Trop de malbouffe pour les jeunes

Le nombre d’adultes qui consomment les portions recommandées en fruits et légumes est à la baisse, les jeunes mangent fréquemment de la malbouffe dans les restaurants et moins de mères allaitent leur bébé dans la région qu’ailleurs en province. Voilà quelques constats qui ressortent du Portrait des habitudes alimentaires de la population régionale rendu public par le CIUSSS dans le cadre du mois de la nutrition.

Le CIUSSS du Saguenay−Lac-Saint-Jean souhaite alimenter la réflexion en proposant une synthèse des habitudes alimentaires de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

Le document s’attarde sur quatre thèmes, soit la consommation de fruits et de légumes, les conditions socioéconomiques et l’insécurité alimentaire, la consommation de malbouffe, de grignotines ou de boissons sucrées, et finalement, l’allaitement maternel. 

« Plusieurs éléments influencent les choix alimentaires des individus. Le portrait démontre que les habitudes alimentaires peuvent varier selon certaines caractéristiques individuelles : le sexe, l’âge ou la scolarité, par exemple. Mais au-delà des caractéristiques des individus, les choix personnels sont aussi largement influencés par l’environnement dans lequel ils évoluent : leur ville, leur milieu de travail, leur école ou encore leur service de garde », explique Marie-Claude Clouston, agente de planification, programmation et recherche à la Direction de santé publique du CIUSSS du Saguenay−Lac-Saint-Jean.

Le rapport conclut donc qu’en agissant sur plusieurs fronts, les différents acteurs du milieu peuvent accroître le bien-être des individus et des communautés de la région.

Consommation de légumes et de fruits 

Le nombre d’adultes qui respectent les recommandations du Guide alimentaire canadien quant à la consommation de fruits et de légumes est faible et en baisse depuis 2007 dans la région. 

Le manque de temps et d’idées pour les cuisiner pourrait expliquer en partie ces résultats. 

Seulement 31 % des élèves du secondaire consomment tous les jours le nombre de fruits et légumes recommandé par le Guide alimentaire canadien. 

De plus, 13 % des élèves ont déclaré boire cinq portions ou plus de jus de fruits pur à 100 % par jour, ce qui laisse croire que plusieurs portions de fruits et légumes sont consommées sous forme de jus, une source concentrée de sucre qui contient peu de fibres. 

En 2012, 18 % des adultes de la région ont déclaré respecter les recommandations du Guide alimentaire canadien en terme de portions de fruits et légumes, une baisse par rapport à 2007 alors que 22 % des adultes disaient les respecter.

Les femmes de 18 ans et plus devraient en consommer sept par jour, les hommes huit jusqu’à 50 ans, puis sept par la suite. Ils en consomment respectivement en moyenne 4,9 et 3,7 chaque jour. 

Les conditions socioéconomiques et l’insécurité alimentaire

Le rapport établit également que le revenu, la scolarité, l’accès au transport et la part du budget réservé au logement influencent les habitudes alimentaires.

Le pourcentage d’adultes qui respectent les recommandations du Guide alimentaire canadien augmente avec le niveau de scolarité et le revenu familial. 

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 13 % des adultes vivaient une situation plus ou moins grave d’insécurité alimentaire en raison d’un manque d’argent en 2012. 

Plus de 29 000 adultes manquent de nourriture ou craignent en manquer. Un nombre auquel il faut ajouter les enfants qui vivent dans ces familles. 

Pour les personnes à faible revenu, l’accessibilité au transport est souvent un problème. Le document souligne que 74 % de la population régionale habite un secteur où le potentiel piétonnier est faible ou moyen. 

Consommation de malbouffe, de grignotines ou de boissons sucrées 

La consommation de boissons sucrées et de malbouffe dans les restaurants est fréquente, notamment chez les jeunes. 

Au secondaire, 36 % des élèves affirment consommer au moins un de ces aliments chaque jour. 

Selon les données, 22 % des jeunes du secondaire consomment une boisson à saveur de fruits (punch aux fruits, slush, Fruitopia, Déli-Cinq, Snapple, etc.) tous les jours. 

Le pourcentage passe à 36 % lorsqu’on ajoute les grignotines ou les sucreries sur une base quotidienne aux boissons. 

Lors du sondage, 74 % des élèves du secondaire avaient consommé de la malbouffe dans un restaurant au moins une fois au cours de la semaine précédente. 

Pour 31 % des jeunes, cela s’était produit trois fois ou plus au cours de la même semaine. 

Allaitement maternel 

Moins de femmes du Saguenay-Lac-Saint-Jean que d’ailleurs au Québec allaitent leurs bébés. En 2005-2006, 73 % des nouveau-nés ont été allaités au lieu de naissance comparativement à 85 % dans l’ensemble du Québec. 

Dans la région, 72 heures après le départ de la maternité seulement, 66 % des bébés étaient toujours allaités comparativement à 82 % au Québec. 

Après deux mois, le pourcentage passait à 53 % dans la région, puis à 30 % après six mois. 

Le ministère de la Santé et des services sociaux recommande l’allaitement exclusif jusqu’à six mois, puis sa poursuite avec l’ajout d’aliment jusqu’à l’âge de deux ans. 

Plusieurs mères qui ont allaité en public affirment également avoir été jugées de façon négative. 

Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie

QUÉBEC INJECTE 80M$

(Presse canadienne) – Québec consacrera 80 millions $ sur quatre ans à un train de mesures reliées aux saines habitudes de vie et qui font suite à sa Politique gouvernementale de prévention en santé, présentée à l’automne 2016.

Ces mesures touchent autant la prévention du diabète que la prévention des infections transmissibles sexuellement et la santé mentale. Et elles concernent les jeunes autant que les personnes âgées.

Pas moins de 15 ministères seront touchés par ce plan; c’est d’ailleurs pour cette raison que cinq ministres se sont déplacés, lundi à Montréal, pour en faire l’annonce.

«Vieillir, c’est une chose, mais vieillir en bonne santé, c’est autre chose. Et grâce à ce plan d’action interministériel, on va permettre à l’ensemble de la population d’y arriver, parce qu’on est une population vieillissante, mais on peut s’amuser longtemps», a illustré la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois.

Exemples

À titre d’exemple, une somme de 4,4 millions $ sera accordée aux entreprises de transformation alimentaire pour encourager l’offre d’aliments contenant moins de gras saturés, de sel et de sucre.

Une somme de 1,5 million $ servira à la promotion de la consommation d’eau non embouteillée dans les écoles.

Une somme de 3,5 millions $ sera consacrée à des activités pour aider les jeunes à l’école à découvrir de nouveaux aliments, de nouvelles saveurs et à cuisiner.

Une somme de 6,7 millions $ servira à financer des projets favorisant un mode de vie actif chez les personnes âgées et les personnes handicapées.

Dans le cadre de sa politique de prévention en santé, plus large, le gouvernement s’était donné plusieurs objectifs et cibles à atteindre.