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Jean-François André, Élizabeth Bravetti et leurs deux enfants, Joseph, 4 ans, et Sonny, deux mois.
Jean-François André, Élizabeth Bravetti et leurs deux enfants, Joseph, 4 ans, et Sonny, deux mois.

Trouver la terre de rêve en région

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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C’est en participant au programme ARTERRE, qui facilite le jumelage entre les aspirants agriculteurs et les propriétaires de ferme, que Jean-François André et Élizabeth Bravetti, de la Montérégie, ont trouvé la terre de leur rêve à Saint-André-du-Lac-Saint-Jean. Ils souhaitent ainsi offrir un rythme de vie plus axé sur la nature à leurs deux jeunes enfants, tout en cultivant des petits fruits, des légumes, des produits forestiers non ligneux et des plantes médicinales, comme la lavande.

En se promenant sur leur terre, qui compte 10 acres cultivables et 85 acres forestiers, qu’ils ont acquis au début du mois de juin, Jean-François André et Élizabeth Bravetti parlent de tous les produits qui sont déjà implantés. Le couple de Saint-Zotique souligne que l’on retrouve notamment des camerises, des prunes, des cerises, des pommes, des avelines, des groseilles, des cassis et des framboises.

Au cours de l’été, Jean-François André souhaite mettre en terre des fraises, tout en planifiant la construction de deux serres, qui seront érigées l’an prochain, si tout fonctionne comme prévu.

Élizabeth Bravetti, qui a donné naissance à leur deuxième enfant, Sonny, il y a deux mois, rêve pour sa part de mettre en valeur les produits forestiers non ligneux et des plantes médicinales, comme la lavande, ainsi que l’agrotourisme.

« On veut faire de la culture biologique en misant sur le concept de terre régénératrice avec des engrais verts », dit-il, en ajoutant que la terre, composée d’un mélange de prairie et de forêt, à proximité d’un cours d’eau, est exactement ce qu’il recherchait.

« On veut que les enfants aient un bel espace pour s’amuser en connectant avec la nature », renchérit Elizabeth Bravetti, 28 ans, en soulignant que la source d’eau qui alimentait jadis le village se trouve sur leur terrain.

Un rêve qui s’est précipité avec la pandémie

« Ç’a toujours été un rêve pour moi, mais j’avais mis le projet de côté pour quelques années parce que je m’étais investi dans la boxe, souligne le passionné de 36 ans qui a été élevé par des parents qui faisaient de la culture en serre. La pandémie a précipité le projet de quelques années, d’autant plus que la flambée des prix des terres nous a incités à investir plus tôt. »

Gervais Laprise, agent de maillage de l’ARTERRE et conseiller du secteur agricole au CLD Domaine-du-Roy. 

Avec une forte envie de changer de vie pendant la pandémie, le couple a mis sa maison à vendre avant même d’avoir trouvé une terre pour s’installer.

Le couple avait toutefois entrepris des démarches avec le programme ARTERRE, qui facilite le maillage entre les aspirants agriculteurs et les producteurs cherchant une relève pour leur entreprise.

Avec la flambée des prix des terres, le couple savait qu’il devait s’éloigner de la ville pour trouver une terre abordable. Ils magasinaient d’abord en Estrie, en Outaouais et au Bas-Saint-Laurent, jusqu’à ce qu’ils trouvent des terres intéressantes au Lac-Saint-Jean sur le site de l’ARTERRE, en travaillant avec leur agente de maillage locale.

« Nous sommes 38 agents de maillage au Québec qui travaillons pour aider les agriculteurs à trouver leur terre de rêve », note Gervais Laprise, conseiller senior du secteur agroalimentaire pour le CLD Domaine-du-Roy.

Le couple a alors présenté son projet d’affaires et raconté sa vie à leur agente pour qu’elle comprenne vraiment leurs besoins. « Ça fait vraiment la différence de pouvoir compter sur quelqu’un de confiance qui nous accompagne dans le processus », note Jean-François.

L’agente locale les a alors mis en contact avec Gervais Laprise, l’agent de l’ARTERRE du Lac-Saint-Jean, qui a organisé un séjour exploratoire pour visiter cinq fermes, en février dernier.

« Pour le propriétaire, la vente à travers le programme ARTERRE est un peu différente de vendre avec un agent d’immeuble, parce qu’on recherche quelqu’un qui va cultiver la terre, explique Gervais Laprise. Ça permet de conserver le patrimoine agricole qu’ils ont bâti. »

Réal Tremblay, un citoyen de Chambord qui avait travaillé 20 ans sur les Jardins de la Martine, est très heureux de voir que le travail qu’il a accompli sera utile pour la petite famille.

Gervais Laprise, agent de maillage de l’ARTERRE, discute des projets d’avenir sur la terre avec Élizabeth Brazetti. 

« On a pu monter un projet de 466 000 $, qui inclut la construction de deux serres, alors qu’une terre similaire à elle seule aurait coûté plus d’un million de dollars dans mon coin », souligne Jean-François.

Sur ce montant, le couple recevra près de la moitié en subvention, notamment du CLD (10 000 $) et de différents programmes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), dont un pour la relève agricole.

Charmés par la chaleur du lac

La petite famille qui compte deux jeunes garçons de 4 ans et 2 mois s’est installée au mois d’avril à Saint-André. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour qu’ils s’intègrent. « On s’est fait rapidement des amis, souligne Elizabeth. Les gens sont vraiment sympathiques et faciles d’approche. »

L’organisme Place aux jeunes a aussi facilité l’intégration en offrant du soutien financier pour l’entrevue et pour le déménagement en plus d’un panier de produits locaux et un gros rabais pour un passeport au Zoo de Saint-Félicien.

La petite famille a aussi profité de la fête de la pêche pour aller taquiner le doré sur le lac Saint-Jean. Joseph, 4 ans, a sorti un gros poisson.

« On se sent vraiment libres ici », conclut Élizabeth.

Revitaliser les régions agricoles

« Quand une famille de quatre personnes s’installe à Saint-André, qui compte 474 habitants, c’est comme si 1000 personnes allaient s’établir à Terrebonne », image Gervais Laprise pour démontrer l’importance d’un programme de jumelage comme l’ARTERRE.

Après avoir été créé en 2015 dans le sud du Québec, c’est en décembre 2018 que l’ARTERRE s’est implanté dans la région. Comme il faut beaucoup de temps pour développer des projets agricoles, l’initiative commence à porter fruit. « L’arrivée de Jean-François et d’Elizabeth est notre premier maillage réussi, mais quatre autres projets sont très avancés », ajoute Gervais Laprise.

Lors du séjour exploratoire du couple en février dernier, Gervais Laprise leur a fait visiter 5 fermes, et c’est à Saint-André qu’ils ont trouvé leur terre de rêve. 

À l’échelle du Québec, 110 maillages ont été concrétisés depuis la mise en place du programme.