Le cardiologue à la retraite Yves Savard est contre le transfert vers Québec des patients atteints d'un cancer et nécessitant une chirurgie de l'oesophage.

Transfert des chirurgies de l'oesophage à Québec: le Dr Yves Savard s'indigne

Le cardiologue à la retraite Yves Savard s'inscrit en faux contre le transfert vers Québec des patients atteints d'un cancer de l'oesophage devant subir une chirurgie.
L'annonce de la centralisation, rapportée la semaine dernière dans Le Progrès-Dimanche, a fait dresser les poils sur les bras du médecin, qui, à une certaine époque, a mené des luttes féroces pour le maintien de services médicaux en région, particulièrement en cardiologie.
Le Dr Savard en a contre les autorités de santé à Québec, qu'il qualifie de véritables «prédateurs». La lecture du texte, dimanche dernier, lui a rappelé de bien mauvais souvenirs.
«En 1974, on a menacé de faire disparaître le centre de chirurgie cardiaque de Chicoutimi. La chirurgie cardiaque et l'hémodynamique étaient en danger. On a réussi à sauver le centre, parce qu'on s'est débattus. La situation que l'on voit aujourd'hui, c'est du copié-collé de ce qu'on a vu au fil des ans parce que les ultraspécialités comme la radiothérapie et la neurochirurgie ont aussi été menacées», dit le Dr Savard, à qui l'on doit la création de la Fondation de ma vie en 1980.
Appuis
Yves Savard est en désaccord complet avec les arguments avancés par le directeur de la Direction de cancérologie du Québec, le Dr Jean Latreille, qui s'appuie sur le débit d'interventions des chirurgies thoraciques liées au cancer de l'oesophage pour justifier le transfert vers un centre de référence.
«Son intervention, ses phrases au sujet des patients sont celles d'un colonisateur. Sa réponse a été très cavalière», dénonce-t-il.
Brandissant des chiffres du ministère, il se dit en accord complet avec la présidente-directrice générale, Martine Couture, qui a mis en relief, dans une lettre, le fait que le taux de mortalité lié à ce type de chirurgie en région n'était pas plus haut qu'ailleurs. L'ex-cardiologue craint la perte d'expertise en région et est lui aussi d'avis que cette décision aura un impact sur le recrutement de futurs médecins.
Cette semaine, le Dr Savard a rencontré des collègues médecins occupant des postes clés au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) et les a invités à se mobiliser. Il sent toutefois qu'il pourrait s'agir d'un coup d'épée dans l'eau puisqu'il a perçu de la résignation.
«Je veux mobiliser les gens pour qu'ils se grouillent. Avant, au plan médical, on avait un conseil qui appuyait les médecins dans leurs luttes pour conserver des services. Ça prend une prise de position médicale plus forte», martèle celui qui croit que la création du CIUSSS a eu un impact négatif pour le maintien des acquis médicaux au Saguenay-Lac-Saint-Jean.