L’étudiante Ariane Morency a été mentorée par la professeure en Technique d’analyses biomédicales du Cégep de Chicoutimi, Véronique Gagnon.
L’étudiante Ariane Morency a été mentorée par la professeure en Technique d’analyses biomédicales du Cégep de Chicoutimi, Véronique Gagnon.

Transfusion sanguine entre groupes non compatibles: Ariane Morency relève le défi

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Étudiante à l’École polyvalente Kénogami, Ariane Morency s’est donné le défi de réussir une transfusion sanguine entre deux groupes non compatibles. Mentorée par la coordonnatrice et enseignante du département de Technologie d’analyses biomédicales du Cégep de Chicoutimi, Véronique Gagnon, elle a réussi haut la main son projet qui a d’ailleurs reçu deux récompenses à l’Expo STIM en ligne de Sciences jeunesse Canada.

Ariane a commencé ce projet au début de l’année 2020, alors qu’elle était en secondaire 4. Il avait été préparé en prévision des finales régionales de l’Expo Sciences, organisées par le Réseau Technoscience, mais en raison de la pandémie, les activités ont toutes été annulées. Ariane a tout de même pu présenter son projet dans la compétition en ligne de Sciences jeunesse Canada, une organisation partenaire du Réseau Technoscience.

Sa collaboration avec le Cégep de Chicoutimi a porté fruit puisqu’elle a reçu deux distinctions, soit une distinction régionale en plus d’une canadienne.

Ariane Morency avait décidé de s’intéresser pour cette édition aux transfusions sanguines. « Je voulais faire en sorte de réussir une transfusion qui est non compatible, donc de groupes qui ne sont pas correspondants », explique la jeune fille, dans un entretien par visioconférence avec Le Quotidien.

Les transfusions sanguines s’effectuent habituellement entre des groupes compatibles, comme des personnes qui ont le sang de type A et qui en donnent à ceux du même type. Ces derniers ne peuvent habituellement pas en donner aux personnes de groupe B. La jeune fille s’est donc donné le défi de réussir une transfusion entre deux groupes non compatibles en analysant leur plasma.

« Si une personne de groupe A donne vers le groupe B, on retrouve dans le plasma de la personne avec le sang de type B des anticorps anti-A qui provoquaient une réaction empêchant la transfusion de fonctionner. Nous sommes donc allés enlever les anticorps du plasma pour que la transfusion fonctionne », continue Ariane.

L’étudiante a eu cette idée en secondaire 3, lorsqu’elle a vu la matière sur le sang dans ses cours de sciences. Elle a donc contacté des écoles pour réaliser l’expérience. C’est le Cégep de Chicoutimi qui a répondu à son appel, puisque son département de Technologie d’analyses biomédicales pouvait lui fournir le matériel nécessaire pour l’aider.

Ce fut un succès. Cette expérience a certainement donné envie à la jeune fille, qui se destine déjà aux sciences de la nature, d’étudier au Cégep de Chicoutimi l’an prochain, même si elle n’a pas encore arrêté son choix d’établissement.

Une première fois comme mentor

Si le Cégep de Chicoutimi a déjà aidé d’autres étudiants du secondaire à réaliser leur projet, c’est la première fois que Véronique Gagnon, qui a agi comme mentor auprès d’Ariane, participait à cette expérience.

« Son projet m’intéressait beaucoup. Je trouve que c’est un sujet super important. Ça me surprend qu’une personne de cet âge s’intéresse aux transfusions », commente Mme Gagnon, de prime abord, par visioconférence. Elle n’a que de bons mots pour parler de son expérience avec la scientifique en herbe qu’elle décrit comme une jeune fille allumée, passionnée, etc.

La professeure était aussi très impressionnée du savoir-faire de la jeune femme et de ses connaissances. « Elle comprenait tout de suite où je m’en allais et quand je lui expliquais, on voyait les étoiles dans ses yeux. Je me disais parfois que si j’avais toutes des étudiants comme elle, ce serait facile ! », ajoute la coordonnatrice et professeure en riant.

Il est important de savoir que Mme Gagnon n’était pas seule à aider Ariane. Pour préparer les échantillons, une technicienne en travaux pratiques a également donné beaucoup de son temps pour la réalisation du projet.

La professeure admet avoir vraiment aimé l’expérience et n’hésitera pas à s’impliquer avec d’autres étudiants.