Trop de maisons autour du Roberval-Saguenay

L’étalement urbain qui amène des développements résidentiels autour de l’emprise ferroviaire du Roberval-Saguenay, dans l’arrondissement de Chicoutimi, inquiète certains citoyens qui voient poindre des grands projets industriels à Grande-Anse.

L’un d’eux, ayant œuvré dans le domaine ferroviaire dans le passé, souhaite tirer l’alarme puisqu’il craint qu’au rythme où se développent certains quartiers résidentiels en bordure du chemin de fer, il devienne impossible d’aménager une deuxième voie parallèle ou une voie d’évitement pour faire face à l’augmentation du trafic ferroviaire découlant de la mise en opération éventuelle du projet Métaux BlackRock. Le secteur problématique est une zone névralgique de 16,8 kilomètres, entre l’interchange Canadien-National/Roberval-Saguenay et la jonction du nouvel embranchement Port-Saguenay à la limite de La Baie.

Besoins

Rappelons que la mise en opération de la mine de ferrovanadium à Chibougamau nécessitera le passage de trois convois de 60 wagons par semaine pour le transport de 830 000 tonnes de concentré annuellement. En mai 2018, l’entreprise a annoncé sa décision de recourir au train pour transporter son matériel en direction de Grande-Anse. L’aménagement d’une voie d’évitement pour une soixantaine de wagons et pour répondre aux besoins futurs nécessiterait une emprise d’au moins 1,6 kilomètre de longueur.

Notre interlocuteur s’inquiète donc de voir que les nouveaux développements domiciliaires de Chicoutimi ont commencé à pousser au sud du chemin de fer.

Par exemple, le développement résidentiel dans l’axe est-ouest entre les boulevards Talbot et Saint-Paul, parallèles à la voie du Roberval-Saguenay, connu comme étant le Domaine des Bois-vins, en particulier la rue Sauvignon, pourrait devenir problématique pour le futur. En raison de la présence de résidences du côté nord de la voie (côté Ameublement Tanguay), la seule possibilité pour doubler la voie du Roberval-Saguenay ou aménager une voie d’évitement est le côté sud. Or, certains terrains localisés en bordure de la voie principale ont déjà trouvé preneurs.

Le développement domiciliaire au sud du chemin de fer de Roberval-Saguenay dans l’arrondissement de Chicoutimi laisse bien peu de place à l’aménagement d’une voie d’évitement ferroviaire ou à une voie de contournement, ce qui inquiète des contribuables préoccupés par le développement urbanistique.

En l’absence de planification urbanistique à long terme, il craint qu’il devienne impossible de doubler ou d’aménager une nouvelle voie.

De plus, le cloisonnement de l’emprise ferroviaire actuelle par de nouvelles résidences fait craindre qu’à terme, des propriétaires en colère ne se soulèvent en raison du passage des convois, du bruit engendré, de la présence de poussière, etc.

Rappelons que dans le cadre d’une étude réalisée par la défunte Conférence régionale des élus (CRÉ), l’aménagement d’une voie de contournement à partir d’un point du réseau du CN à l’ouest de Jonquière a été évoqué afin d’éviter le goulot d’étranglement dans le secteur. Un tel projet impliquerait des expropriations de terrains, la construction de trois ponts ferroviaires sur les rivières aux Sables, Chicoutimi, et du Moulin avec toutes les autorisations gouvernementales nécessaires qui s’ensuivent.

Options

Interpellée sur la préoccupation soulevée au sujet de la préservation d’une alternative pour le futur corridor ferroviaire, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, a mentionné qu’elle avait entre les mains une étude portant sur les options qui s’offrent en terme d’urbanisme. Mme Néron a indiqué que cette étude demeurera confidentielle afin d’éviter tout mouvement spéculatif.

En ce qui a trait au développement de nouveaux quartiers domiciliaires autour de l’emprise ferroviaire du Roberval-Saguenay, la mairesse a mentionné qu’il fallait vivre avec les actions passées de l’ancienne administration.