Le porte-parole des villégiateurs, André Douillard, a animé le colloque sur la reconnaissance de l’aire protégée à l’étude du lac kénogami.

Tout pour faire débloquer la démarche de création d’une aire protégée au sud du lac Kénogami

Un peu plus de 50 personnes ont répondu à l’appel des villégiateurs du sud du lac Kénogami qui souhaitent mettre de la pression sur le gouvernement du Québec afin de relancer le processus de création d’une aire protégée sur ce territoire.

Le groupe qui a entrepris cette démarche veut profiter des objectifs du gouvernement en matière de protection du territoire québécois de l’ordre de 17 % d’ici la fin de l’année pour faire avancer le projet du lac Kénogami. Le colloque, tenu mardi soir à l’hôtel Delta Saguenay d’Arvida, a permis aux organisateurs de bien expliquer le cadre légal des aires protégées et ce qu’il est possible de faire dans les limites des aires protégées.

Selon Pierre-Olivier Boudreault de la SNAP, le Saguenay–Lac-Saint-Jean est à 6 % d’aires protégées avec, en banque, des propositions qui permettraient d’atteindre 12 %.

Le biologiste de la SNAP a repris en rappelant qu’il y avait un lien très étroit entre la population et le secteur du lac Kénogami. Il s’agit d’un élément dont il faut tenir compte dans la désignation d’une aire protégée.

Le porte-parole des villégiateurs et animateur de la soirée, André Douillard, a confirmé que l’objectif de son groupe était de faire cesser les coupes forestières à l’intérieur des limites de l’aire protégée. Ils débattront de la question en Cour supérieure, les 10 et 11 mars.

De son côté, le professeur Louis Bélanger, de l’Université Laval, affirme que la forêt du lac Kénogami constitue un témoin d’une forêt méridionale à l’intérieur de la forêt boréale. « C’est un îlot de nature du Saguenay qui reste encore », résume le professeur, qui voit bien cette forêt intégrée dans un réseau d’aires protégées.

L’un des éléments soulevés par les promoteurs concerne la question de l’eau potable. Ils répètent régulièrement que l’eau potable de Saguenay prélevée dans les deux rivières (Chicoutimi et aux Sables), provient de cette zone.

Les tenants de l’aire protégée évoquent l’urgence d’agir en raison du déploiement d’un programme spécial de récupération des bois affectés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette entamé cet hiver. La récolte devrait durer encore deux ou trois saisons.

Selon André Douillard, le processus général de création d’une aire protégée au lac Kénogami est bloqué à l’étape 7. « Je voudrais qu’on me dise pourquoi on est toujours bloqués à l’étape 7 », a-t-il lancé.

Pour Pierre-Olivier Boudreault, ce blocage est probablement attribuable aux opérations forestières. Il est toutefois impossible pour les groupes de connaître l’état des discussions entre les trois ministères concernés.

Des photos de récolte forestière ont été présentées. La question était de savoir comment la forêt allait se régénérer dans le futur. Un membre d’Action Boréale, de l’Abitibi-Témiscamingue, participait en ligne et a conclu que cette forêt ne sera plus la même dans le futur.

Les terres sur lesquelles les coupes forestières sont effectuées font partie du domaine de l’État. Les détenteurs de baux de villégiature qui occupent ces terres n’ont aucun droit particulier leur permettant d’empêcher la récolte forestière.

Le projet d’aire protégée a bien été déposé au ministère de l’Environnement. Malgré ce dépôt, ce territoire ne bénéficie d’aucun statut de protection particulier qui pourrait limiter les opérations forestières. La gestion du territoire est toujours sous la responsabilité du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Il faut noter que la récolte forestière sur un territoire ne peut justifier un obstacle à l’obtention d’un statut d’aire protégée à l’avenir. Le territoire avait été évalué par la défunte Table régionale de l’analyse des carences en aires protégées de la Conférence régionale des élus (CRÉ), mais n’avait pas été proposé par cet organisme.