Francine Gagnon et Manon Blackburn dénoncent les coupures à la STS, alors que Jean-François Houde, un bénéficiaire, souhaite que l’on trouve des solutions afin de permettre aux personnes handicapées de pouvoir se déplacer en toute sécurité.

Transport adapté à la STS: les usagers parlent de désespoir

En plus d’être insatisfaites de la solution temporaire de la Société de transport du Saguenay (STS) pour le transport des personnes handicapées, les organisations locales craignent un désintéressement de leur clientèle et aussi pour leur avenir. Les parents et les utilisateurs ont fait sentir leur désespoir.

Après avoir appris le 11 septembre que la STS n’offrirait plus le transport aux personnes handicapées pour la discothèque du vendredi soir, à Chicoutimi et à Jonquière, ni aux activités de fin de semaine, les usagers ont su qu’un compromis avait été suggéré. Le transport vers les discothèques se ferait en alternance chaque semaine.

Une solution temporaire insuffisante et insatisfaisante pour la clientèle, les parents de ces usagers et les organisations œuvrant au bien-être des bénéficiaires de Chicoutimi, de Jonquière et de La Baie.

En conférence de presse, jeudi après-midi, les intervenants ont insisté sur l’importance de ne pas placer les personnes handicapées en isolement ou encore de leur enlever le peu de liberté qu’elles ont, et ce, même si elles paient leur passe mensuelle au même titre que les autres usagers de la STS. Ils craignent que la situation continue de se détériorer.

« Ce n’est pas la première crise que nous vivons et ce ne sont pas les premières représentations que nous faisons à Saguenay, à la STS et au gouvernement. Et nous tentons toujours de trouver des solutions », a précisé Francine Gagnon, du Groupement des organismes de personnes handicapées du Saguenay (GOPHS).

Manon Blackburn, de l’Association régionale de loisirs pour personnes handicapées du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ne cache pas que la mobilisation est de plus en plus importante depuis le 11 septembre.

« On peut comprendre qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre. Mais il y a deux ans, c’était un manque de budget, et là, c’est la main d’œuvre. Il faudrait que la STS consacre plus d’argent au transport adapté que les 2,9 millions de dollars sur le budget de 23,9 M $. Peut-être que ça aiderait à trouver des chauffeurs », note Mme Blackburn.

Inquiétudes

Il va sans dire que cette situation inquiète bien des gens au Saguenay. Faute de transport, les personnes handicapées délaissent les activités organisées dans les trois arrondissements. Les parents ne peuvent plus bénéficier d’une « longue » période de répit de deux ou trois heures afin de recharger les batteries.

Et les employés de l’Association pour le développement de la personne handicapée de Saguenay, de l’Association pour la promotion des droits des personnes handicapées de Jonquière et d’Intégraction de La Baie se demandent s’ils pourront conserver leur emploi encore longtemps.

« Notre clientèle est privée de sortie et de leur liberté. Il y a moins de monde aux activités. L’avenir de nos organisations est en jeu, car ces coupures ont eu l’effet d’une bombe chez nous », indique Laurie-Ann Paquin, d’Intégraction.

« Avant, les bénéficiaires pouvaient partir en toute tranquillité d’esprit pour les activités. Les parents étaient aussi dans un bon état d’esprit. Tout le monde avait cette tranquillité d’esprit, mais là, on voit des parents en détresse et des employés inquiets », poursuit Karine Boisvert, de Jonquière.

Pour Sylvie Jean, de Chicoutimi, cela représente un événement désastreux pour les organisations et la clientèle.

Tous les intervenants, les bénéficiaires et les parents souhaitent que les députés Andrée Laforest, François Tremblay et Sylvain Gaudreault puissent faire pression sur le ministre des Transports, François Bonnardel, afin d’augmenter le financement au transport adapté.