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COVID-19

[AU FRONT] Esther Laframboise, directrice en prévention du suicide: «On cultive l’espoir»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Le mot crise est intimement lié à la détresse. En cette période de pandémie, la directrice du Centre de prévention du suicide (CPS) de la Haute-Yamaska, Esther Laframboise, est en première ligne avec son équipe pour soutenir la population dans cette épreuve aux nombreuses ramifications, tant sur le plan personnel que professionnel. Dans ce tumulte, les collègues ont également dû se serrer les coudes pour garder le cap.

Au front

[AU FRONT] Pierre Paquin, bénévole à la Saint-Vincent-de-Paul: continuer de penser aux autres

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) poursuivent une série de portraits de ceux pour qui il n’y a pas d’isolement à la maison. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Avec raison, on parle beaucoup des travailleurs de la santé, des commis d’épicerie, des camionneurs et des préposées dans les résidences pour personnes âgées, pour ne nommer que ceux-là, qui sont littéralement sur la ligne de front de cette pandémie. Mais il y a aussi de nombreux bénévoles qui, dans l’ombre, poursuivent leur mission d’aider les autres, et ce, tout à fait gratuitement. C’est le cas de Pierre Paquin, un bénévole de longue date de la Saint-Vincent-de-Paul de Chicoutimi, qui voit de quelle façon cette pandémie affecte les plus démunis. Humble et réservé, l’homme a accepté de répondre à nos questions, dans le cadre de la série Au Front.

Au front

[AU FRONT] Patricia Rainville, journaliste: journalisme, pandémie et hypocondrie

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) poursuivent une série de portraits de ceux pour qui il n’y a pas d’isolement à la maison. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Bien qu’ils ne soient pas en première ligne, comme le personnel de la santé et les travailleurs des services d’urgence, les journalistes continuent d’effectuer leur travail afin que la population soit le mieux informée possible. Les journalistes et les photographes restent aux premières loges de cette pandémie qui frappe actuellement le Québec. Dans le cadre de la série Au front, la journaliste du Quotidien et du Progrès Patricia Rainville explique comment se déroulent ses journées et comment elle arrive à gérer la situation comme personne anxieuse et hypocondriaque.

Au front

[AU FRONT] Patrick Kenney, policier: «C’est un privilège»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopération nationale de l’information indépendante amorcent aujourd’hui une série de portrait de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison, ni télétravail. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Patrouilleur pour le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) depuis 2012, Patrick Kenney ne le cache pas: la crise de la COVID-19 à laquelle nous sommes tous actuellement confrontés est un «événement qui met au défi les autorités policières», sachant que son travail est en constante évolution. Le père de quatre adolescents, qui doit concilier travail et famille puisqu’il est en autopatrouille autant le jour, le soir que la nuit, a également oeuvré comme policier à la Sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais puis comme patrouilleur en vélo à l’Université d’Ottawa. 

Q Jusqu’à quel point votre quotidien de policier a changé depuis le début de la crise?

R Oui, en ce sens où il y a un peu moins d’activité, moins de trafic sur les routes. La majorité des commerces sont fermés aussi, alors il y a évidemment une diminution du nombre de vols à l’étalage. Le nombre d’appels a beaucoup diminué également, la majorité des gens respectent les consignes d’isolement. Par contre, dans les derniers jours, il y a eu une hausse du nombre d’appels liés à des dénonciations.

Q On nous a soufflé à l’oreille que vous avez eu une initiative personnelle au tout début de la crise pour donner un coup de pouce à vos collègues. Laquelle?

R En discutant avec un collègue de travail au sujet des emplois des services essentiels, parce que dans son cas, sa conjointe est paramédic et ils ont de jeunes enfants, je lui ai dit que les miens étaient grands et qu’on pourrait aider. De là m’est venue l’idée de s’entraider pour le gardiennage, parce qu’ils n’étaient pas seuls dans ce bateau-là. Ma fille a créé une page Facebook, avant que le gouvernement n’annonce qu’il y aurait des services de garde d’urgence (NDLR: qui ne sont pas ouverts le soir et la nuit, quarts de travail possibles pour les policiers, par exemple). Ce n’est donc plus très populaire, mais ça pourrait continuer dans le futur (après la crise), ne serait-ce que quand certains veulent une gardienne, car ils veulent faire une sortie de couple.

COVID-19

[AU FRONT] Émilie Jacques, préposée aux bénéficiaires en chirurgie: «On a un rôle important à jouer»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Les effectifs du réseau de la santé mènent un combat de tous les instants pour éviter la propagation du coronavirus, cet ennemi invisible et sournois qui sévit à travers le globe. La préposée aux bénéficiaires Émilie Jacques fait partie de ces professionnels de la santé qui se dévouent depuis des semaines pour le bien de la communauté. En 15 ans dans le département de chirurgie à l’Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP), jamais elle n’a affronté pareille crise sanitaire.

Actualités

[AU FRONT] Sylvain Mayer, photographe de presse: «La pire expérience»

Trois-Rivières — Le rôle des photographes de presse et des journalistes prend tout son sens en temps de crise. Si plusieurs journalistes sont en mesure de faire du télétravail, les photographes sont généralement les premiers qui arrivent au front pour tenter de capter l’événement dans des conditions de travail souvent difficiles. Ils ont dû modifier leurs méthodes de travail afin de respecter les consignes de sécurité. Le photographe Sylvain Mayer exerce cette profession depuis 35 ans au journal Le Nouvelliste. À force de côtoyer quotidiennement les drames humains, il croyait avoir tout vu... jusqu’à l’arrivée de ce coronavirus.

Q  Qu’est-ce qui caractérise le travail d’un photographe dans une crise comme celle que l’on vit actuellement?

AU FRONT

[AU FRONT] Jean-François Deshaies, médecin d’urgence: de la bienveillance dans la tempête

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) poursuivent aujourd’hui une série de portraits de ceux pour qui il n’y a pas d’isolement à la maison. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

 Jean-François Deshaies fait partie d’une équipe d’environ 45 médecins d’urgence travaillant au CHUS Fleurimont et à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Dr Deshaies a participé au plan de contingence mis en place pour contrer la pandémie, il a formé des professionnels de la santé à intuber des patients dans un contexte où il y a risque de contagion, il a organisé une simulation in situ visant à tester et optimiser les processus établis. Il est aussi un des médecins qui ont été assignés à la tente de dépistage de la COVID-19.

Q  Comment votre quotidien a changé depuis la pandémie?

R  Avant que le gouvernement annonce la fermeture des écoles, on était en mode plan de contingence. Le niveau de stress était déjà augmenté et plusieurs réflexions étaient faites pour voir comment on allait réagir. Par exemple, on a envisagé de réduire les heures d’enseignement des médecins pour leur donner plus de temps aux urgences.

Je me suis aussi impliqué dans la formation des équipes qui auraient à traiter des gens infectés. Par exemple, il est important de savoir intuber un patient de manière à ce que ce soit sécuritaire pour le personnel médical. Parce que si on est infecté, ça peut être dangereux pour nous, individuellement, mais surtout pour nous, collectivement, car on peut être un vecteur de transmission et, si on a la COVID-19, on sera retiré du travail.

Les horaires avaient été modifiés récemment. Avant, il y avait toujours un médecin de garde qui devrait être disponible au cas où le médecin prévu à l’horaire ne puisse pas travailler. Maintenant, au lieu d’avoir une personne en backup, il y en a cinq.

Aussi, un médecin de l’équipe est assigné à la tente de dépistage et quatre autres uniquement à des tâches administratives à cause de la pandémie. Tout le monde doit travailler davantage et, le niveau de stress étant plus élevé, les heures travaillées sont plus exigeantes. Les informations changent de façon continue, on doit rester alerte alors même quand on est en congé à la maison, on n’est pas mal moins en congé que d’habitude.

Q  Quelle est la situation dans les urgences?

R  C’est plutôt tranquille pour le moment. C’est la fin de la grippe saisonnière. Les autres virus ne se transmettent pas en période d’isolement. Et les gens ont peur de venir à l’urgence alors ça limite une portion de la population qui parfois n’aurait pas besoin de venir aux urgences, mais qui a besoin de voir un médecin de façon semi urgente. Mais évidemment tout peut changer de jour en jour.

Q  Avez-vous eu peur d’être infecté en travaillant dans la tente de dépistage?

Je me suis senti bien protégé alors je n’ai pas eu particulièrement peur d’être infecté.

La tente est davantage un lieu de dépistage populationnel qu’une clinique médicale. Les gens se présentent s’ils ont les critères pour être dépistés. Si l’infirmière est inquiète de l’état de santé d’un patient, le médecin est présent pour l’examiner et décider si ce dernier est conduit à l’intérieur de l’hôpital pour d’autres examens. Le jour où j’étais sous la tente, j’ai fait entrer deux patients.

Q  Quel est l’état d’esprit du personnel médical?

La peur, la fatigue et le stress ont un impact sur notre comportement et c’est important de se souvenir qu’il faut s’entraider plutôt que, par exemple, faire un commentaire qui pourrait être blessant. C’est vrai pour tout le monde, incluant les médecins et tout le personnel médical.

J’aime l’image du bateau, son capitaine et l’équipage dans une tempête. Pendant la tempête, il faut s’unir et travailler dans le même sens. Ce n’est pas le temps de se demander comment on s’est ramassé dans la tempête. Quand on sera arrivé à bon bord, on fera des analyses pour comprendre et éviter que la situation se reproduise. Il y aura un avant et un après, tout le monde le dit. Je ne parle pas juste du système de santé, mais aussi de l’économie, des déplacements, des voyages.

Le message présentement est de rester souder pour amener le bateau à bon bord. On ne sait pas combien de temps la crise dura et on ne peut pas se permettre de perdre des gens à cause d’épuisement professionnel. Il faut prendre soin les uns des autres.

Q  Est-ce qu’il y aura du bon qui ressortira de cette crise?

Je crois que oui. Il y a plusieurs changements qui ont été effectués en accéléré et j’espère que certaines nouvelles pratiques seront maintenues. Je pense aux dossiers médicaux électroniques qui évoluent, aux consultations à distance rémunérées qui ont été permises et aux cliniques qui ont augmenté leurs visites à domicile. Il y a plusieurs changements qui seront bénéfiques pour les patients et idéalement, on devrait continuer ainsi après pour pas revenir en arrière. Avec des 24h d’attente aux urgences et des civières qui débordent dans les corridors. Je suis très fier des gens pour l’avancement des choses.

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[AU FRONT] Luc Raymond, dg résidence pour aînés: «Pour le moment leur famille, c’est nous»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles et économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Luc Raymond est à la tête d’ÉKLA, l’une des résidences pour aînés du Groupe Maurice. Devant la crise du coronavirus, nombre de nouvelles mesures ont été mises en place pour protéger ces personnes parmi les plus vulnérables de la société. Avec passion en compagnie de son équipe d’une soixantaine d’employés, il veille sur les quelque 568 résidents qui ont vu leur quotidien se transformer au cours des dernières semaines. Une «nouvelle famille» pour ces gens qui, confinement oblige, se retrouvent à l’abri du virus… et des liens sociaux.

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[AU FRONT] Marie-Karlynn Laflamme, de l'UQAC: la communication, le nerf de la guerre

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. La Coopérative nationale de l’information indépendante vous propose une série de portraits de ceux qui doivent garder le fort, malgré la crise qui chamboule tout le monde. Des héros du quotidien de plusieurs secteurs d’activités, qui demeurent en poste malgré un Québec qui est en pause.

La directrice du Service des communications et des relations publiques à l’Université du Québec à Chicoutimi, Marie-Karlynn Laflamme, n’a pas quitté son poste depuis le début de la crise, à la mi-mars. Bien que le milieu de l’éducation soit, lui aussi, sur pause, la relationniste travaille de 7h30 à 22h, histoire de répondre à toutes les demandes, autant de la part des médias que de la population universitaire. Et, selon elle, la communication reste le nerf de la guerre.

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[AU FRONT] Jean-Philippe Guyon, paramédic: «On est des acteurs de première ligne»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Paramédic depuis 17 ans et superviseur au sein de l’entreprise ambulancière Dessercom à Granby, Jean-Philippe Guyon est au cœur de l’action. En carrière, il n’a jamais vécu une crise de l’ampleur de celle de la COVID-19 qui frappe présentement le monde entier. Ses collègues de travail et lui sont sur la ligne de front. Malgré l’inquiétude et la peur, ils gardent le moral et sont prêts à intervenir auprès de la population.

COVID-19

[AU FRONT] Yves Morin, camionneur: «Ça a changé la dynamique»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Le transport de marchandises représente un rouage majeur dans l’économie du pays et une façon éprouvée d’avoir accès à une longue liste de produits. Yves Morin, 52 ans, compte près de 20 ans d’expérience comme camionneur, dont les trois dernières à l’emploi de la compagnie drummondvilloise Bourret International. Ce résident de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, en Mauricie, est à même de constater que la COVID-19 a créé des changements importants dans son travail, du jamais-vu dans sa carrière.

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[AU FRONT] Georges Tadi, propriétaire de dépanneur: « Le quartier a besoin de nous »

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l'information indépendante amorcent aujourd'hui une série de portrait de ceux pour qui il n'y a ni isolement à la maison, ni télétravail. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

S’il y a une entreprise qui est près de ses clients, c’est bien le dépanneur de quartier. Commerce de proximité par excellence, on y vient pour un litre de lait, un pain, quelques litres d’essence ou, parfois, juste pour une jasette avec le proprio au gré d’une marche dans les rues du quartier. Georges Tadi est ce genre de commerçant. 

Physique imposant, mais toujours le beau « bonjour » quand on entre dans son dépanneur Bonisoir du boulevard La Gappe, à Gatineau, Georges embauche huit personnes et il en a long à dire sur cette crise de la COVID-19 qui frappe la planète.

COVID-19

[AU FRONT] Jennie Boutet, infirmière: «Nous avons l’impression d’aller à la guerre»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles et économiques. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante amorcent aujourd’hui une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Les «anges gardiens de la société» comme les surnomme le premier ministre, François Legault, depuis le début de la crise sont à même de constater l’étendue de la situation sur le terrain. Jennie Boutet fait partie de ces nombreux professionnels de la santé qui se relaient pour le bien commun. À 44 ans et une vingtaine d’années d’expérience derrière elle, l’infirmière clinicienne aux soins intensifs pédiatriques du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL) a été témoin de toutes sortes de situations. Or, elle qualifie la crise de la COVID-19 comme l’une des plus difficiles qu’elle aura eu à vivre dans sa carrière. 

Q  Depuis le début de la crise, à quoi ressemble votre quotidien à l’hôpital?

Pour l’instant les soins aux patients n’ont pas changé. Nous sommes tous un peu sur le qui- vive. Les inquiétudes du personnel sont palpables, l’ambiance fébrile, mais nos gestionnaires et l’équipe de prévention des infections nous gardent au courant presqu’en temps réel et assistent à plusieurs rencontres par jour. En arrière-scène par contre, une importante équipe se mobilise à une vitesse extraordinaire afin que nous soyons prêts pour l’éventuelle crise. Naturellement, ayant à être au front, il reste quand même une anxiété face à l’inconnu et nous craignons d’être contaminés ou d’être vecteurs pour nos enfants et conjoints. 

Q  Est-ce que la situation actuelle vous rappelle d’autres événements semblables à celui que nous sommes en train de vivre? 

R  Ayant vécu le SRAS et la H1N1, nous pouvons dire que la préparation était semblable, mais jamais la situation n’a été aussi inquiétante. Le SRAS ne s’est pas rendu jusqu’à nous et la H1N1 a été contrôlée par la vaccination massive de la population. Ce qui est inquiétant avec la COVID-19, c’est que la seule façon de contrôler sa propagation repose sur la bonne foi de la population et sa volonté de respecter les consignes mises en place.

Q  En tant que professionnelle de la santé, quel sentiment éprouvez-vous face au fait d’être au front pour aider les gens? Le premier ministre, François Legault, vous qualifie d’«anges gardiens de la société», comment vous qualifieriez-vous en ces temps de crise?

R  Pour la première fois de ma carrière, j’observe que mes collègues et moi sommes inquiets pour notre propre santé. Nous avons vraiment l’impression d’aller à la guerre. Les gens ne respectent pas toutes les règles. Plus il y a de malades, plus le risque est grand pour nous. Nous avons peur de tomber au combat et ne pas pouvoir donner les soins nécessaires à tous les patients pendant cette pandémie. Nous avons vraiment besoin de l’appui de la population en ce moment. Si tout le monde respecte les consignes, ça va faire une énorme différence. 

Je me qualifie comme une infirmière dévouée qui va faire son travail du mieux qu’elle peut jusqu’au bout, en espérant que nous passions tous à travers de cette crise sans trop de dommages. Je suis une humaine, une maman, une belle-maman, une conjointe, une sœur, une fille, une amie et malgré mon choix de carrière que j’adore, je n’ai jamais demandé d’aller à la guerre et ma famille non plus. C’est le respect des consignes par la population qui va me permettre de faire mon vrai travail : soigner et sauver les gens.