Contrairement à cette photo, ce n’est pas un brise-glace qui mouille dans les eaux de la baie des Ha! Ha!, ces jours-ci, mais bien trois navires de Rio Tinto qui ne peuvent quitter.

Trois navires coincés à La Baie

Le blocage du fleuve Saint-Laurent par les glaces entre Trois-Rivières et Montréal a des répercussions jusque dans la rivière Saguenay et aux installations portuaires de Rio Tinto, à La Baie. Une situation qui a un impact sur les activités de la multinationale puisque trois navires sont bloqués dans la baie des Ha ! Ha ! .

Depuis 2010, c’est la sixième fois que des bateaux restent coincés dans les glaces ou sont dans l’impossibilité de se rendre à quai. Rio Tinto se fie sur le transport maritime pour recevoir sa matière première, de la bauxite, afin d’opérer ses usines au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Bien qu’elle compte sur des réserves dans son inventaire, la multinationale se retrouve sans service de brise-glace, même si elle paye la Garde côtière pour assurer une fluidité dans les eaux du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saguenay.

« Depuis lundi, on n’a plus de service de brise-glace, ce qui fait en sorte qu’on a trois navires en attente aux installations portuaires de La Baie, a expliqué la directrice des affaires corporatives chez Rio Tinto, Claudine Gagnon. Les bateaux qui viennent nous livrer de la matière première n’ont pas les coques assez solides pour traverser les glaces. Entre le moment où les bateaux arrivent à La Baie et profitent de l’ouverture d’un brise-glace, les glaces se reforment et les navires sont prisonniers. »

Les trois brise-glaces de la Garde côtière canadienne ont tous été sollicités pour régler la situation entre Trois-Rivières et Montréal, ce qui a laissé les autres endroits à risque et sans soutien.

Un brise-glace basé à Terre-Neuve, le Louis-Saint-Laurent, est attendu vendredi pour ouvrir le passage à l’embouchure du Saguenay et du Saint-Laurent. En attendant, Rio Tinto doit patienter.

« Ce sont des coûts supplémentaires et ça a des impacts sur notre approvisionnement, a concédé Mme Gagnon. On a cinq millions de tonnes de matière première qui arrivent par les installations portuaires chaque année, ce qui représente quelque 120 bateaux. Au début de la semaine, tout était beau, mais le brise-glace a quitté vers l’ouest et il y a eu des grands froids. On est aussitôt passé en mode surveillance. »

Même si elle a été informée qu’un brise-glace était attendu vendredi, Claudine Gagnon a convenu que la compagnie aimerait ne pas avoir à se soucier de la qualité d’un service pour lequel elle paye.

« On a besoin de ce service et on est dépendant de la flotte de brise-glaces, a-t-elle mis en contexte. On poursuit nos représentations auprès de la Garde côtière et on est en contact constant, mais ce qu’on veut, c’est d’avoir le service dont on a besoin. On opère 365 jours par année et on veut être capable de le faire même si on traverse de grands froids. » AVEC LA PRESSE CANADIENNE