La ministre Andrée Laforest, la PDG du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Julie Labbé, et le Dr Donald Aubin, directeur régional de la santé publique, ont rencontré les médias, lundi.
La ministre Andrée Laforest, la PDG du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Julie Labbé, et le Dr Donald Aubin, directeur régional de la santé publique, ont rencontré les médias, lundi.

Trois cliniques de dépistage du coronavirus dans la région

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean ouvrira trois cliniques de dépistage du coronavirus à partir de mardi afin de faciliter l’accès à la population régionale à ce service de première ligne dans le contexte de la pandémie qui s’installe au Québec.

Dès le départ, la présidente et directrice générale du CIUSSS de la région, Julie Labbé, a confirmé qu’il n’y avait pas encore un cas de coronavirus confirmé à partir des tests réalisés dans la région depuis maintenant deux semaines. Selon le Dr Donald Aubin, le nombre de tests réalisés sur des personnes ayant affirmé craindre avoir été infectées ne dépasse pas le nombre de 1000.

« On parle surtout de centaines », a assuré le patron de la santé publique dans le cadre d’un premier point de presse tenu par le CIUSSS depuis le début de la crise. La ministre régionale et responsable des Affaires municipales, Andrée Laforest, a participé à ce point de presse sans toutefois répondre aux questions des journalistes.

La première clinique ouvrira ainsi ses portes aujourd’hui (mardi) dans l’ancienne résidence des Augustines située à proximité de l’hôpital de Chicoutimi. Si le plan fonctionne comme prévu, la deuxième clinique ouvrira à Alma mercredi, dans l’immeuble du CRDI. Jeudi, à l’hôpital de Roberval, une clinique devrait être en mesure d’accueillir les personnes présentant des symptômes.

Le Dr Donald Aubin a rappelé les règles de base du fonctionnement du système de dépistage. La personne qui croit avoir des symptômes grippaux doit communiquer avec la ligne téléphonique COVID-19 (1 877 644-4545). C’est au terme de l’entretien avec l’infirmière que la personne aura un rendez-vous dans une clinique de dépistage.

« Une fois que le test est réalisé à la clinique, la personne doit retourner en isolement en attendant le résultat. Si jamais on détermine à la clinique qu’elle a besoin de soins, elle sera alors prise en charge », a expliqué le médecin.

En matière de gestion des ressources humaines, la présidente a indiqué qu’une équipe de gestionnaires était à pied d’œuvre depuis plusieurs jours afin d’identifier les activités qui seront suspendues. Ce qui signifie que des chirurgies seront déplacées ou des examens qui n’ont pas de conséquence pour les gens.

Le CIUSSS est ainsi en train de créer une banque de professionnels et d’employés qui pourront se redéployer vers les services de traitement des personnes nécessitant une hospitalisation. Selon Julie Labbé, en période normale, le CIUSSS doit composer avec un équilibre fragile, quand ce n’est pas des ruptures de personnel dans les corps d’emploi de préposés aux bénéficiaires, infirmières auxiliaires et infirmières.

La direction évalue en ce moment le personnel additionnel nécessaire si jamais le virus devait atteindre 30 % de ses effectifs dans une courte période puisque c’est le seuil minimum de transmission qui a été établi par les épidémiologistes : « Nous allons avoir des réponses en après-midi », a indiqué Julie Labbé.

Retraités de retour

Des retraités ont déjà confirmé leur intention pour un retour au travail au ministère de la Santé et des Services sociaux. Julie Labbé a mentionné la possibilité d’avoir recours aux enseignantes en soins infirmiers de même qu’aux étudiantes. L’arrêt pour une période indéterminée de certains services permettra également de combler les départs en congé maladie ou les isolements de 14 jours.

Il est même possible que des citoyens aient déjà été contactés par le CIUSSS pour le déplacement de rendez-vous. C’est le cas pour les prises de sang effectuées de façon régulière, mais dont le déplacement n’a pas de conséquence. Le CIUSSS maintiendra cependant les interventions chirurgicales jugées nécessaires, de même que toute la gamme de traitements pour les personnes atteintes de cancer.

Quelques minutes avant le début du point de presse, la ministre responsable des Aînés du gouvernement du Québec, Marguerite Blais, a publié une déclaration concernant l’interdiction des visites dans les CHSLD. Malgré les nombreuses demandes logées au gouvernement, l’interdiction sera maintenue. C’est le seul moyen selon la ministre de protéger les personnes âgées. Selon Julie Labbé, cette règle est très bien observée dans la région. Mme Labbé a d’ailleurs souligné le comportement exemplaire et la collaboration de la population.

Le CIUSSS a aussi dans sa mire les personnes âgées de 70 ans et plus qui habitent seules et dont les enfants sont à l’extérieur de la région. Ces personnes, à qui le gouvernement a demandé de demeurer à la maison, pourraient avoir besoin de support pour s’approvisionner en nourriture ou médicaments. La patronne du CIUSSS assure que cette réalité est en ce moment évaluée et que les partenaires traditionnels du CIUSSS avaient rapidement levé la main.

« Nous avons travaillé très fort afin de mettre rapidement en place des cliniques de dépistage pour notre population, a souligné la présidente-directrice générale du CIUSSS. Cette initiative témoigne de notre niveau d’organisation. Depuis plusieurs semaines déjà, le réseau se mobilise de manière importante. Nous observons un mouvement de solidarité important chez nos gestionnaires, médecins et employés. Tous sont à pied d’oeuvre et je les remercie sincèrement »

En point de presse dimanche, le premier ministre François Legault a évoqué un scénario faisant état de 400 000 hospitalisations avec 200 000 patients aux soins intensifs et 24 000 décès. Lundi, le directeur de la Santé publique dans la région n’a pas été en mesure de transposer ces chiffres pour la population régionale.

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UN NIVEAU DE PRÉPARATION SATISFAISANT

Le Dr Donald Aubin a oeuvré à la mise en place des mesures préparatoires pour faire face à la grippe A (H1N1), dont le taux de mortalité avait été évalué à 60 % des personnes atteintes. La pandémie n’a jamais atteint les prévisions et à l’époque, un vaccin était disponible pour contrer le virus. 

Lundi, le Dr Aubin a affirmé être satisfait du niveau de préparation du réseau québécois et du CIUSSS. Il considère que la structure du CIUSSS, qui a été grandement critiquée, comportait des avantages dans la situation que nous vivons en ce moment. «La réponse est plus rapide. On sent que la mobilisation se fait rapidement.»