La Ligue des propriétaires de Vauvert anticipe la disparition de la pointe Langevin avant la fin de l’année .

Trop peu trop tard pour la pointe Langevin

La Ligue des propriétaires de Vauvert dénonce, une fois de plus, l’érosion qui gruge la pointe Langevin. Le regroupement de citoyens concernés va même jusqu’à annoncer la disparition de cette portion de terre de Vauvert, au Lac-Saint-Jean, et ce, avant la fin de l’année.

Des photos tirées de la page Facebook de la Ligue des propriétaires de Vauvert permettent de constater les ravages qui ont eu lieu au courant des derniers jours.

« Cette semaine, c’est une partie de 20 mètres de circonférence qui a disparu. Cela crée une brèche dans la pointe à 40 mètres. Les vents de cet automne vont finaliser le travail. Sinon, le printemps s’occupera de le faire », a affirmé le président de la Ligue des propriétaires de Vauvert, Daniel Murray, lorsque joint par Le Quotidien.

Le mal est fait, selon M. Murray, qui est d’avis « qu’il est trop tard pour sauver la pointe Langevin ». La comparaison entre deux photos prises à une semaine d’intervalle permet de confirmer un autre détachement d’une partie de la pointe. La parcelle de terre qui se retrouve maintenant à l’eau a emporté des arbres et de la végétation.

Portes closes

« Côté politique, aucun élu ne veut s’engager. Lors des élections, on a approché les partis avec un questionnaire. Personne ne nous a répondu. On a simplement reçu un accusé de réception de Philippe Couillard », a-t-il laissé tomber.

En août dernier, le groupe citoyen a réclamé l’intervention du gouvernement fédéral. Le député fédéral de Lac-Saint-Jean et ancien maire de Dolbeau-Mistassini, Richard Hébert, avait refusé, rappelant que ce dossier n’était pas de compétence fédérale.

Daniel Murray assure avoir senti un changement négatif dans l’attitude de Rio Tinto depuis 2017, soit au moment du dépôt du rapport de la firme WSP affirmant que la petite rivière Péribonka était à l’origine de l’érosion. Selon lui, la multinationale s’est occupée de ce secteur au courant des 50 dernières années, mais il est désormais à l’abandon. « Depuis l’étude, il n’y a plus de travaux. C’est l’abandon », ajoute-t-il.

« Il faut qu’un geste soit posé pour arrêter l’hémorragie, qu’il soit gouvernemental ou industriel, par Rio Tinto. Sinon, les riverains vont en subir les contrecoups », conclut M. Murray.

Une autre décrochement de terrain a eu lieu, au courant de la dernière semaine, à la pointe Langevin de Vauvert.

Rio Tinto réagit

Par courriel, la porte-parole de Rio Tinto pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, Xuân-Lan Vu, a commenté la situation. « On est conscients de la problématique du bout de la pointe Langevin. Nous avons investi près d’un demi-million $ pour réaliser des études techniques et mieux comprendre le phénomène. La cause de l’érosion est fluviatile (courant plus élevé des dernières années entre la Petite rivière Péribonka et la rivière Péribonka). C’est une situation très complexe, qui ne peut être prise en charge par le Programme de stabilisation des berges en raison de la cause de l’érosion. Cependant, nous continuons à travailler en collaboration avec le milieu et les intervenants, comme nous le faisons depuis le début », a-t-elle mentionné.