La directrice générale de Tourisme Saguenay–Lac-Saint-Jean, Julie Dubord, affirme qu’il est important de projeter l’industrie touristique des dix prochaines années afin de développer ce secteur qui constitue un apport économique important dans la région.

Tourisme: tirer son épingle du jeu

La région doit se préoccuper de ses infrastructures touristiques et lutter contre un certain cynisme qui peut agir comme un frein sur le développement de cette industrie qui génère d’importantes retombées économiques et qui doit sans cesse se renouveler pour tirer son épingle du jeu dans un marché très compétitif.

Pas moins de 300 personnes, dont une centaine d’étudiants du Cégep de Saint-Félicien et de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) ont conclu vendredi le premier Forum touristique régional qui permettra à Tourisme Saguenay–Lac-Saint-Jean de dégager un plan stratégique qui guidera l’industrie au cours des 10 prochaines années. La directrice générale, Julie Dubord, était visiblement satisfaite des constats réalisés au cours de cet exercice qui a permis de tester certains produits offerts par la région.

« Nous avons accueilli une délégation de la Norvège. Ils ont été agréablement surpris de la qualité de nos infrastructures et de l’accueil. Ils viennent tout juste de quitter la région. Ils ont une situation qui, dans une certaine mesure, se compare à notre industrie », insiste la directrice.

Elle fait ici référence à l’environnement économique de la région de Fjord Norway, dont l’économie repose sur l’industrie pétrolière avec des niveaux de salaire élevé. Dans cette région, le secteur touristique est d’une certaine façon « sous-considéré ».

La directrice générale a signalé à quelques reprises qu’il était important de considérer l’industrie touristique dans son ensemble et que le tourisme ne devait pas entrer en opposition avec le développement économique. Elle soutient que la région possède une offre plus qu’intéressante en matière de tourisme d’aventure et qu’elle est en mesure de choisir sa clientèle.

« Les clientèles doivent savoir que notre tourisme se fait dans le respect de notre environnement et qu’elles doivent adopter un comportement qui s’inscrit dans ce modèle », reprend Julie Dubord.

Les participants ont dégagé un certain nombre d’idées qui vont permettre à l’industrie régionale de se doter d’un cadre de fonctionnement.

Il est donc question d’identifier et d’adopter des balises et des critères définis pour créer un fil conducteur en matière de développement touristique. Les intervenants veulent de plus créer un sentiment d’appartenance régional pour permettre à la population de s’approprier son territoire et son histoire.

L’industrie touristique a misé sur la clientèle internationale et elle entend accentuer ses efforts pour la clientèle intrarégionale. Il est donc proposé de faire des campagnes ciblées pour vendre la région ailleurs au Québec. Il est aussi proposé de miser sur le créneau aventure et nature, tout en supportant les entreprises qui aspirent à une offre quatre saisons.

Ces éléments comprennent de plus la nécessité de valoriser les carrières en tourisme, de développer un sentiment de fierté touristique dans la population locale et d’éliminer les barrières territoriales pour promouvoir la destination Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Selon Julie Dubord, la région traîne toujours des boulets, et le comportement des gens d’ici pourrait aider à éliminer ces héritages. C’est le cas de l’éloignement de la région et de la route de la Réserve faunique des Laurentides. Malgré l’amélioration, on entend encore des histoires de peur entourant cette route, et ces histoires trouvent écho ailleurs.

L’Industrie touristique est déjà entrée dans le cycle de la pénurie de main-d’oeuvre comme les autres secteurs économiques. Julie Dubord croit qu’il faut miser sur la rétention dans la région d’étudiants étrangers qui fréquentent les collèges ou l’université. Il serait aussi important de faire appel à la main-d’oeuvre retraitée.