Priscilla Bourgeois, une infirmière de Jonquière, pense que la solution passe par une plus grande offre de garderies ainsi qu’une offre de dépannage.
Priscilla Bourgeois, une infirmière de Jonquière, pense que la solution passe par une plus grande offre de garderies ainsi qu’une offre de dépannage.

Trouver une place en garderie: encore pire en temps de pandémie

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le casse-tête afin de trouver une place en garderie, pour Priscilla Bourgeois, ne finit plus. C’est la cinquième fois que la mère de Jonquière, infirmière de profession, doit recommencer ses recherches pour trouver une place pour sa fille de 2 ans. La pandémie de COVID-19 ne fait que compliquer les choses.

« Depuis que je suis mère, j’entends les histoires d’horreur de parents qui tentent de trouver une place en garderie. C’est toujours la même affaire et le retour au travail des parents se trouve souvent compromis », a-t-elle raconté, dans un entretien avec Le Quotidien.

Plusieurs garderies ont fermé leur porte pour des raisons de santé de leurs employés et ceux qui sont ouverts n’ont pas la possibilité de garder le même nombre d’enfants qu’auparavant. Les garderies d’urgence vont également fermer leurs portes.

Tout au long de sa recherche, la famille a été inscrite à La Place 0-5, l’outil provincial qui permet de trouver un service de garde, mais cela n’a pas donné de résultat. Les parents ont dû faire, comme plusieurs, leurs recherches eux-mêmes.

Comme Mme Bourgeois est infirmière, elle jongle avec des horaires atypiques et irréguliers. Son besoin de gardiennage est parfois loin des normes, comme les soirs et les fins de semaine.

La première garderie qu’ils ont trouvée n’a finalement pas ouvert à cause de problèmes légaux. La deuxième a annulé leur place à la dernière minute. Une autre a fermé après quelque temps. La quatrième a été la bonne. Leur petite était dans un milieu familial avec une éducatrice en or. Malheureusement, cette dernière a un enfant avec une santé fragile et a fermé ses portes lorsque la pandémie a commencé. C’est un retour à la case départ pour les parents.

Si, depuis quelque temps, la famille du couple était en mesure de les aider, ce n’est plus le cas. L’âge de certains et le retour au travail de d’autres ne leur permettent plus de s’occuper de la petite.

La mère ne sait plus quoi faire. Elle pense que si la situation continue, elle devra quitter son emploi. « La situation est aberrante et anxiogène. C’est le comble du comble, ça n’a plus de bon sens. C’est sûr qui va falloir trouver une solution de dépannage, dans l’immédiat, sinon ils vont perdre des employés », a-t-elle avoué.

Mme Bourgeois pense que la solution passe par une plus grande offre de garderies. Elle notait qu’il n’y avait présentement aucune garderie ouverte le soir à Jonquière. Elle aimerait également que les travailleurs de l’hôpital soient davantage accommodés, avec par exemple une garderie de dépannage. Elle pense que le manque de places amène plusieurs parents à envoyer leurs enfants chez des personnes à risque, par manque de choix.

Elle espère que le fait de dénoncer la situation aidera à faire bouger les choses. « Je suis certaine que je ne suis pas la seule à avoir ces problèmes-là. La recherche de garderie est compliquée. Il n’y a jamais assez de places et, en plus, les travailleurs de la santé ne sont pas accommodés », a-t-elle déploré.

Le CIUSSS sur le dossier

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean a affirmé au Quotidien que plusieurs employés avaient manifesté des préoccupations à ce sujet. L’organisation explore différentes solutions qui pourraient répondre aux besoins du personnel, mais ne peut rien confirmer pour l’instant.

Même si cela ne constitue pas une solution à long terme, la mesure de places temporaires en dépannage est envisagée, dans l’immédiat. Des discussions entre le ministère de la Famille et le ministère de l’Éducation sont en cours pour identifier des solutions à plus long terme.