Trou de la Fée de Desbiens: plein les yeux sur 360 degrés [VIDÉO]

Dynamiter le granit du Bouclier canadien et construire une salle de projection pour diffuser un spectacle immersif de 360 degrés. C’est « l’idée de fou » lancée par Gerry Desmeules, il y a quelques années, pour le Parc de la caverne Trou de la Fée de Desbiens.

Le directeur général de la Société récréotourisque de Desbiens était bien fier de présenter le tout nouveau pavillon d’accueil et le spectacle Écho, le bruit des pierres, un projet de trois millions $, jeudi matin.

La production du spectacle a nécessité 10 000 heures de travail.

Le spectacle de 21 minutes est projeté directement sur le roc, dans le sous-sol du nouveau pavillon, et rappelle les grands événements intimement liés à l’histoire et à la vie sociale, économique et touristique du Trou de la Fée, de la municipalité de Desbiens et de sa population.

« On voulait avoir l’ADN du site. Ici, c’est le roc, le Bouclier canadien, du granit. On ne voulait pas avoir un bâtiment rectangulaire avec quatre murs. On a décidé de dynamiter un trou et d’en faire une salle de projection de sept mètres de haut et de 16 mètres de diamètre, ce qui a été un défi, parce qu’on voulait avoir un 360 degrés. Il a fallu oser d’audace pour le faire », a expliqué M. Desmeules, remerciant au passage l’ingénieur Louis-Marie Gauthier, « quelqu’un qui a cru dès le départ à cette folie ».

Le plus gros défi vient du fait que les responsables ont travaillé « à l’envers du bon sens ». Ils ont commencé par dynamiter le sous-sol et ont ensuite ajusté la bâtisse en fonction du trou.

« Le défi a été réellement de projeter sur de la roche qui n’est pas égale. Quand les créateurs sont arrivés sur place pour la première, ils ont poussé un soupir de satisfaction. ‘‘Ouf, ça marche ! ’’ », a mentionné M. Desmeules, ajoutant que le projet a pris quatre ou cinq ans avant de se concrétiser, le temps de terminer la recherche, le développement, l’écriture du scénario et le financement.

Patrick Leduc, Nicolas Martel et Mélanie Brassard étaient bien fiers de présenter le nouveau spectacle et le pavillon d’accueil.

Les images, les effets sonores et les jeux de lumière ont été orchestrés par TKNL Créateurs d’expériences, une entreprise de Montréal qui avait répondu à l’appel d’offres il y a deux ans.

Il s’agit de son quatrième projet au Saguenay–Lac-Saint-Jean, après le Zoo sauvage de Saint-Félicien, l’Odyssée des Bâtisseurs et plusieurs collaborations avec Val-Jalbert.

« On a visité ce qui n’était alors qu’un trou de roches – extraordinaire, cela dit. On a rencontré Gerry, qui a eu cette idée folle de faire une salle multimédia dans cette espèce de roche éclatée. À partir de là, il y a eu un gros travail de scénarisation et de conception, ainsi qu’un gros travail technique. Il a fallu numériser la pierre telle qu’elle était et se convaincre nous-mêmes qu’on pouvait projeter sur une surface aussi accidentée. Et on a fait tout ce qu’il fallait pour y arriver. On a cheminé à travers tout ça, tout en n’ayant pas de salle, pas de local où on allait projeter. C’était donc un travail à l’aveugle pendant presque un an et demi. On se posait beaucoup de questions, et finalement, ça s’est construit », s’est réjoui le producteur et directeur artistique chez TKNL, Patrick Leduc.

La réalisation a nécessité 10 000 heures de travail, réparties sur 20 mois. M. Leduc se réjouissait d’avoir pu faire appel à des talents, des partenaires et des fournisseurs d’ici, notamment la population de Desbiens et de Mashteuiatsh, qui s’est prêtée au jeu de la comédie.

« C’est un spectacle assez prenant, assez surprenant en 360 degrés et avec beaucoup d’effets, beaucoup d’éclairage et une spatialisation sonore assez réussie. C’est vraiment un spectacle à haut déploiement, mais qui reste toutefois poétique. On ne voulait pas aller dans la didactique, mais plutôt aider les gens à comprendre ce qu’ils voient dans le parcours », a précisé M. Leduc.

Le spectacle, diffusé aux 30 minutes, s’ajoute aux passerelles, sentiers et tyroliennes, notamment.

Nouveau pavillon

La conférence de presse a aussi été l’occasion de présenter le nouveau pavillon d’accueil, qui élève le Trou de la Fée « à un niveau supérieur et qui lui permet de faire partie des grands de l’industrie touristique au Québec », a souligné Mélanie Brassard, présidente de la Société récréotouristique de Desbiens, ajoutant que la construction s’intègre bien au paysage et que la terrasse permet d’observer le panorama.

Le Trou de la Fée a maintenant un nouveau pavillon d’accueil.

Le maire de Desbiens, Nicolas Martel, a quant à lui profité de sa tribune pour souligner la vision Gerry Desmeules, qui fait du Trou de la Fée « un site mondial ».

La députée caquiste de Roberval, Nancy Guillemette, était présente à l’événement, de même que plusieurs partenaires qui ont rendu le projet possible, soit Développement économique Canada pour les régions, le ministère du Tourisme du Québec, Desjardins, la Corporation d’innovation et développement Alma–Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL), les MRC de Lac-Saint-Jean-Est et du Domaine-du-Roy, le CLD du Domaine-du-Roy et les municipalités de Desbiens, de Chambord et de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean.

La terrasse du nouveau pavillon d’accueil offre une vue imprenable sur le site.