Guillaume Lavoie traversera l’Atlantique en porte-conteneurs.

Traverser l’Atlantique... en porte-conteneurs

Guillaume Lavoie s’apprête à faire un voyage hors de l’ordinaire. Cet ex-politicien et chargé de cours originaire de Jonquière franchira l’Atlantique en porte-conteneurs. Avec cette traversée maritime, il veut fuir la folie et la rapidité de la vie actuelle, et retrouver le « temps long ».

Intrigué depuis quelques années par le transport maritime, Guillaume Lavoie quittera le Québec en avion, le 19 juillet, en direction de l’Angleterre. Il se dirigera vers Liverpool pour embarquer dans un porte-conteneurs, l’Atlantic Sun, un bateau construit en 2017.

L’ancien conseiller municipal de Montréal partira du même endroit que le Titanic. « J’espère que ça ne portera pas malheur », dit-il à la blague. Son retour à Montréal devrait s’effectuer à la fin juillet.

Guillaume Lavoie se dirigera vers Halifax dans un voyage qui devrait prendre une dizaine de jours. À bord, ce ne sera pas une croisière ordinaire. Il n’y a pas de piscine, d’orchestre ou de quelconque divertissement. « C’est l’éloge du temps long, alors que tout s’accélère de nos jours, explique M. Lavoie. Je vais amener quatre à cinq mille pages à lire. »

Le Jonquiérois d’origine Guillaume Lavoie a été conseiller municipal à Montréal avant de devenir chargé de cours à l’ÉNAP.

Comme une sorte de retraite dans un monastère, ce voyage sera une occasion de se ressourcer.

Les moyens de communication à l’intérieur du navire seront aussi limités. « Ce n’est plus comme au temps de Jacques Cartier et de Christophe Colomb. Les bateaux demeurent en contact avec la terre ferme. Je vais pouvoir entrer en contact avec mes proches pendant la traversée, mais je ne passerais pas mon temps sur Netflix », résume celui qui avait perdu la course à la chefferie de Projet Montréal face à l’éventuelle mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Pratique peu connue
La pratique existe depuis plusieurs années et est offerte par plusieurs compagnies de transport de marchandises, mais est peu connue. « Quand on voyage, les déplacements sont perçus comme une perte de temps. Avec ce voyage, le déplacement devient l’essentiel », explique celui qui a récemment pris sa retraite de la politique municipale pour redevenir professeur, en étant chargé de cours à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP).

Cette façon de voyager est décrite comme « pas économique » par M. Lavoie. Il lui en coûtera une centaine de dollars par jour, et la facture finale du voyage lui sera remise une fois arrivé à bon port, tout dépendant du nombre de jours que le voyage prendra.

Guillaume Lavoie traversera l’Atlantique à bord du Sun Atlantic, un porte-conteneurs.

Avis aux intéressés, plusieurs destinations sont possibles, mais il faut habituellement réserver six mois à l’avance.

De la marchandise
Outre l’équipage et quelques touristes, le navire transportera des voitures. Il est de type « con/ro », c’est-à-dire qu’il accueille des conteneurs, mais aussi une rampe de roulement pour transporter des automobiles. Guillaume Lavoie voyagera sur l’Atlantique avec quelques Rolls-Royce, qui se dirigeront vers l’Amérique du Nord.