Camille, Alice et Léonie Gobeil sont réservistes au NCSM Champlain. Les trois soeurs de 16, 18 et 20 ans font grimpé le pourcentage du nombre de femmes au sein de la Réserve navale.

Trois soeurs au sein de l’équipage

Si l’armée a longtemps été une affaire d’hommes, les femmes ont fait leur place petit à petit dans les rangs des Forces canadiennes. En 1971, 1500 femmes étaient militaires au Canada. En 2018, elles étaient 9937 dans les Forces régulières et 4406 réservistes. Les femmes représentent donc 15,3% de la population militaire canadienne. À la Réserve navale de Chicoutimi, ce taux grimpe à 44%, ce qui fait de l’organisation l’une des championnes au pays. Afin de souligner la Journée internationale des femmes, Le Quotidien vous propose une entrevue avec trois jeunes soeurs réservistes et quelques dates marquantes pour l’avancement des femmes au sein de l’armée.

Le nombre de femmes qui s’enrôlent dans les rangs de la Réserve navale de Chicoutimi ne cesse d’augmenter. La gent féminine représente maintenant 44 % de l’équipage, et les jeunes sœurs Gobeil y sont pour quelque chose. La plus jeune de la famille, Camille, vient tout juste de rejoindre ses aînées, Alice et Léonie, qui œuvraient déjà au Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Champlain depuis quelques années. 

C’est Léonie Gobeil qui a été la première à s’engager au sein de l’équipage, qui compte une centaine de membres réservistes. « C’était en 2016, et c’est mon père qui m’en a parlé en voyant un kiosque là-dessus. Je me suis dit “Pourquoi pas?” J’ai essayé et j’ai vraiment aimé ça », raconte Léonie Gobeil, qui est âgée de 20 ans. Celle qui étudie en administration des affaires à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) s’est enrôlée en tant que manœuvrière-officière.

Un an plus tard, c’est sa jeune sœur, Alice, qui a suivi ses traces.

« Je la voyais aller et je trouvais qu’elle avait l’air d’avoir beaucoup de plaisir. Elle apprenait l’anglais et se faisait de nouveaux amis. J’ai moi aussi eu le goût d’essayer et j’ai fait le processus d’enrôlement avec deux de mes amies », explique Alice Gobeil, âgée de 18 ans.

Jusqu’à l’été dernier, la cadette, Camille, n’était pas vraiment intéressée à suivre l’exemple de ses deux sœurs. « Disons que ça ne m’attirait pas trop! Mais finalement, j’ai décidé d’y aller, surtout pour sortir de ma zone de confort! J’ai commencé le processus d’enrôlement l’été dernier et j’ai rejoint les rangs il y a quelques jours à peine », raconte la jeune fille de 16 ans.

Camille, Alice et Léonie Gobeil sont réservistes au NCSM Champlain. Les trois soeurs de 16, 18 et 20 ans font grimpé le pourcentage du nombre de femmes au sein de la Réserve navale.

Les parents des sœurs Gobeil, qui sont policiers pour la Ville de Saguenay, n’ont jamais fait partie des membres de la Réserve navale de Chicoutimi. « C’est un peu par hasard si on s’est inscrites. Mais on est bien fières de contribuer à augmenter le pourcentage de femmes ici. Nous sommes l’une des réserves où il y a le plus de femmes. Et dans le processus d’enrôlement actuel, il y a davantage de femmes que d’hommes qui font une demande », explique Léonie Gobeil.

Les trois sœurs occupent des fonctions différentes au sein de la réserve. Si Léonie s’est enrôlée comme manœuvrière-officière, elle est également représentante des affaires publiques du NCSM Champlain. De son côté, Alice, qui étudie en sciences humaines et qui prévoit s’inscrire en communications à l’université, a joint l’équipage comme communicatrice navale. Quant à Camille, qui termine son secondaire et qui prévoit devenir travailleuse sociale, elle s’est enrôlée comme commis administrative.

Les trois jeunes femmes ne caressent pas le rêve de faire le saut dans la « régulière », c’est-à-dire de devenir militaire. « La réserve, c’est vraiment parfait pour un travail d’étudiant. Nous avons de la flexibilité dans nos horaires et nous avons la chance d’apprendre l’anglais. C’est payé, en plus! », souligne Léonie Gobeil.

Les réservistes doivent, au minimum, travailler deux mardis soirs et un samedi par mois. « Nous pouvons ensuite nous inscrire à des formations, des exercices, des simulations. On peut aussi travailler davantage si nous le voulons. Il est également possible de partir en exercice à l’extérieur, comme à Halifax ou à Victoria, par exemple », ajoute Alice Gobeil.

S’enrôler dans la réserve comporte tout de même son lot d’efforts. « Nous avons des tests physiques, des tests d’aptitude. Et nous avons à faire un camp de recrue de trois semaines à Valcartier », ajoute la jeune femme.

Camille, Alice et Léonie Gobeil sont réservistes au NCSM Champlain. Les trois soeurs de 16, 18 et 20 ans font grimpé le pourcentage du nombre de femmes au sein de la Réserve navale.

Évidemment, Léonie ressent une certaine fierté de voir ses deux sœurs se joindre à elle.

« C’est sûr que lorsque je les vois aller, je suis pas mal fière d’elles! On s’entend bien, et nous aimons travailler ensemble aussi. Moi qui pensais être la seule de la famille à m’embarquer là-dedans! », souligne Léonie.

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QUELQUES DATES

Cette photo du personnel du Service féminin de l’Armée canadienne a été prise le 6 avril 1944, à Kitchener, en Ontario.

1885

C’est pendant la Rébellion du Nord-Ouest que les femmes servent en qualité d’infirmières pour la première fois dans l’histoire militaire du Canada, bien qu’elles demeurent des civiles.

1901 

Le Service infirmier de l’Armée canadienne voit le jour.

1914-1918

Plus de 2800 infirmières servent au sein du Corps de santé royal canadien pendant la Première Guerre mondiale.

1941 

Les deux premiers services féminins sont créés en soutien à l’Aviation et à l’Armée.

1942

Mary Greyeyes, de la réserve autochtone Muskeg Lake, en Saskatchewan, devient la première femme autochtone à s’enrôler dans l’Armée canadienne.

1979 

Les collèges militaires canadiens ouvrent leurs portes aux femmes.

1989 

La soldate Heather R. Erxleben est la première Canadienne à occuper un poste de soldat d’infanterie au sein de la Force régulière. La majore Dee Brasser et la capitaine Jane Foster deviennent les premières femmes pilotes au monde à se qualifier pour piloter des chasseurs CF-18 Hornet.

1991

Les lieutenantes Anne Reiffenstein et Holly Brown, ainsi que la capitaine Linda Shrum, sont les premières officières de sexe féminin à se joindre aux armes de combat, servant dans l’artillerie.

1998

La lieutenante-colonelle Karen McCrimmon devient la première femme à commander un escadron de la Force aérienne, soit le 429e Escadron de transport, à Trenton, en Ontario.

2003

La capitaine de corvette Malta Mulkins est la première femme à commander un navire de guerre canadien, le NCSM Kingston.