Deux employées observent et trient les bleuets au terme du processus de déshydratation.

Trois Togolais en renfort chez Bleuet Nordic

Les immigrants représentent 1,1 % de la population totale du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Comme il y avait 23 800 emplois à combler en 2017, leur présence sur le marché du travail n’est pas à négliger. L’entreprise Bleuet Nordic de Dolbeau-Mistassini, qui se spécialise dans la déshydratation de bleuets sauvages, l’a compris il y a quatre ans.

L’usine a doublé sa production depuis sa création en 2009. Elle est continuellement en quête de personnel, d’autant plus qu’un projet d’agrandissement est dans les cartons.

D’après le président de Bleuet Nordic, Mario Bussières, une partie des opérations de l’usine pourrait être automatisée si la pénurie de main-d’oeuvre devenait trop importante. Bleuet Nordic préfère cependant engager des humains pour faire fonctionner ses machines.

À l’heure actuelle, l’équipe de travail, qui compte 17 employés, est complète. De ce nombre, trois personnes sont originaires du Togo. L’organisme Portes ouvertes sur le Lac a recommandé des immigrants en quête d’un emploi à M. Bussières pour pallier ses besoins de main-d’œuvre.

« Je n’étais pas au courant que des immigrants venant de l’Afrique étaient disponibles pour travailler. […] Nous en avons trois, mais s’il y en avait quatre, on en prendrait quatre. Ce sont des gens qui sont travaillants, dévoués et sensibles à ce qu’on leur demande », explique Mario Bussières.

Le président de Bleuet Nordic, Mario Bussières, pose avec un technicien en gestion des opérations, Agbeko Amavi Devi.

Les Togolais qui viennent s’établir ici se familiarisent rapidement avec les systèmes et la mécanique, selon lui. Comme ils parlent français, la communication facilite les échanges. Par ailleurs, « ils comprennent mieux que personne » que l’usine opère sept jours sur sept et que cela exige de travailler la fin de semaine à l’occasion.

bras droit
Le Togolais Agbeko Amavi Devi, un père de deux enfants nés au Canada, possède des formations en gestion et en transport et logistique, qu’il a complétées chez lui. Arrivé en sol canadien, il est retourné sur les bancs d’école afin d’obtenir un diplôme d’études professionnelles (DEP) en électromécanique à Jonquière.

Celui que tout le monde surnomme Santos est en quelque sorte le bras droit du directeur de l’usine. Il s’occupe « des petits bobos », pour reprendre ses mots.

« Je me trouve bien dans mon emploi. Le milieu de travail est agréable, ce qui facilite mon intégration. Au Togo, j’avais un emploi, mais ici, j’ai la sécurité d’emploi et la retraite garantie, ce n’est pas à négliger », estime celui qui est âgé de 39 ans.

Bleuet Nordic l’emploie depuis maintenant un an. L’une des références qui lui ont servi durant son processus d’immigration habitait à Dolbeau-Mistassini. C’est pourquoi il a choisi de s’établir dans cette municipalité.

« Je rêve du jour où il y aura 25 familles d’établies chez nous en provenance du Togo. Ces gens-là parlent français et n’ont que des qualités », conclut Mario Bussières.