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Touristes disparus: six motoneiges retrouvées dans le lac St-Jean
Les recherches se poursuivent afin de tenter d'élucider le drame qui s'est produit mardi soir à Saint-Henri-de-Taillon
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Justice et faits divers

Six motoneiges et des sacs retrouvés dans les eaux

Quarante-huit heures après le drame, six motoneiges ont été localisées dans les eaux du lac Saint-Jean et des sacs contenants les effets personnels de certains motoneigistes disparus ont été repêchés, jeudi. Mais toujours aucun corps n’a été retracé. Cinq touristes français restent introuvables et une motoneige n’a toujours pas été localisée par les plongeurs de la Sûreté du Québec (SQ).

Alors que deux motoneiges avaient été localisées par les plongeurs de la SQ, mercredi soir, les recherches ont mené à la découverte de quatre autres engins, jeudi. Il ne manque donc qu’une seule motoneige, puisque deux motoneigistes avaient réussi à regagner la terre ferme, mardi soir.

En après-midi, les plongeurs ont repêché plusieurs effets personnels des motoneigistes. Des sacs gorgés d’eau et remplis de vêtements ont été remis aux policiers de la Sûreté du Québec, qui ont soigneusement photographié chaque article qu’ils contenaient.

Les motoneiges et les sacs sont les seules découvertes faites par les plongeurs au cours de la journée de jeudi. Mardi soir, le corps du guide, Benoît Lespérance, 42 ans, de Montréal, a été repêché. 

Les plongeurs utilisent des sonars pour localiser des indices potentiels, mais la profondeur et la noirceur ne facilitent en rien leur travail. 

Les motoneiges gisent d’ailleurs toujours au fond de l’eau. Les policiers disent se concentrer sur les « humains ». On ignore quand ces engins seront extirpés des eaux, si elles le sont. 

Les recherches nautiques ont pris fin vers 17 h 30, jeudi, et les trois équipes de plongeurs ont quitté les eaux. Les patrouilleurs à motoneige restent toutefois en poste, même durant la nuit. Des agents continuent également le travail au quartier général. 

Les recherches reprendront à la levée du jour, vendredi.

Identités 

La Sûreté du Québec a révélé l’identité des cinq motoneigistes disparus. Il s’agit de Gilles Claude, 58 ans, Yan Thierry, 24 ans, Jean-René Dumoulin, 24 ans, Julien Benoît, 34 ans et Arnaud Antoine, 25 ans.

Gilles Claude est le père de trois biathlètes français qui font des compétitions de haut niveau. L’un d’entre eux a remporté une médaille en Coupe du monde jeudi. Un prix qu’il a qualifié d’« hommage » à son père. 

Dernières nouvelles d’Alsace, un journal local, avait plus tôt en journée donné quelques détails sur l’identité de cinq des huit participants français à l’expédition tragique. Selon le média, Julien Benoît est un habitant de Sainte-Croix-aux-Mines ; Jean-René Dumoulin, de Sainte-Marie-aux-Mines. 

Le journal affirme également que les Alsaciens Gaston Fassel, un trentenaire, et Bruno Petitdemange, 60 ans, sont parvenus à sortir de l’eau Paul Klein, 43 ans, un habitant de Sainte-Marie-aux-Mines. Les trois hommes sont sains et saufs. 

Un grand déploiement, assure la SQ

L’opération de secours menée par la Sûreté du Québec (SQ) est considérée comme un important déploiement policier et les autorités assurent tout mettre en œuvre pour retrouver les disparus. En tout, une trentaine de policiers sont sur le terrain, dont une douzaine de plongeurs, venus de Montréal, un pilote d’hélicoptère et deux patrouilleurs en motoneige. 

« C’est ce qu’on pourrait appeler un déploiement important », a affirmé le porte-parole de la SQ, Hugues Beaulieu, lorsque questionné à savoir s’il y avait suffisant d’agents sur le terrain. 

En raison de l’écrasement de l’un des hélicoptères de la SQ, survenu mercredi pendant les recherches, un seul engin survole maintenant le secteur.

La 3e Escadre de la Base militaire de Bagotville est venue en renfort en avant-midi, jeudi, dépêchant un hélicoptère sur place. Avec Annie-Marie Gravel

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Drame sur le lac Saint-Jean : le guide aurait tenté de sauver son groupe

Selon toute vraisemblance, le guide Benoît Lespérance, qui a péri dans les eaux du lac Saint-Jean, mardi soir, aurait tenté de secourir les cinq motoneigistes français, avant de sombrer à son tour.

Selon les informations recueillies sur place, le guide, qui ouvrait le convoi, aurait circulé quelques instants sur l’eau avant de rebrousser chemin, voyant que les touristes ne le suivaient plus. Les motoneigistes aguerris comprennent qu’il est possible de faire un bon bout de chemin sur des étendues d’eau, à condition de circuler à bonne vitesse. En rebroussant chemin, le guide serait ensuite tombé sur les trois rescapés, dont un qui venait de regagner les glaces après être tombé dans l’eau. Les deux derniers du convoi étaient toujours au sec et auraient réussi à arrêter à temps avant d’aider le troisième à sortir de l’eau. Le guide leur aurait demandé de l’attendre là quelques instants, avant de repartir à la recherche des cinq autres motoneigistes. 

Le guide aurait laissé son sac et son casque sur les glaces pour tenter d’aider les touristes.

Le corps du guide a été repêché quelques heures plus tard, mais les cinq autres touristes français restent introuvables, une quarantaine d’heures après le drame. Après une trentaine de minutes et n’ayant pas de nouvelles, les trois survivants se sont dirigés dans un dépanneur de Saint-Henri-de-Taillon pour se réfugier. Ces informations, recueillies sur place, n’ont pas été confirmées par la Sûreté du Québec (SQ), qui ne laisse d’ailleurs filtrer aucune information quant aux circonstances entourant ce drame.

En arrivant au dépanneur, les trois rescapés ignoraient ce qui avait bien pu se produire. Ils ont tenté de joindre par téléphone leur guide, mais en vain. Le motoneigiste mouillé s’est déshabillé pour se réchauffer au dépanneur. Voyant qu’ils ne recevaient pas de nouvelles de leurs compagnons, les secours ont finalement été appelés et dépêchés sur les lieux. Une importante opération de recherche a été mise en branle.

On ignore toujours la raison qui a mené les motoneigistes à emprunter ce secteur considéré comme extrêmement dangereux, mardi soir. 

Est-ce que le groupe a voulu sauver du temps pour rejoindre leur auberge de Saint-Gédéon, où ils étaient attendus pour souper, alors que la nuit était déjà tombée ? 

Le groupe avait parcouru quelque 400 kilomètres durant la journée. 

Est-ce que les motoneigistes se sont tout simplement trompés de chemin, en raison, entre autres, de la noirceur et de la neige qui tombait ? Il faut dire que certains motoneigistes circulent dans ce secteur, mais à proximité de l’île la plus près du rivage et non pas de l’île Beemer, comme ce fut le cas. 

Toutes ces questions restent encore sans réponses. 

Quoi qu’il en soit, le guide Benoît Lespérance avait une vingtaine d’années d’expérience et possédait une accréditation.

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Le travail du BST complété

Les deux enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) ont effectué, jeudi en fin de journée, le travail de collecte d’informations sur le site de l’écrasement de l’hélicoptère Bell 206 de la Sûreté du Québec (SQ) qui participait aux opérations de recherche. L’appareil, qui se retrouve encore sur les glaces à quelques kilomètres du rang des Îles à Saint-Gédéon, sera transféré, vendredi, dans un hangar. Rien ne permet, à ce stade, de cibler les causes de l’écrasement survenu mercredi après-midi.

« Pour le moment, il est encore trop tôt pour dire qu’il y a des éléments qui sont ressortis. C’est une collecte de données. Quand on va réussir à tout mettre ensemble, là, on aura probablement un meilleur portrait de ce qui s’est passé. Il reste encore beaucoup de choses à faire. On n’a pas assez d’information pour avoir une idée plus claire de ce qui s’est passé », a fait valoir l’enquêteuse de la division air du BST Kristina Schoos.

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Les survivants quittent la région

Les trois rescapés de l’accident de motoneige de Saint-Henri-de-Taillon sont repartis pour la France, tôt jeudi matin. Les trois hommes, qui se portent bien malgré les circonstances, se sont dits très satisfaits et touchés par les services reçus après le tragique accident. La ministre Andrée Laforest leur a parlé en soirée mercredi et s’est rendue à leur hôtel à la première heure, jeudi, en compagnie du consul adjoint de France, Laurent Barbot.

« Je ne m’attendais pas à ce que ces touristes, qui ont vécu un drame et qui ont perdu des amis, nous accueillent de cette façon, en nous remerciant. Pour nous, ce qui était important, c’était de leur offrir tout le soutien nécessaire et d’établir une relation solide entre notre gouvernement et ces ressortissants, afin qu’ils puissent regagner leur pays dans les meilleures circonstances », a expliqué la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation et ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, André Laforest, lors d’un entretien accordé au Quotidien.

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Activités touristiques: formation obligatoire à venir

Pour rendre les activités touristiques plus sécuritaires, Québec rendra obligatoire la formation des guides pour véhicules hors route, dont les motoneiges. De plus, les entreprises de tourisme de nature et d’aventure devront détenir l’accréditation Qualité Sécurité d’Aventure Écotourisme Québec (AEQ) afin d’être admissibles aux programmes d’aide financière du ministère du Tourisme.

L’annonce de la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, était prévue depuis plusieurs mois, mais l’accident tragique survenu sur les glaces du lac Saint-Jean vient démontrer l’importance de rendre les pratiques encore plus sécuritaires. « J’étais déjà convaincue de l’importance de resserrer les règles entourant la sécurité des amateurs de tourisme de nature et d’aventure, soutient la ministre. Le drame de mardi, impliquant des motoneigistes au Saguenay–Lac-Saint-Jean, confirme l’importance d’implanter ces nouvelles mesures. »