Pour le Sommet du G7, la GRC avait réservé 28 chambres par jour pendant 15 jours, soit la totalité des unités de l’Auberge Cepal de Jonquière.

Toujours impayée pour le G7

Plus de trois mois après avoir fourni des services au gouvernement du Canada dans le cadre du Sommet du G7, tenu dans Charlevoix en juin, la propriétaire de Cepal l’auberge nature attend toujours d’être payée. Malgré de nombreuses tentatives pour recouvrer son dû, près de 60 000 $, Édith Boulianne demeure sans nouvelles.

Pour la propriétaire, il s’agit d’un montant substantiel important pour la poursuite de ses activités. Pour le Sommet, la GRC avait réservé 28 chambres par jour pendant 15 jours, soit la totalité des unités du complexe. Pour répondre aux critères, la direction a dû investir de l’argent, notamment pour l’installation d’un service Internet haute vitesse partout dans le complexe qui se trouve aux abords de la rivière aux Sables, à Jonquière.

Édith Boulianne a tenté de joindre son interlocuteur de la GRC à Montréal à plusieurs reprises. Elle a été dirigée vers le département des finances, à Ottawa, où elle a laissé de nombreux messages téléphoniques et acheminé moult courriels. Toutes ses tentatives sont demeurées vaines. Elle a à nouveau tenté de joindre Montréal, mais n’a pas été en mesure de parler à personne. Puis, à partir de lundi, le numéro de téléphone qu’elle détenait est devenu hors service.

« Quand j’ai eu les premières discussions avec la GRC, on m’a dit que je serais payée dans un délai de sept à 14 jours. Après 30 jours sans nouvelles, j’ai contacté le responsable de mon contrat. Deux semaines après, on m’a dit que ma facture était rendue à Ottawa. Je ne suis pas capable de parler à personne et ça fait 98 jours que j’attends d’être payée », a-t-elle expliqué, par téléphone.

La propriétaire signale qu’en raison de ce contrat alléchant, elle a entièrement fermé son restaurant aux touristes pendant les deux semaines réservées, ce qui a eu un impact sur l’achalandage.

Un appel à la députée
En désespoir de cause, Édith Boulianne s’est tournée vers le bureau de circonscription de la députée fédérale de Jonquière, Karine Trudel, qui a pris le dossier en charge. Il y a quelques minutes, la néo-démocrate a questionné le gouvernement en chambre à ce sujet.

« En juin, pour le G7, la GRC a réservé 420 nuitées à l’Auberge Cepal de Jonquière. Depuis presque 100 jours, la gestionnaire tente de se faire payer les 57 000 $ que le gouvernement lui doit, sans succès. Pour une PME, c’est énorme. Le gouvernement semble avoir tellement mal organisé son G7 qu’il peine à payer ses fournisseurs. Combien d’autres PME vivent la même chose ? Le ministre peut-il s’engager à régler le problème, respecter le contrat et payer l’auberge Cepal ? », a questionné la députée.

La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, s’est engagée à examiner le cas.

Édith Boulianne vient d’envoyer une nouvelle facture incluant des frais d’intérêts à Ottawa. Elle se demande si d’autres dirigeants de PME sont toujours en attente d’un paiement pour des services rendus dans le cadre du G7 et espère que l’intervention de Karine Trudel portera ses fruits.