Il y a quelques semaines, l’École apostolique a quitté les locaux qu’elle occupait depuis 1938 au monastère des Antoniennes de Marie. L’établissement est devenu L’ÉcolAction et se trouve maintenant entre les murs du Séminaire.

Toujours pas de décision pour l'ancienne école apostolique

La communauté des sœurs Antoniennes de Marie n’a pas encore statué sur l’avenir du bâtiment de la rue Jacques-Cartier, à Chicoutimi où logeait jusqu’à tout récemment l’École apostolique. Les religieuses, qui ont imposé le déménagement parce qu’elles estimaient que les lieux n’étaient plus adéquats pour permettre à l’établissement de remplir sa mission, veulent laisser retomber la poussière.

Marie-Claude Bradette, qui était jusqu’à tout récemment directrice de l’École apostolique, a expliqué les tenants et aboutissants du projet de déménagement au Quotidien en juin dernier. L’ÉcolAction, comme elle se nomme maintenant, a élu domicile entre les murs du Séminaire de Chicoutimi et les élèves ont pris possession de leurs nouveaux locaux cette semaine, dans l’ancienne aile des frères. Des rénovations majeures ont eu lieu et de nouveaux aménagements répondent aux besoins des élèves.

La supérieure des Antoniennes, sœur Ginette Létourneau, a assisté au déménagement non sans un pincement au cœur. Elle explique que dès 2005, la communauté a informé la direction de l’école de sa décision de récupérer l’aile ouest, construite en 1938, 20 ans après l’implantation de l’École apostolique au Séminaire.

« Dès 2005, on était prêts à mettre fin à cette œuvre. Le comité de parents s’est mobilisé et a travaillé très fort pour assurer la relève institutionnelle. On a donné un bail de cinq ans à la corporation laïque. Ils ont bonifié les services pour être plus attractifs et ont fait du très beau travail. Notre objectif était que l’œuvre se poursuive, mais après un certain temps, le bâtiment ne pouvait plus contenir les élèves. On en perdait et il y en avait plusieurs qui s’en allaient ailleurs », raconte Ginette Laurendeau, qui rappelle que la communauté régionale a toujours voué un attachement particulier à l’École Apostolique et à sa mission.

C’est donc dans le dessein de préserver l’œuvre et la réputation de l’École apostolique intactes que les Antoniennes ont provoqué le déménagement.

« Il fallait assurer la pérennité de l’école en lui fournissant des espaces adéquats. L’institution d’enseignement ne pouvait pas rester dans l’édifice. C’était trop désuet », explique la supérieure, Ginette Laurendeau, qui a œuvré comme secrétaire à l’École apostolique pendant cinq ans. Bien que le caractère confessionnel ait été graduellement abandonné, deux religieuses siégeaient toujours au conseil d’administration.

Supérieure des Antoniennes de Marie, soeur Ginette Laurendeau croit qu’il était impératif que l’École apostolique déménage pour poursuivre sa mission.

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«ON VA LAISSER RETOMBER LA POUSSIÈRE, PUIS ON VA L'ENLEVER»

Maintenant que l’ensemble des écoles privées du Saguenay - l’École apostolique, la petite école Vision et le Séminaire - est regroupé sous un même toit, les religieuses ignorent si elles continueront de s’impliquer ou, le cas échéant, de quelle façon elles le feront.

« On fournissait les locaux, mais chaque année, la directrice faisait aussi appel à nous pour un élève qui avait des besoins particuliers. On donnait des bourses d’études. C’est certain que nos soeurs sont très attachées à l’École apostolique et ça demeure un sujet très sensible. Si on a à s’impliquer financièrement pour une école, on va la privilégier », assure Ginette Laurendeau.

Quant au bâtiment, lequel paraît étrangement vide du point de vue des soeurs, qui l’ont successivement vu habité d’enfants pendant 80 ans, la religieuse ne prévoit rien de plus, à court terme, qu’un grand ménage. 

« On va laisser retomber la poussière, puis on va l’enlever. Ensuite, on verra. L’édifice, ce n’est pas la priorité pour l’instant, mais c’est certain qu’on ne veut pas vendre ça à un promoteur qui va l’acheter pour le démolir. On a déjà vu ça ailleurs. On a eu une offre en 2007 et on l’a refusée. Il l’aurait complètement détruite. Dans l’esprit de notre mission, nous serions ouvertes à redonner à la communauté », mentionne Soeur Ginette Laurendeau, qui n’exclut pas la possibilité de louer des espaces à des organismes sans but lucratif (OSBL).

Exposition à La Pulperie

La supérieure souligne que la priorité est de voir au bien-être des Antoniennes, une soixantaine d’entre elles à Chicoutimi, dont la moyenne d’âge est de 83 ans. Elle laisse aussi filtrer que l’ensemble des objets d’intérêts qui meublaient l’École apostolique avant son déménagement sur la rue Sydenham ont été remis à La Pulperie de Chicoutimi, qui présentera une exposition visant à souligner le centenaire de l’institution d’enseignement à compter de février.