Stéphane Forget, Marie-Line Duchesne et Édith Tremblay organisent la première édition du colloque régional de l’Institut des troubles d’apprentissage (ITA), qui aura lieu samedi à l’école Odyssée-Lafontaine.

Troubles d'apprentissage: les parents et les enseignants outillés

Il y a quelques années, les troubles d’apprentissage (TA) étaient un sujet tabou. Cette époque est révolue et aujourd’hui, les enfants aux prises avec des conditions comme la dysphasie et la dyspraxie ou confrontés à un trouble du déficit de l’attention peuvent bénéficier des outils et du soutien nécessaires pour poursuivre leur cheminement. De plus, les bénévoles d’un nouveau regroupement régional, qui tient samedi la première mouture d’un colloque destiné aux parents et aux intervenants, ont de très bonnes pistes à fournir aux familles TA.

L’événement a lieu à l’école secondaire Odyssée-Lafontaine à compter de 9h. C’est la première fois que l’Institut TA, un organisme montréalais, exporte son colloque au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour l’occasion, une dizaine de spécialistes en neuropsychologie, en orthopédagogie, en enseignement et en santé livreront des conférences et animeront des groupes de discussions. Tous les parents interpellés par le sujet sont invités à participer. Le coût est de 50$ par personne ou de 75$ pour deux participants.

Orthopédagogue de profession et propriétaire d’une clinique privée à Arvida, Marie-Line Duchesne fait partie du petit groupe de parents qui a voulu relancer les services destinés aux personnes aux prises avec des troubles d’apprentissage en région. En collaboration avec Stéphane Forget et Édith Tremblay, elle a organisé le colloque, en portant le chapeau de bénévole pour l’Institut TA. Pendant quatre ans, elle et ses collègues ont travaillé d’arrache-pied pour favoriser la réouverture de l’Association québécoise des troubles d’apprentissage (AQETA), fermée depuis quatre ans. Leurs efforts ont mené à la naissance du pendant régional de l’Insitut TA. Pour Marie-Line Duchesne, l’existence du regroupement, et la tenue du colloque sont de bonnes raisons de se réjouir.

«La bonne nouvelle est que nous avons réussi à avoir le colloque-parents de l’Institut TA dans la région. C’est un colloque qui existe à Montréal depuis six ans et qui a été fait pour la première fois l’an dernier à Québec. Les conférences sont faites pour les parents et traitent d’une grande variété de problèmes, car il y a une grande variété de troubles d’apprentissage», fait valoir l’organisatrice du colloque qui arbore le thème «Grandir dans un monde de différences».

Conférence d’ouverture

Une conférence d’ouverture sera prononcée par le fondateur de la Web Shop, Keyven Ferland, qui parlera des défis auxquels il a dû faire face. Parmi les spécialistes invités, citons notamment Éric Guay, psychoéducateur à la Commission scolaire De La Jonquière, Joannie Caron, pédiatre au CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Palin, conseillère pédagogique à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, et Marie-Pierre Baron, de l’Unité d’enseignement en adaptation scolaire et sociale de l’UQAC. La conférence de Mme Baron portera sur la lecture interactive et les façons d’intervenir au quotidien.

Dans la peau d'un dyslexique

Marie-Line Duchesne se mettra pour sa part dans la peau d’une personne dyslexique. 

Elle s’est fixé pour objectif d’aider les gens, avec humour, à mieux comprendre, dans le plaisir, ce que vit un dyslexique, le tout dans le but de prendre des décisions logiques avec l’enfant ou pour soi-même. Le langage au coeur des apprentissages sera exploré par l’orthophoniste Marie-Claude Desrochers, aussi à l’emploi du CIUSSS. Enfin, les sujets de l’ergothérapie et des fonctions exécutives seront abordés. C’est la doctorante en neuropsychologie Fauve Houmounou qui présentera une conférence sur ces fonctions mentales essentielles dans le développement social, psychologique et cognitif de l’enfant. 

Une centaine de personnes sont attendues et Marie-Line Duchesne espère que le taux de participation favorisera le retour de l’activité l’an prochain.

«Avant, les gens ne disaient pas qu’ils avaient un trouble d’apprentissage. C’était quelque chose de gênant. Aujourd’hui, on n’est plus dans le drame. On comprend plus les TA et ce que je vois dans ma pratique depuis 10 ans, c’est très beau. Les personnes qui ont un trouble d’apprentissage sont des personnes différentes parce qu’elles ont développé une certaine zone de créativité. Il y a des avantages qui ressortent de ces difficultés», conclut l’organisatrice, elle-même aux prises avec un trouble du déficit de l’attention.