Le directeur général de la STS, Jean-Luc Roberge.

Transport adapté de la STS: «Les activités de groupe, c’est très difficile»

La diminution de l’offre du service adapté de la Société de transport du Saguenay (STS) a sans grande surprise été le sujet chaud de l’assemblée du conseil d’administration de l’organisation, lundi en fin de journée. La STS espère maintenant pouvoir s’asseoir avec les organismes qui représentent les usagers touchés, afin de trouver une solution à ces coupes de services. Elles seraient dues au manque de main-d’œuvre que connaissent les sous-traitants engagés pour offrir ce service.

La semaine dernière, la STS annonçait qu’elle n’avait d’autre choix que de couper dans certains services du transport adapté, les vendredis soirs et les fins de semaine. Il faut toutefois préciser que ce ne sont pas tous les services qui sont amputés, aspect qui n’a peut-être pas été bien expliqué au départ.

En effet, les vendredis soirs, par exemple, plusieurs usagers du transport adapté utilisent le service pour se rendre à une soirée dansante, qui a lieu toutes les semaines, à Chicoutimi. Une centaine de personnes font donc appel au transport en même temps, chose que la STS ne peut plus assumer, en raison d’un manque de chauffeur chez les sous-traitants, comme Intercar, par exemple.

« Auparavant, nous avions six autobus disponibles. Avec le manque de chauffeurs, nous n’avons plus que trois autobus. Lorsqu’il y a des activités de masse comme les discothèques, ce n’est plus possible d’aller chercher tout le monde », a précisé le directeur général de la STS, Jean-Luc Roberge. Initialement, cette explication n’avait pas été divulguée par la STS. « Il y a encore des services les vendredis soirs et les fins de semaine. Mais pour les activités de groupe, c’est très difficile, on n’est plus capable », a ajouté M. Roberge, affirmant vouloir trouver une solution pour redonner le service complet.

C’est pour cette raison qu’il demande aux organismes touchés de rencontrer la direction pour discuter de possibles solutions. « Par exemple, il y a des parents de personnes handicapées qui nous ont demandé s’il y avait d’autres usagers dans leur quartier, parce qu’ils voudraient faire le transport jusqu’à la discothèque les vendredis. Il y a des solutions dans ce genre-là », a indiqué le directeur général, qui admet que la nouvelle a peut-être été mal annoncée et qu’elle a fait mal à certains usagers, qui représentent la clientèle vulnérable de la STS. « Ce n’est vraiment pas de gaieté de cœur que nous avons dû faire ça », a-t-il laissé tomber.

À la question de savoir pourquoi la STS ne coupe pas plutôt dans les services réguliers, puisque certains autobus sont souvent vides durant la journée, Jean-Luc Roberge a affirmé que ce n’était pas possible, puisque le service de transport adapté est donné à contrat à d’autres transporteurs, comme Intercar.

D’ailleurs, à ce propos, des chauffeurs de la STS se sont présentés à la séance, lundi, afin de demander à la direction de ramener ce service à même l’organisation. À cette revendication, le directeur général a affirmé ne pas pouvoir répondre présentement, mais « que l’intégration du service allait être étudiée ».

Martine Lafond, qui siège sur le CA de la STS à titre de représentante des usagers du transport adapté, a affirmé qu’il était temps qu’une réflexion soit amorcée afin que les usagers ne soient pas punis.

« Nous avons un excellent service ici. La personne qui fait une demande de transport adapté est inscrite immédiatement. Il est temps qu’on se parle tous ensemble, la STS, les usagers et les organismes qui œuvrent auprès des personnes handicapées afin de réanalyser la situation », a affirmé Mme Lafond.

Au cours de la dernière semaine, plusieurs usagers avaient dénoncé la situation, surtout lorsqu’on les avait invités à utiliser le transport régulier. Certains de ces usagers n’aiment pas utiliser les autobus réguliers en soirée, puisqu’ils sont plus craintifs, avait expliqué Audrey Savard, qui souffre d’une déficience intellectuelle et qui utilise le service régulièrement. Les personnes à mobilité réduite, quant à elles, ne peuvent monter dans les autobus, puisque ces derniers ne sont pas équipés adéquatement.

Environ 2000 usagers sont inscrits au service de transport adapté. Durant les journées achalandées, la STS peut faire entre 800 et 1000 transports.