Sylvie et Émile Tremblay dans le confort de leur fourgonnette modifiée.
Sylvie et Émile Tremblay dans le confort de leur fourgonnette modifiée.

Tout vendre pour vivre son rêve : un couple du Saguenay découvre la « van life »

Mariane Guay
Le Quotidien
Sylvie et Émile Tremblay, tous deux originaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean, rêvaient de partir à l’aventure. Il y a deux ans, ils ont commencé à réfléchir à un nouveau projet et ont débuté les démarches. Ils ont acheté une fourgonnette et l’ont complètement adapté selon leurs besoins. Depuis janvier, ils vivent, travaillent et parcourent le monde exclusivement dans leur véhicule modifié. Ils mènent leur vie rêvée, la « van life ».

Comme il est inscrit dans la description de leur compte Instagram wegotvan, où ils partagent des clichés de leurs aventures, « ils ont (presque) tout vendu pour vivre leur rêve ». En effet, la fourgonnette est devenue officiellement leur petite maison il y a quelques semaines alors qu’ils ont laissé vacant leur appartement de Québec après y avoir passé une période de quarantaine à leur retour des États-Unis. 

Sylvie Tremblay avoue qu’ils avaient hâte de retrouver leur véhicule après les deux semaines de confinement. « On avait hâte de retourner dans notre van, parce qu’on ne sentait plus chez nous, c’est vraiment ça notre chez nous », explique-t-elle.

Au début de l’année 2020, ils ont quitté le Québec à bord de leur fourgonnette pour la première fois, en direction des États-Unis. Lorsque la pandémie a frappé en mars dernier, le couple était en plein périple ; Floride, Texas, Nouvelle-Orléans. Ils ont dû rebrousser chemin vers le Québec un peu plus tôt que prévu.

La préparation

Ce n’est pas si simple de tout laisser tomber, rouler et travailler toute la journée. En fait, Sylvie et Émile avaient chacun un emploi « standard » qui se prêtait plus ou moins bien au travail à distance. Ils ont donc pris entente avec leurs employeurs pour exercer leur métier à bord de la fourgonnette, de sorte qu’ils travaillent tous les deux à plein temps à l’intérieur du véhicule.

Ils avouent qu’au début, les employeurs ont trouvé l’idée étrange. « On a ajusté toutes nos affaires pour être capable de travailler à distance. Maintenant c’est plus commun, mais on a parlé de ça à nos patrons il y a à peu près un an, un an et demi et on avait l’air un peu bizarre. », relate la voyageuse.

Après avoir eu l’autorisation de faire leur métier pendant l’aventure, ils devaient trouver un moyen d’être à l’aise pour travailler dans un espace assez restreint. Ils ont finalement produit des plans pour aménager un bureau, qui se transforme en lit en moins de trois minutes, comme l’explique une vidéo partagée sur leurs comptes Instagram et Facebook.

Le véhicule vu de l’extérieur.

Le couple a complètement repensé l’espace. « On a acheté un véhicule de livraison qui était vide. On avait vu des vidéos de gens sur YouTube qui faisaient ça. On a appris comment convertir, isoler, comment installer une douche, on a tout appris au fur et à mesure », explique Émile Tremblay. Ils ont finalement choisi des plans selon leur besoin et ont décidé d’opter pour une banquette pour travailler.

Vivre à l’étroit

Le couple est bien dans cet environnement étroit. Après s’être cognés à quelques reprises, les aventuriers connaissent maintenant assez bien les coins et les recoins de leur petite habitation. « On s’habitue. Parfois, quand tu te tournes trop vite, tu sais que tu peux te cogner la tête sur un panneau. On s’habitue aussi à laisser de côté l’intimité. Il faut faire des petits compromis, mais on s’habitue, je ne vois pas de problèmes », observe le voyageur.

Sylvie Tremblay constate qu’après près de 17 de vie commune, chacun sait quand l’autre a besoin d’espace. « Ça devient comme naturel, on sait toujours quand l’autre a besoin de plus d’intimité ou d’espace. On peut faire y arriver même si c’est plus petit. Parfois on va marcher par exemple. »

Elle souligne également qu’ils passent une bonne partie du temps à l’extérieur, à contempler et à découvrir de nouveaux paysages. « On est souvent dehors. On s'installe dans les places où il fait beau. On rentre dans la fourgonnette pour cuisiner et les portes sont souvent ouvertes, on se sent bien », décrit-elle.

Sylvie et Émile Tremblay apprécient d’autant plus leur expérience, car ils se sentent en liberté en vivant avec peu. « Ce qu’on aime, c’est que nous n’avons plus grand-chose. Avant, on avait un bungalow, deux autos, un terrain. On passait beaucoup de temps à entretenir notre maison et à tondre le gazon. Ce qu’on aime maintenant, c’est que tout notre temps libre, on le passe à vivre des choses. C’est ça qui nous fait "triper". On n’a plus beaucoup de choses, donc on n’a plus grand chose à s’occuper », confie-t-elle.

Son conjoint ajoute que c’est le sentiment d’être libre qui les anime. « Tu te lèves, tu as un beau lever de soleil, tu travailles, tu finis de travailler et il y a une plage à côté. Dans le fond, on vit là où l’on se stationne et notre maison est là où on la stationne. C’est vraiment intéressant pour ça », s’exprime-t-il.

Présentement, le couple séjourne au Lac-Saint-Jean en compagnie de sa famille. Les deux tourtereaux reprendront bientôt la route pour leur prochaine destination : l’Ouest canadien.