Sabrina Therriault et Gabrielle Gonthier ont tout laissé tomber pour réaliser leur rêve et voyager à travers le monde pendant cinq mois. Elles ont passé notamment trois mois en Nouvelle-Zélande. On les voit ici à Hokitika Gorges, où l’eau était d’un bleu turquoise intense.

Tout laisser tomber pour partir en voyage

Sabrina Therriault et Gabrielle Gonthier ont réalisé ce que plusieurs rêvent de faire : elles ont tout laissé tomber pour voyager à travers le monde. Loin d’avoir agi sur un coup de tête, les deux jeunes femmes ont planifié financièrement leur périple de cinq mois plusieurs années à l’avance.

Sabrina, originaire de Shipshaw, et sa conjointe Gabrielle, qui demeurent toutes deux à Québec, ont vendu condo et automobiles afin d’économiser en vue de réaliser leur rêve. Un périple qui les a menées trois semaines à Hawaï, trois mois en Nouvelle-Zélande, une semaine aux îles Fidji, près d’un mois en Thaïlande, en terminant par quelques jours à Singapour, Londres et Paris.

Les deux jeunes femmes de 33 ans reviennent tout juste de leur voyage. Arrivées mercredi dernier, elles recherchent actuellement un nouvel appartement – tout ce qu’elles possèdent étant actuellement entreposé – avant de reprendre le boulot le 18 avril.

Avant leur périple, elles ont vidé leur petit appartement, se sont mariées le lendemain et ont pris l’avion deux jours plus tard avec en poche un billet en aller simple vers Hawaï et leurs sacs à dos.

« On vit notre retraite aujourd’hui ! », lance Gabrielle, rencontrée dimanche avec Sabrina, à la Voie maltée de Chicoutimi. Bien que certains pourraient y voir le résultat d’une succession de décisions impulsives, il n’en est rien pour les deux complices, qui sont en couple depuis près de 12 ans.

Elles ont plutôt fait le choix d’adopter une autre philosophie de vie, tout en remettant en question leur façon de consommer. En environ quatre ans, elles ont ainsi réussi à amasser les quelque 30 000 $ nécessaires afin de réaliser leur rêve, sans s’empêcher de prendre des vacances entre temps.

« C’est possible de le faire, il faut juste mettre tous les éléments ensemble. Oui, on a la chance d’avoir un emploi qui nous a permis de prendre un congé sans solde, mais on a fait des choix », ajoute Sabrina. 

Elles travaillent toutes deux pour le gouvernement du Québec : Sabrina comme adjointe administrative au ministère de la Santé, et Gabrielle, comme conseillère en relations de travail au ministère de l’Éducation.

Une fois les économies accumulées, elles se sont toutefois laissées porter par leur expérience de voyage, sans planifier outre mesure, en vivant au jour le jour. Leurs plans ont ainsi changé à plusieurs reprises, les destinations étant souvent décidées en fonction du prix des vols – elles en ont pris dix-huit – et des opportunités qui se sont présentées. 

À Singapour, elles ont visité la microbrasserie Level 33, qui offre une vue spectaculaire sur Marina Bay.

Passionnées de Microbrasseries

Les deux jeunes femmes n’avaient pas choisi la Voie maltée de Chicoutimi par hasard, en vue de l’entrevue. Passionnées de microbrasseries, elles adorent voyager en visitant les petits établissements afin de découvrir leurs bières, leur gastronomie, mais surtout, leur histoire.

« On aime voir la culture par la bière, résume Gabrielle. Ce sont de petits établissements, et les gens sont super passionnés. On aime connaître l’histoire derrière les microbrasseries. »

Parmi les nombreux souvenirs et anecdotes qu’elles rapportent, elles disent avoir été particulièrement marquées par la générosité des gens rencontrés. De nombreux inconnus qui ont croisé leur chemin leur sont venus en aide, sans rien demander en retour. « Ça donne foi en l’humanité. Tu ne t’attends pas à ça », souligne Sabrina.

On sent, dans leur récit, qu’avant de vouloir découvrir les paysages et attraits de chaque pays, qu’elles souhaitaient avant tout aller à la rencontre de l’autre, briser leurs propres préjugés et idées préconçues. « Penser que nous n’avons pas de préjugés, c’est se mentir à soi-même, et mentir aux autres », souligne avec sagesse Sabrina, qui souligne que certaines personnes, à leur contact, ont également remis en cause leurs préjugés face à l’homosexualité, bien qu’elles se soient toujours senties accueillies et en sécurité dans les pays visités.