Entourant Richard Bouchard et Valérie Turcotte, de l’ÉNAM et de Cause pour la cause, les représentants du Havre du Fjord et du Juvénat de Desbiens avaient le sourire facile, mardi avant-midi. Leurs organismes ont été appuyés par la fondation à hauteur de 69 000 $.

Trois groupes du Saguenay-Lac-Saint-Jean aidés par Cause pour la cause

Hôte de la conférence de presse convoquée par le fonds communautaire Bell Cause pour la cause, mardi avant-midi, l’École nationale d’apprentissage par la marionnette (ÉNAM) avait mis les petits plats dans les grands afin de souligner l’importance de cet événement. L’un de ses ateliers aménagés sur la rue Racine, au centre-ville de Chicoutimi, était plein comme un œuf. En plus des élèves participants et des invités, des marionnettes de dimensions variées, certaines de taille humaine, semblaient partager la joie découlant de l’annonce effectuée à cette occasion.

À l’échelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean, trois organismes se partageront une somme de 69 000 $, cette année, a confirmé la représentante de la fondation, Valérie Turcotte. L’ÉNAM, qui a été appuyée à quelques reprises dans le passé, recevra 25 000 $. Cette contribution l’aidera à financer sa prochaine production théâtrale, tandis que le Juvénat de Desbiens, plus riche de 20 000 $, investira dans la création d’un atelier/plateau où œuvreront des personnes devant composer avec une problématique de santé mentale ou une déficience intellectuelle. Quant au Havre du Fjord, il a hérité de 24 000 $, ce qui l’aidera à implanter un programme de rétablissement clinique.

« Tous, nous pouvons subir les conséquences d’un problème de santé mentale », a rappelé Valérie Turcotte, un commentaire salué par des murmures approbateurs au sein de l’assistance. Il s’inscrivait dans le droit fil de l’intervention de Richard Bouchard, directeur général et artistique de l’ÉNAM. Dans son mot d’introduction, il avait insisté sur l’importance de briser l’isolement des gens en les amenant à s’investir dans des projets comme ceux que réalise son organisme. 

« Ça m’a permis d’évacuer le trop-plein », a renchéri Steeve, l’un des élèves participants, par le truchement d’un document de La Fabrique culturelle réalisé par le cinéaste Alain Corneau.

Cette stratégie du salut dans l’action se déploiera dans les prochains mois, au Juvénat de Desbiens. Fondé en 2017, cet organisme montera un atelier/plateau auquel se grefferont des personnes référées, entre autres, par le CIUSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux) du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elles amorceront leur travail au printemps et détermineront quels produits seront fabriqués par leurs soins. Il est question de calendriers et de bloc-notes auxquels des photos pourraient être intégrées, une liste susceptible de s’allonger. « La vente devrait commencer à l’automne », a mentionné au Quotidien la directrice générale du Juvénat, Kathy Fortin.

De son côté, le Havre du Fjord voit poindre la fin de ce chantier ambitieux, centré sur les jeunes âgés de 12 à 19 ans. Il a pour objet de faciliter l’accès aux soins grâce à diverses initiatives, dont une faisant appel aux nouvelles technologies. Désormais, les personnes aux prises avec un problème de santé mentale ou de toxicomanie pourront planifier un rendez-vous avec un professionnel en surfant sur le Toile.

 « Ce sera implanté dans la prochaine année », promet la directrice générale Aline Gagnon, tout en précisant que le programme de rétablissement clinique appuyé par Cause pour la cause ratisse beaucoup plus large.

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L'ÉNAM AU TBN EN JUIN

La pièce que présentera l’École nationale d’apprentissage par la marionnette (ÉNAM), l’année prochaine, aura pour but de souligner le 30e anniversaire de cet organisme basé à Chicoutimi. Grâce à différents appuis, dont celui du fonds communautaire Bell Cause pour la cause, on veut que ce projet prenne un éclat particulier.

« Nous allons présenter ce spectacle en juin et ça se passera au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Rien de moins. Ce rendez-vous coïncidera avec les 30 ans de l’ÉNAM, mais également avec les 40 ans de carrière de notre directeur général et artistique, Richard Bouchard », a fait remarquer Réjean Arsenault, responsable des communications, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Cette production intitulée Vivre ensemble mobilisera les 23 élèves participants associés à l’ÉNAM, en plus des membres de l’équipe ayant pour mission de les encadrer. Sans élaborer sur le contenu, Richard Bouchard a laissé planer la possibilité que cette pièce épouse les traits d’une rétrospective. « Nous reprendrons des idées tirées de nos 20 spectacles », a-t-il avancé.

Bien sûr, l’intérêt de la démarche réside autant dans le processus que dans la présentation du produit fini. Les mois qui seront consacrés à la mise en place de la pièce donneront lieu à des apprentissages fructueux pour les personnes qui devront fabriquer des marionnettes, élaborer un scénario et lui prêter vie sur la scène. Il en est ainsi depuis la fondation de l’ÉNAM.

« Ça permet aux élèves participants de s’inscrire dans une démarche de créativité, de travailler sur eux-mêmes, en même temps que sur l’imaginaire. Nous accompagnons une clientèle qui, dans bien des cas, se trouve à bonne distance du marché du travail. Nous l’amenons un peu plus loin », explique le directeur général et artistique de la compagnie.