel, a été une sérieuse candidate pour l’obtention du titre du député qui représente le mieux ses concitoyens aux Communes. Elle a apprécié cette expérience puisque ce sont ses collègues qui ont reconnu son travail.

Trudel fière de son bilan

Le dernier sondage Léger place le Parti libéral du Canada dans une zone de gouvernement, tout comme le Parti conservateur du Canada. Le NPD arrive derrière le Parti vert. Malgré cette photo instantanée de l’humeur de l’électorat, la députée néo-démocrate Karine Trudel ne regrettera jamais d’avoir dit non aux émissaires libéraux qui ont défilé pour la convaincre de traverser de l’autre côté des Communes.

« C’est une question d’intégrité, tranche rapidement celle qui jouera son avenir au cours des prochaines semaines en se lançant dans une deuxième campagne électorale. Je ne pouvais pas faire ça aux électeurs de Jonquière qui avaient vécu leur part de déception avec l’ex-député fédéral. »

Le pouvoir permet à un certain nombre de députés de devenir ministres et d’être au-devant de la scène. Karine Trudel est éprise de justice sociale et d’égalité homme-femme. Elle apprécie tout autant son espace de liberté pour défendre ces principes au sein du NPD qu’un rôle au sein d’un gouvernement.

« Le travail d’un député est d’aider ses concitoyens qui ont des problèmes avec l’appareil gouvernemental. Ça ne fait pas les manchettes quand on passe une heure dans notre bureau pour écouter leur situation. Après, on se met dans le téléphone et on tente de trouver une solution. Ça ne parait pas et c’est confidentiel. Mais c’est important », explique celle qui a rapidement attiré l’attention des stratèges libéraux en raison de la pertinence de ses interventions aux Communes.

« Le gouvernement a mis en place un système d’inscription automatique pour que les citoyens obtiennent la prestation de supplément de revenus garantis. J’ai fait la tournée des clubs de l’âge d’or et des autres organismes communautaires pour m’assurer que les personnes qui avaient droit à cette prestation la reçoivent. J’ai eu un cas ou un monsieur aurait normalement dû recevoir sa prestation depuis 18 mois. La loi ne permet pas de reculer plus d’un an », reprend la députée.

Karine Trudel, députée néo-démocrate de Jonquière

Karine Trudel ne passe pas l’été à courir les BBQ pour rencontrer les électeurs comme le laissent entendre les journalistes pour l’ensemble des députés qui rentrent à la maison pour la période estivale qui précède les élections. Elle fait exactement ce qu’elle a fait depuis quatre ans en participant aux événements de son comté. Elle assumera la présidence d’honneur de Saveurs et Trouvailles pour une deuxième année. Elle a été présente lors du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay.

« Je vais visiter les producteurs agricoles. Je continue la visite des entreprises de mon comté. Il faut toujours se tenir informé des besoins des citoyens et de ceux de nos entrepreneurs. Même si la politique fédérale semble éloignée du citoyen, il est possible de faire des interventions pour les aider. Notre travail consiste aussi à rapprocher la politique des citoyens. »

Dans le cadre de ce premier mandat, Karine Trudel a appris une leçon qu’elle va retenir longtemps et c’est la notion de politique partisane à la Chambre des Communes. Elle considère que les formations politiques auraient intérêt à faire preuve d’une plus grande unité quand un projet de loi peut avoir des effets bénéfiques à court terme pour les citoyens et surtout permettre de régler des problèmes importants pour des régions du pays.

« Nous avons repris l’idée de l’ex-député bloquiste Robert Bouchard d’un crédit d’impôt de 9000 $ pour les jeunes qui reviennent dans la région. C’était un bon projet de loi pour aider à ramener des jeunes en région. Malgré qu’il s’agisse d’un projet de loi bon pour les citoyens, il n’a pas été adopté », raconte la députée de Jonquière.

Bilan

Au chapitre du bilan, Karine Trudel considère avoir très bien représenté les intérêts des citoyens de Jonquière en répondant rapidement aux problèmes personnels vécus avec l’appareil gouvernemental. Elle ajoute aussi tout le volet régional de son travail de député qui n’est pas passé inaperçu et qui a permis d’amener aux Communes des préoccupations du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« J’ai été la première députée à réclamer du gouvernement canadien un programme de prêts pour soutenir les entreprises forestières quand la surtaxe a été imposée afin d’aider nos usines régionales. J’ai aussi été impliqué pour tout le dossier de la taxe sur l’acier et l’aluminium afin d’obtenir de l’aide pour les entreprises de la région qui devaient composer avec ce problème sérieux », rappelle Karine Trudel.

Karine Trudel devient soudain plus silencieuse quand on aborde la prochaine campagne. Elle préfère attendre le moment opportun pour faire état de ses propositions aux citoyens de la circonscription de Jonquière.

+ UN ACCORD AVEC SES PARENTS

La vie de Karine Trudel est réglée au quart de tour pour lui permettre d’assumer pleinement son travail de député de Jonquière qui doit séjourner à Ottawa tout en jouant son rôle de mère monoparentale auprès de ses deux garçons de 11 et 13 ans.

Karine Trudel précise que sans le soutien indéfectible de ses parents, elle n’aurait pas été en mesure de faire le saut en politique fédérale. Il n’était pas question pour elle de déménager ses garçons à Ottawa ou de laisser ses enfants à d’autres personnes que ses propres parents.

« Quand j’ai pris la décision de me lancer en politique en 2015, c’était avec l’accord de mes parents. Nous avons encore discuté de ce qui allait se passer et je me représente avec le même accord. »

Karine Trudel s’impose une discipline très serrée. La fin de semaine est dédiée à ses garçons entre deux voyages à Ottawa. Elle reprend le temps perdu de la semaine et s’attable avec ses fils pour la préparation des travaux scolaires. « C’est différent aujourd’hui avec les communications », ajoute-t-elle.

La députée de Jonquière va se lancer dans la bataille avec la seule idée de remporter la victoire. Elle a déjà complété tout le financement de sa campagne et sait exactement comment va coûter chaque journée.

Karine Trudel a quitté un emploi de factrice à Postes Canada. Le lien d’emploi n’a pas été coupé, mais Karine Trudel sait bien que ce type d’emploi n’existe plus. Ce qui signifie qu’en cas de défaite, elle devra repenser sa carrière.

« Avec mon expérience, je pense qu’on va s’intéresser à moi. »

Habituellement, les députés qui répondent toujours présents quand les citoyens se présentent au bureau résistent aux campagnes électorales. Ils perdent habituellement leur comté quand une vague déferle et rien ne présage un tel scénario pour le prochain scrutin.

Karine Trudel se prend même à penser à un rôle plus important dans un contexte de gouvernement minoritaire ou le parti qui formera le gouvernement devra pactiser avec d’autres formations pour former le gouvernement.