Cynthia Ouellet et Mireille Marcil ont récolté 8000$ dans le cadre du projet.

Trophée Roses des Sables: une bibliothèque financée par deux Dolmissoises

Mezguida, MAROC — Il arrive souvent que des personnes fassent des oeuvres humanitaires sans jamais pouvoir en voir le résultat. Pour Mireille Marcil et Cynthia Ouellet de Dolbeau-Mistassini, ce fut tout le contraire. Elles ont assisté à l’inauguration de la bibliothèque qu’elles ont aidé à financer dans une école primaire, à Mezguida au Maroc.

Elles s’y sont rendues en marge du Trophée Roses des sables, qu’elles ont commencé samedi matin en plein désert marocain. À la fin de la première étape, toutes les 280 participantes étaient reçues à Haroune, un petit village traditionnel, où plein d’initiatives sont mises sur pied en collaboration avec l’organisme Enfants du désert. Mais les deux Dolmissoises ont plutôt été amenées (en compagnie du journaliste) à quelques kilomètres de là, où elles ont pu constater à quoi ont servi les 8000$ qu’elles ont récoltés au sein de la communauté de Dolbeau-Mistassini.

Cynthia Ouellet et Mireille Marcil ont été reçues dans la bibliothèque qu’elles ont financée à l’école de Mezguida au Maroc.

Les deux mères de famille trépignaient à l’idée d’enfin rencontrer les petits Marocains de l’école de Mezguida, une localité d’environ 1000 habitants.

Une bannière a été présentée comprenant tous les noms des individus et des entreprises qui ont contribué à la campagne.

Sur place, elles ont été accueillies par une délégation comprenant entre autres le directeur de l’école et un enseignant, Blaghmi Abdelhak. La nouvelle bibliothèque comprenait notamment un tout nouveau mobilier et des centaines de bouquins, la plupart en arabe, mais plusieurs aussi en français, la langue étant enseignée dès la première année. Mireille et Cynthia ont reconnu plusieurs classiques, dont certains de leurs livres préférés. Un repas local leur a même été servi exceptionnellement dans la bibliothèque, soit du thé sucré et du madfouna, un pain fourré à la viande et aux oignons.

Les deux femmes étaient très émues alors que les enfants leur présentaient ce qu’ils avaient préparé pour elles.

Dans le cadre d’une activité du club Rotary, les deux amies avaient observé un projet mis sur pied au Cambodge, et c’est là qu’avait germé l’idée d’ajouter un volet supplémentaire à leur collecte de fonds pour participer à ce rallye dans le désert, dont une portion consiste déjà à redonner aux populations locales. «Il y avait du parrainage d’enfants, mais on voulait faire quelque chose de plus communautaire. (…) C’est vraiment génial et extraordinaire de voir les enfants contents», a raconté Mireille Marcil tout juste après avoir enfin rencontré les jeunes écoliers.

Ce livre en arabe fait partie de la nouvelle collection de livres à l’école de Mezguida au Maroc.

Elles ont été reçues dans les trois classes de l’école, où les élèves avaient appris, entre autres choses, une chanson en français. L’école comprend les six niveaux du primaire, mais la moitié des quelque 170 élèves est présente le matin et l’autre en après-midi, et ce, en alternance en raison du manque d’espace. Une bannière a été présentée comprenant tous les noms des individus et des entreprises qui ont contribué à la campagne.

«C’est très gentil de leur part. Je suis très fier. Ils ont fait quelque chose de particulier. C’est un geste très civil, très sympathique. Ça peut aider à changer la direction des études des enfants. C’est très touchant et elles sont très généreuses. Elles ont l’air contentes et je vois qu’elles sont très proches des petits», a raconté Blaghmi Abdelhak dans un excellent français.

Ces jeunes filles marocaines ont envoyé des baisers à Mireille Marcil et Cynthia Ouellet pour les remercier.

Cynthia Ouellet avait surtout hâte de pouvoir enlacer les petits, elle qui a deux enfants âgés de cinq à neuf ans. L’émotion se lisait sur son visage, alors qu’elle se nourrissait des sourires de ceux qui venaient dans ses bras. «J’aurais de la misère présentement à mettre un mot sur ce que je ressens», disait-elle tout juste auparavant. Tout comme Mireille, elle s’est investie dans ce projet en raison de l’effet qu’a à lecture sur le développement des enfants.